ACTE III, SCÈNE V
Et tu perds ta fureur et ta rébellion^ Va disputer plutôt sa charogne au lion Quand il a mis dessus ses six griffes tenaces. Rien n'y fera, sanglots, prières ni menaces. Et, sache-le, malgré tes colères d'enfant On n'allumera pas ce bûcher, moi vivant.
Vivant!... Quelle parole avez-vous prononcée? Vivant!... Oh ! quelle atroce et sanglante pensée Éclose en mon cerveau le torture et le mord ?
MICHEL
Je ne te comprends pas... Me voudrais-tu voir mort?
CONSTANTIN
Je songe en ce moment que vous devriez l'être, Et d'une mort infâme, et de la mort du traître !
MICHEL
Tu dis?
CONSTANTIN
Je me souviens qu'à l'heure où nous parlons, Othorgul et ses Turcs entrent dans nos vallons,
-idi; POUR LA COURONNE.
Que chaque instant perdu me rend votre complice, Et je songe au devoir qu'il faut que je remplisse.
MICHEL
Quel devoir?
CONSTANTIN
Je me dis que, très injustement, J'ai voulu vous sauver du dernier châtiment, Et que votre existence à la hache échappée Est un malheur pour tous... et que j'ai mon épée!
MICHEL
Toi ! Ton épée !
Elle a, vierge de tout affront, Su détourner un jour la mort de votre Iront, Et ma chair porte encor trace de la blessure... Mais puisque Vkcre envie et l'ignoble luxure Ont fait un scélérat du héros de jadis, Puisque, au mé])ris de tout, près de ces Turcs maudits Vous allez mendier la couronne usurpée, Fille s'indigne alors, ma pure et noble épée,