‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 50 sur 425 · C.-à-d. se levèrent de leurs sièges · texte numérisé non relu

C.-à-d. se levèrent de leurs sièges

Tous d'un accord sa paroUe aprouverent, En murmurant comme flots de la mer

i6o De qui le front commence à se calmer,

Quand Aquilon assoupist son orage, Et l'onde bruit doucement au rivage'.

Les Dieux s'en vont. Jupiter ne bougea,

164 Puis de tels mots son espouse outragea.

Or' pour t'ouvrir, Junon, les destinées Qui pourFrancus au ciel sont ordonnées Je te diray (si tu le veux sçavoir)

168 Que meint travail ce Troyen doit avoir

Par ton courroux qui les meilleurs offense :

» Tout cueur de femme est aspre à la vengeance.

Il doit souffrir meint péril sur la mer,

172 Tantost icy, tantost de là ramer

Pendu sur Tonde : il doit voir meint rivage,

Meinte cité, & meint peuple sauvage

Meint Roy, meint Prince, & connoistre leurs cueurs

176 Leurs volontez, leurs façons & leurs mœurs :

Doit voir la terre où plein de vagues noue A gros bouillon le cours de la Dunoue^, Doit espouser l'heritiere d'un Roy [8]

180 De Germanie : ainsi la Parque & moy

Donnons arrest que les grands roys de France D'un sang meslé prendront un jour naissance Conjoinct ensemble au Troyen & Germain.

184 De là Francus, magnanime à la main.

Pasteur guerrier d'une troupe infinie, Doit surmonter les champs de Françonie

1. Passage imité de Virgile, qui use d'une comparaison analogue après un conseil des Dieux de l'Olympe. En. X, 96 sqq.

2. Le Danube, que l'on appelait en France au xvi° s. la Dunoe. Ronsard assourdit la finale pour la rime ; cf. t. III, p. 10, texte et note. Il emploie aussi le mot Danube, cf. vers 1090 et 1121.

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