ACTE III, SCÈNE V
CONSTANTIN
Eh bien, j'ai tort, c'est vrai. . . Pardon î je vous supplie !
Je ne sais plus que dire et j'appelle au secours !
A l'aide, ô souvenirs guerriers des anciens jours !
Soirs enivrants après les batailles gagnées.
Désordre du butin, drapeaux pris par poignées,
Cri de joie et d'orgueil du père triomphant
Heureux de retrouver son page et son enfant
Et baisant sur son front la blessure encor tiède.
Vieux souvenirs de gloire et d'héroïsme, à l'aide!
Prouesses de jadis, exploits des temps passés.
Devant ce malheureux, accourez, surgissez.
Et faites-le rougir de sa trahison vile !
Dites-lui que demain, à son entrée en ville.
Les étendards pendus aux portes des palais
Au passage voudront lui donner des soufflets.
Dites, oh ! dites donc au héros qui défaille
(jue ses soldats tombés sur les champs de bataille
Savent qu'il a rêvé ce crime exorbitant.
Qu'ils en parlent entre eux sous terre et qu'on entend.
Quand on passe, le soir, vers leurs tombes guerrières.
Un murmure indigné courir dans les bruyères !...
Non, vous ne serez pas misérable à ce point.
Et vous reculerez et vous ne voudrez point
-2(ii l'OLIl LA COIJUONNE.
Laisser un nom maudit dans toutes les mémoires!
Ne voyez-vous donc pas vos anciennes victoires,
Suppliantes, les bras tendus, à vos genoux?
Les prenez-vous en haine et les chasserez-vous,
Elles que l'Occident joyeux a saluées,
Ignoblement ainsi que des prostituées?
Non, vous ne ferez point ce crime abject et bas î
Cela ne sera pas, cela ne se peut pas !
Je me jette à vos pieds, et je prie, et j'espère.
Et je vais retrouver mon héros et mon père !
Vous allez allumer ce bûcher de bois mort;
Vous arracher du cœur, avec un mâle effort,
Le turpide projet, la promesse honteuse,
Et les jeter au feu comme une herbe hideuse
Qu'on fait brûler avec sa racine et son fruit;
Et vous resterez pur, et le vent de la nuit
Emportera ce rêve horrible sur ses ailes
Dans un grand tourbillon de flamme et d'étincelles !
MICHEL
C'en est assez. Debout! car, par tous les démons I Je veux devenir roi de la plaine et des monts, Et couronner ma reine, et me venger du prétn\ Aussi vrai que ce ciel est pur, cela doit être,