‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaireChapitre 114 sur 244 · LIVRE V, ODE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, ODE III

165 A lâcher mes traictz aguisez,

Tombans du ciel comme tempeste, Pour venir fouldroyer la teste De ces vieux masques déguisez.

Bien souvent mainte & mainte nue 170 Pour nuire au Soleil est venue,

Mais oncque ne l'ont devestu Des traictz de sa clarté plus forte, Ainsi son entreprinse morte Bronchera dessoubz la vertu.

175 L'un crie que trop je me vante, [p. 155]

L'autre que le vers que je chante N'est point bien joinct ne maçonné :

L'un prend horreur de mon audace.

Et dict, que sur la Grecque trace

180 Mon œuvre n'est point façonné'.

Mais je respon tout au contraire, Comme l'ayant bien sceu portraire Dessus le mouUe des plus vieux.

Et comme cil qui ne s'égare 185 Des vers repliez de Pindare,

Incongneuz de mes envieux ^.

181. jj Mais moi je respons au contraire ] 60 texte primitif \ 6/-S4 Je leur fais response au contraire | 87 Je déments leur langue au contraire 183. 60-67 la moule (éd. suiv. corr.)

1. Voir répitre latine de Michel de l'Hospital où Ronsard expose les griefs de ses adversaires et présente sa défense : Magnifias aulae cultoribus... On la trouvera dans les éditions posthumes de Ronsard à la suite des Elégies, dans les Qirmina de l'Hospital (Bibl. nat., Yc, 8285) et dans le Ronsard de Blanchemain, tome IV, p. 561.

2. Ici commence un long développement où Ronsard montre à ses adversaires sa science des jeux Olympiques et des odes de Pindare. Cf.

L'estable du grand Roy d'Elide ', Nette par les travaux d'Alcide, Fonda dans les champs Elëans D'Olympe les jeux tant illustres, Qui retournoyent par chascuns Lustres Anoblir les bordz Piseans ^.

Là, s'amonceloit la jeunesse

Des plus belliqueux de la Grèce, 195 Studieuse à ravir l'honneur

De l'estrange feuille honorée, Q ue de la terre Hyperborée Apporta le Thebain veneur 3.

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