CONSTANTIN, MILITZA
Mililza entre, les mains pleines de fleurs.
CONSTANTIN, Tapercevant.
Ah! c'est toi, Militza.
MILITZA
Je t'apporte des roses.
L'humble esclave n'a pas à deviner les causes Pourlesquelles le maître a les yeuxpleins de pleurs. Elle en souffre et se tait. Je t'apporte des fleurs. Ce sont celles que j'ai toujours le mieux aimées. Nobles lys, doux œillets, roses très parfumées.
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Celles qu'on reconnaît à leur odeur, la nuit; Et le simple sélam de Militza traduit Son pauvre amour pour toi, triste maître k l'œil somi Son amour qui fleurit et s'exhale dans l'ombre. J'ignore tes chagrins, mais je sais seulement Qu'au parfum de mes fleurs et de mon sentiment Tu parais moins souffrir et que tu te reposes. Je t'apporte des lys, des œillets et des roses. Que mon bouquet dissipe un moment ton ennui. Laisse-moi me placer à tes pieds avec lui ! En le cueillant, de toi ma pensée était pleine; Daigne un peu respirer son souffle et mon haleine. 0 maître ! laisse-nous embaumer tes douleurs. Souris à mon sélam. Je t'apporte des fleurs.
CONSTANTIN
Je demandais la mort. 0 cruelle ironie! Et l'amour vient s'offrir... Cependant, sois bénie, Toi qui de mon supplice adoucis la rigueur. Seule et dernière étoile en la nuit de mon cœur. Sois mille fois bénie, enfant tendre et sauvage. Qui de l'homme brutal as subi l'esclavage, Car ton instinct fait honte à tout l'esprit humain. Le chien du meurtrier lui lèche encor la main.