Subjonctif de souhait
2. Cf. S. Paul, / Cor. ix : ii qui in stadio cununt, onmes quidem currunt, sed unus accipit bravium.
Après avoir coUationné les différents textes de la Franciade et en nous bornant à ajouter des notes (surtout pour le livre IV), nous avons publié le manuscrit du tome XV dans l'état où P. Laumouier l'avait laissé, préparé pour la publication. Mais nous mettons dans un appendice quelques pièces qui manquaient, bien que P. Laumonier les connût, et la collation d'un manuscrit qu'il paraît avoir ignoré et dont nous avons pu, après d'assez longues démarches, obtenir une reproduction.
Le 23 avril 1579, Henri Estienne, qui avait quitté Genève en novembre 1578, dédiait à Henri III un livre qu'il avait rédigé en trois mois, sans le secours des notes qu'il avait amassées sur ce sujet : sa Precellence du langage fraiiçois. Il y citait, parmi d'autres traductions françaises, deux passages de Ronsard librement traduits d'Homère et Virgile :
Pierre Ronsard, voulant représenter les beaux traits aussi bien du poète Grec que du Latin, a faictces huict vers,
Deçà delà virant et tournoyant.
Comme l'esclair du soleil flamboyant, Ou du croissant, qui tremblotant sautelle, Sur l'eau versée au creux d'une platellc : Ce prompt esclair ores bas ores haut Par la maison voltige de maint saut. Et bond sur bond aux soliveaux ondoyé, Pirouetant d'une incertaine voye.
Il use au quatrième vers de ce mot Platelle, qui est usité en quelques iieux. qui sont près de Paris : et toutesfois il a traduict ces deux vers encores en ceste sorte, pour ceux ausquels ce mot-la ne plairoit pas,
Ou du croissant, fait jallir sa lumière
Sur l'eau tremblante au creux d'une chaudière.
11 me semble avoir heureusement exprimé le mot grec sirophalingi^, ■au penultime vers.
Et Ronsard Ta estendue - en plus de vers, en ceste sorte,
Devant la porte estoit ceste jate hectoree,. Luisante en un harnois, dont la clarté ferrée, Du soleil rebatue, esblouissoit les yeux D'un tremblant emeri î, volant jusques aux cieux. Elle crespoit un dard en sa dextre superbe, Semblable à ce serpent, qui pu -t de mauvaise herbe Sort du creux de la terre, et au printemps nouvean, Son vieil habit changé, reprend nouvelle peau. Droit devers le soleil il dresse sa poitrine, Eschaufant les replis de sa glissante eschine : Bragard 5 de sa jeunesse, et en cent nœus retors Accourcit et alonge et enlace son cors, Relichc et repolit ses escailles bien joiiTteis, Sifflant à col enflé de sa langue à trois pointes.
La comparaison dont use Virgile parlant de Pyrrhus, et Arioste, parlant de son Rhodomont, est ici par Ronsard accommodée à son Francus...
Le premier de ces deux fragments se retrouve, avec des changements, dans la Franciade, III, v. 807-814. Le texte publié par Estienne est certainement antérieur aux rédactions publiées entre 1572 et 1587. On aimerait savoir s'il en a eu connaissance pendant son séjour à Genève ou après son retour à Paris.