‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaireChapitre 106 sur 244 · LIVRE V, ODE III lOI · texte numérisé non relu

LIVRE V, ODE III lOI

En vain ne chatouillent la lyre, 50 Et si Apollon leur faict dire [p. 130]

Les Geantz r'occis de leur voix, Encor' devant leur vieille Mère, Tant sont vergougneuses, leur Frère Ne les fera chanter deux foys.

55 Si quelqu'un de Pallas devise,

El' appreuvent bien son emprise De filier, de tixtre, & d'ourdir, D'imposer nouveaux noms aux villes.

Et soubz les pollices civiles

60 Ne laisser les loix engourdir :

Mais d'aller horrible à la guerre, De pousser les citez par terre, Et vierge hanter les combatz.

Coiffer d'un morrion sa teste, 65 Et l'ombrager d'une grand creste :

Les Muses ne l'appreuvent pas.

Jugeants qu'il vault mieux que la gloire Des femmes, vive en la memoyre Par des faictz plus doulx & plaisantz, 70 Que par ceux-là des Amazonnes :

Auquel jugement tu t'addonnes Des le premier fil de tes ans.

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