‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 173 sur 191 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

Hier encor, du Sultan j'ai vu Tagent secret; Le marché tient toujours, le pacte est toujours prêt. J'ai gardé le firman de Mohammed, qui donne A son nouveau vassal le sceptre et la couronne. Pas un mot à changer; et le sceau du chrétien Qu'on y voit, c'est celui de ton père... et le tien.

Elle tire violemment le firman du Sultan de son sein et le met sous les yeux de Constantin.

CONSTANTIN

Le sceau des Brancomir !

Nouvelles rumeurs au dehors

BAZILIDE

La sédition gronde...

Si le roi paraissait, par cette tourbe immonde Tu serais dénoncé comme un chef déloyal. Moi, je t'offre le trône et le manteau royal ; Sois donc plus résolu que ton père et plus sage. Accepte. Dès ce jour, livre aux Turcs le passage... Et celle qui te sauve en ce cruel moment, Et que tu haïssais dans ton aveuglement. Ne te demandera, pour toute récompense.

Que d'avoir sur ta vie une heureuse influence.

292 POUK LA COURONNE.

De t'aimer, de tenir sa place auprès de toi, Et de s'asseoir aux pieds de ton trône de roi Ainsi qu'une fidèle et maternelle amie.

Voyons... acceptes-tu, Constantin?

Infamie !

Ah ! voici qui dépasse et trouble la raison. Oser m'offrir, à moi, la même trahison ! 0 scélérate, il faut que je me satisfasse. Et je vais te cracher mon secret à la face !

BAZILIDE

Que dis-tu ?

CONSTANTIN

Que j'étais, aussi, sous Tare romain, Tout seul, devant mon père, et Tépée à la main..

BAZILIDE

Toi!

CONSTANTIN

Que je savais tout, tout, misérable femme ! Que Brancomir allait commettre Tacte infâme, Tant déjà tu Tavais dans le crime endurci ! Et que je l'ai tué de la main que voici !

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