LIVRE I
Jà chargé d'ans, vieil compagnon d'Hector.
784 Celuy portoit la grande targe d'or
De cet héros, quand pour garder sa terre Sa main estoit plus crainte qu'un tonnerre. Or cet Aiage avoit toujours esté Par les Troyens en grande auctorité.
En ce vieillard le Dieu guerrier se change, Autour du front des cheveux blancs arange, Se laboura de rides tout le front,
^92 Marche au baston comme les vieillards font,
Et d'une voix toute caduque & rance ' Francus aborde, & en ce point ^ le tance : Vraye Troyenne, & non Troyen ', as-tu [30]
Desja d'Hector oublié la vertu, Qui t'engendra pour estre l'exemplaire.
Comme il estoit, du labeur militaire.
Futur honneur des peuples & des Rois ?
loo As-tu couard oublié ton harnois,
Pour (aleché d'ocieuses plaisances) User ta vie en festins & en danses, Faire l'amour, & tout le jour en vain
104 Pleines tourner les coupes en la main ?
Honte & vergongne oià estes vous alées ! Ne vois-tu pas que les ondes salées Pour t'en-mener se couvrent de vaisseaux ?
785. JS-S4 Lequel suivoit en sa jeunesse Hector | 8j Lequel suivoit aux batailles Hector
787. 7^ Or cet Aumage | ^8-84 Or ce vieillard | Sj Ce Capitaine