ACTE IV, SCÈM-: V
Ta téméraire ardeur et tes revers constants Ont mis la rage au cœur des soldats mécontents. Ces chiens toujours battus hurlent contre le maître, Et tous en ce moment t'accusent d'être un traître.
CONSTANTIN
Un traître? moi!
BAZILIDE
Bien plus. A l'injuste soupçon Les faits, entends-tu bien? semblent donner raison. Et je viens t'annoncer une chose certaine : Les Balkans sont forcés, les Turcs sont dans la plaine.
CONSTANTIN, avec uu grand cri.
Ah!
BAZILIDE
Partout la nouvelle a déjà pris son vol. Oui ! les Turcs ont tourné les Balkans d'Etropol, La nuit, par un ravin qu'on croyait impossible A franchir, et dans quatre ou cinq jours — c'est terrible Aux portes de Viddin peuvent être rendus, Et la ville est ouverte, et vous êtes perdus.
288 l'OUi; i>\ counoNNK
CONSTANTIN
Non ! pas encor !
BAZlLlDi:.
Tremblant pour sa couronne, Étieiiiic — Songe qu'elle devrait être aujourd'hui la tienne — Veut encore essayer un coup de désespoir, Et révêque viendra demain, sinon ce soir, Jusque dans ce château pousser le cri d'alarmes.
CONSTANTIN, s'élançant vers la porte du fond.
La patrie en danger! Je veux combattre... Aux arme- " A moi, soldats du Christ!...
BAZILIDE
Point de cris superflus !
Tes hommes mutinés ne t'obéiraient plus.
CONSTANTIN
Ils oseraient!...
Humeur* au dehors, qui se font entendre de temps en temps jusqu'à la fin de la scène.
BAZILIDE
Entends cette rumeur conl'use, Constantin î C'est l'armée entière qui t'accuse;