LIVRE I
Ce Dieu luy dist : Oy le commandement De Jupiter, qui courroucé m'envoye Parler à toy par la céleste voye.
Va, m'a-t-il dit, où Francus est nourry, Dy que je suis ardantement marry ' Contre sa mère & ceux qui le retiennent, Et des destins promis ne leur souviennent. Je n'ay Francus du feu grégeois sauvé Pour estre ainsi de paresse agravé Un fait-neant en la fleur de son âge.
Mais j'esperois que d'un masle courage Iroit un jour des Gaules surmonter Le peuple dur & fâcheux à douter, Chaut à la guerre & ardent à la proye, Pour y fonder une nouvelle Troye, Dont la mémoire en tous temps floriroit. Et par le feu jamais ne periroit*.
Pource, Helenin, & toy mère Andromache, N'acazanez 3 en paresse si lasche L'enfant d'Hector, à qui les Cieux amis. Ont tant d'honeurs & de sceptres promis :
356-58. 84-8^ Huche les veuts : dy que je suis marri Contre sa mère & ceux qui sans louange Cachent ce Prince en une terre estrangc