ACTE I, SCÈNE IV
Si, devant moi, sani>lant et Tépée abattue,
Je t'avais eu, t'aurais-je épargné ? — Qu'on me tue !
LES SOLDATS
A mort!
Sur un signe de Michel, on entraîne le prisonnier. MICHEL, à Constantin.
Fais ton profit de celte leçon-là.
BENKO, à part.
Ainsi meurt le croyant. Il n'est de Dieu qu'Allah!
CONSTANTIN, à part.
Oh! l'infernale guerre!...
BÂZILIDE, désignant Militza.
Eh bien, et cette femme ?
Maintenant, c'est mon droit, père, que je réclame. Elle est ma prisonnière et ma part de butin.
202 POUK LA COURONNE.
MICHEL
C'est ton droit, en effet.
n.VZILIDE.
Vraiment, beau Constantin?
Vraiment, tu la choisis pour esclave? Une aimée! Une fille qui suit les charrois de l'armée, Portant à son collier, symbolique ornement. Les sequins de sa dot, gagnés Dieu sait comment ! Elle est assez belle... oui, mais la conquête est mince Pour un fier capitaine et pour un fils de prince. Elle peut, tout au plus, amuser tes soldats.
CONSTANTIN
C'est possible. Pourtant on n'y touchera pas.
A me la disputer que nul ne se hasarde.
Cette femme est à moi, vous dis-je! et je la garde.
MICHEL
Tu le peux, Constantin. C'est ton droit absolu. Sache-le cependant. Deux fois tu m'as déplu. Je te défends ce ton d'humeur âpre et jalouse En parlant à ma noble et gracieuse épouse, Qui t'a voulu donner ce conseil par bonté.