‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 403 sur 425 · Cf. p · texte numérisé non relu

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2. Cf. p. 7-8. — Cawne, mot tiré de l'italien = petite maison de cam- j pagne. j

5. Sur l'usage que Ronsird faisait de Xicandre, dont il avait annoté] un exemplaire, cf. t. II, p. 223, et l'art, de Laumonier dans la Revue d»\ XVI' siècle, XIV, 328-53}.

Columelle en son Jardin, ouvrage autant excellent que tu le sçaurois désirer. Tu n'oubliras aussi ny les niontaignes, forests, rivières, villes, republiques, havres & ports, cavernes & rochers, tant pour embellir ton œuvre par là, & le faire grossir en un juste %'olume, que pour te donner réputation & servir de marque à la postérité. Quant aux Capitaines & conducteurs d'armées & soldats, tu en diras les pères & les mères, ayeux, villes, & habillements, & leurs naissances, & feras une fable là dessus, s'il en est besoin, comme.

Hic Ammone sâlus rapta Garamantide Nynipha.

Puis en un autre lieu, parlant d'Hypolite :

Insignem quein mater Aritia viisit Educttim Egeris lucis Hymelia circum Littora.

Puis autre part, parlant d'Helenor qui estoit tombé de la tour

demy bruslé :

— Quorum primxvus Helenor

Mxonio régi quem serva Licinia furtim

Sustuhrat, vetitisque ad Trojam miserai armis.

Quant aux habillemens, tu les vestiras tantost de la peau d'un Lion, tantost d'un Ours, tantost

Demissa ab Ixva. Panthxrz terga retorquens. % Tu n'oublieras à fortifier &asseurer ton esprit (s'il est endoute)

ou par un augure, ou par un oracle, comme

Al rex sollicitus nionstris oracuîa Fauni

Fatidici genitoris adil. Puis,

Aspice his senos Ixtantes agmine Cycnos.

Et en une autre part,

Ecce levis summo de vertice visus lûli Fundere lumen apex.

Il ne fault aussi oublier les admonesiemens des Dieux transformez en vulgaires.

Forma liim vertitur oris Afitiquum in Buteii, hic Dardanio Anchisa Armiger ante fuit '.

Tu ne transposeras jamais les paroles ny de ta prose ny de tes vers : car nostre langue ne le peult porter, non plus que le Latin un solécisme. Il fault dire, le Roy alla coucher de Paris à Orléans, S: non pas, à Orléans de Paris le Roy coucher alla.

J'ay esté d'opinion, en ma jeunesse, que les vers qui enjambent l'un sur l'autre, n'estoient pas bons ea nostre Poésie : toutefois j'ay cognu depuis le contraire par la lecture des bons Autheurs Grecs & Romains, comme

Lavinia venit Littora ^.

J'avois aussi pensé, que les mots finissans par voyeles & diphtongues, & rencontrans après un autre vocable commençant par une voyele ou diphtongue, rendoit le vers rude 5 : j'ay appris d'Homère &de Virgile, que cela n'estoit point mal-seant, comme, sub Ilioalto. lonio inmagno*. Homère en est tout plein. Je m'asseure que les envieux caqueteront, dequoy j'allègue Virgile plus souvent qu'Homère qui estoit son maistre, & son patron : mais je l'ay fait tout exprès, sçachant bien que nos François ont plus de cognoissance de Virgile, que d'Homère & d'autres Autheurs Grecs. Je suis d'advis de permettre quelque licence à nos Poètes François, pourveu qu'elle Soit rarement prise. De là sont tant de belles figures que les Poètes en leur fureur ont trouvées, franchissans la Loy de Grammaire, que depuis les Orateurs de sens rassis ont illustrées, & quasi baillé cours & crédit, faisans leur profit de la folie d'autruy.

duant aux comparaisons dont j'ay parlé au commencement

1. En. IV, 198; VII, 762-4 (texte des éd. anciennes); IX, 545-7; VIII, 460 ; VII, 81-2 ; I, 393 ; II, 682-3 ; IX, 646-8. Vulgaires — simples honnmes.

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