Fier. Nitidusqtie jiwenta dans V Enéide
Aucune œuvre imprimée de Ronsard ne contient le second. C'est le seul fragment qui subsiste d'une rédaction de la Fnmciade en alexandrins. Est elle antérieure ou postérieure aux quatre livres écrits en décasyllabes ? Il est impossible d'identifier la ville à la porte de laquelle se tient le descendant d'Hector. Ou bien ces quatorze vers proviennent d'une première rédaction datant de 1554-1555 qui, comme les Hymnes de la même époque, aurait été en alexandrins : c'est l'opinion de P. Laumonier (p. XI n.). Ou bien Ronsard, en 1578 ou 1579, ^ communiqué à Estienne un fragment d'un livre qu'il avait récemment rédigé en alexandrins; d'ailleurs, en 1567, il n'avait pas renoncé à l'espoir de continuer, un jour, la Franciade en alexandrins', et, dès la mort de Charles IX, il s'empressa dans ses poésies de renoncer au décasyllabe et de revenir à l'alexandriti. Nous penchons pour la seconde hypothèse ; mais, pas plus que l'autre, elle ne peut s'appuyer sur une preuve.
En 191 1, H. Vaganay a signalé que D. Lambin .avait publié dans son Horace deux fragments de la Franciade, accompagnés d'un jugement très élogieux et d'une traduction en vers latins faite par Dorât. Ces fragments figurent dans toutes les éditions de cet ouvrage, à partir de la seconde, qui parut en i 567 (t. II, p, 359-361). Tous deux sont tirés du livre I, et ont été reproduits par P. Laumonier dans la R. S. S., t. IV, p. 136-139. Le premier est formé des seize premiers vers, et nous en avons cité les variantes p. 29 et 50. Le second est intitulé Prophétie de Cassandre des fortunes de Francus. Comme le texte en est presque identique à celui d'un manuscrit de Berlin, on le trouvera dans notre collation de ce manuscrit : les variantes seront indiquées en note sous le sigle H. Ses cent-quatre vers correspondent aux ■vers 5-108 de notre copie.
I. Cf. le passage .cLté ,p. xiv ; .l'explication qui est dounée en note,, est contestable.
5éO LA FRANCIADE
En 19 12, H. Morf consacrait un article à un manuscrit des deux premiers livres qui se trouvait à la Bibliothèque ro3'ale de Berlin'. Mais, bien qu'Edm. Faral l'eût mentionné dans la R.H.L. de 191 3, cet article échappa aux « ronsardisants » français.
La trouvaille était d'importance capitale. Le manuscrit porte le numéro 5 80 dans la collection Hamilton, qui avait été mise en vente en 1882 et que la Bibliothèque de Berlin a acquise. La reliure en maroquin brun porte des armes qu'A. Vidier attribuait aux Lefèvre de Caumartin ; mais le catalogue de la bibliothèque Caumartin, vendue en 1734, ne contient pas la Fraticiade.
Ce manuscrit, qui porte la date de 1570, était certainement destiné par l'auteur à un très haut personnage. Le scribe était un calligraphe professionnel, mais non un helléniste, puisqu'il a écrit, au vers 951 du livre I, çepEEvxo;, et non ç£piY/o?. Les 39 feuillets du premier livre sont de couleur pourpre, les filets j d'encadrement sont d'argent, et les lettres sont d'or; les 39 feuillets du second livre sont verts, avec des filets d'or, et les lettres sont d'argent. Le manuscrit est interfolié de serpentes. Au premier livre, le fo 36 a été déplacé par le relieur; il devrait se trouver après le f" 6. Dans ce manuscrit, le premier livre compte 1.490 vers, et le second 1.548; Ronsard a donc supprimé, entre 1570 et 1572, respectivement 242 et 64 vers.
La copie a été faite avec soin, mais il s'y est glissé des lapsus et des fautes de lecture. Je n'y ai pas remarqué de fautes d'audition. Voici la collation du premier livre :
Titre : Le premier livre | de la Franciade | de Pierre | de Ronsard gentilhomme | vandomois. | 1570
2.=H 6. ou du nom 7.=:H 8.=:H ii. = perilz 15. = H 15. = De long labeur et 20. le Dieu Saturnien 21. ses yeux 25. Par grand dépit 25. Ciel voulté les 50. sur son siège 32. L'oil
I. Eitie Haitdschrift der Franciade Ronsards (Archiv fur das Studium , der neueren Sprachen, 1912, CXXIX, p. 459-467).
contre terre, aux 4o.= 7j-<5'7 44. leurs biens leurs autels 45. Qui en cent lieux par 47. La forcenoit comme un loup sans mercy 49. carnacite Tethide (lapsus) 50. Et le cruel 51. bouclier 52. Tous flamboians d'armes comme 54. Du peuple occis pavoient 55. Peuple de nuit surpris ' 58. fureur de sa fain 59. Assassiner le 60. Dedans sagueulle en demeure la peau 61. Ayant de sang sa grand mâchoire tainte 6;-66. a flammes ondoiantes Donnoient lumière aux armes foudroiantes 75. Q.ue la Méduse efFroie d'une écaille 78. devroient 82-83. ^^^ ^^5 enfans ait répandu sa vie, Sang dessus sang, qui 84. Tous les Troyens en 87. Estant de Pyrrhe à oultrance pressé 89. receut dans sa gorge coupée 90. la iîamboyantc espèe 97-98. Non seulement à monceaux sur la place Tailloit, fendoit Princes et populace loi. à travers 103. gémissant et pleurant son 105. Son fils pressé, en qui la vive image 106. painte 107. Je derobay à la niere le fils 108. Et en iio. Propre pour estre au lieu 112. crepelez •125. enchesnez 125. marque 128. du peuple 129. en qui 130. en échange donnée 133-134. Q.u'un loup le fan d'une biche légère L'ouvrage feint hors des bras de sa mère 158. Piez 141. malgré 143. Butorie (sic), au pays ou 145. et Andromache 146. les peuples le 150. laguisse 1^7. se levèrent 159. En murmurans Après le vers ib2 un lit un long dialogue entre Jupiter et Junon :
Junon qui est son espouse et sa seur '
Saturnienne, alluma tout son cœur
D'ardant courroux qui la raison surmonte.
Un gros sang noir au visage luy monte, 5 De nerf en nerf tout le corps luy trembloit,
Ses deux sourcils en un elle assembloit,
Son œil estoit furieux et austère,
Son estomac tout bouffy de colère »,
Ne pouvant plus le silence garder 10 Et lors forcée a laissé déborder
Son fier despit par les neuds de la gorge
Comme un torrent qui s'enfle et se dégorge,
V'^ers Juppiter son mary s'adressa,
Puis furieuse en ce point commença.
15 Doncques tousjours tu nous rompras la teste