‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 5 sur 425 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

Si à ton neveu, nostre Roi.

Tu ne dis qu'en l'honnenr de toi

Il face ma lyre crossée '.

Certes, en donnant son adhésion à l'entreprise de Ronsard, Henri II avait promis de l'en récompenser, et il comptait le faire quand la Franciade serait terminée, ce qui était assez logique et conforme à l'usage. Mais son poète, impécunieux et impatient, ne l'entendait pas ainsi ; il pensait tout le contraire, et, quand parut la troisième édition des Odes, au début de 1 5 5 5, il revint à la charge dans une dédicace générale à Henri II, qui ne laissait aucun doute sur ses prétentions :

Les vertus & le bien que je veux recevoir, C'est le moien bientost en armes de pouvoir Amener ton Francus avec une grand trope D'Asie, pour douter la plus part de l'Europe, Mais il te faut paier les frais de son arroy *.

Au deuxième livre, à la fin de VOde à Calliope, il introduisait cette audacieuse variante qui faisait de lui l'émule d'Homère :

Je veux sonner le sang Hectorean,

Changeant le son du Dircean Pind.ire

Au plus haut bruit du chantre Smyrnean 3.

En tête du troisième livre, il présentait derechef au roi le plan de sa Franciade et insistait avec éloquence sur les raisons que celui-ci devait avoir de lui venir en aide :

En me la commandant, libéral donne moy Ce que tu m'as promis, & pour la recompense Je t'apreste un renom & à toute la France, Qui vif de siècle en siècle à jamais voilera Tant qu'en France françois ton peuple parlera 4.

A la fin du volume l'avocat Robert de la Haye plaidait la cause de Ronsard en une courte pièce de vers latins, rappelant au roi

1. T. VI, p. 133 et suiv. On trouvera en note le sens du dernier vers.

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