SCENE II
Les Mêmes, L'ÉVÈQUE-ROl.
Le Koi entre, suivi par deux diacres et par une escorte de boyards. Derrière lui viennent en foule des soldats, des hommes et des femmes du peuple.
L'ÉVÊQUE-KO[, après avoir étendu la main pour obtenir le silence.
Que Dieu soit seul loué ! Si la cime de neige
Du vieux Balkan nous garde encore et nous protège,
Si le monde chrétien conserve son rempart,
La gloire en est à Dieu. J'en refuse ma part.
Son souffle a dispersé les Osmanlis farouches,
Ainsi qu'un vent d'été chasse Tessaim des mbuches;
Son regard a brillé dans nos glaives brandis
Et, par lui, nous avons pu vaincre, un contre dix.
Que sa seule puissance ici soit proclamée.
Seul, il fit un soldat vainqueur, un chef d'armée.
Du vieillard qui bientôt sera dans le linceul.
Point de vaines clameurs. Peuple, gloire à Dieu seul !
Il bénit la foule inclinée.
m)8 poli; I,A CUUIIUNNE.
Remplissons maintenant un devoir redoutable. Il nous faut châtier le crime épouvantable, Le monstrueux dessein qu'a rêvé d'accomplir
Montrant la statue.
Le fils de ce béros, de Michel Brancomir.
Cet instant est le plus pénible de mon règne.
J'aimais ce Constantin, hélas ! et mon cœur saigne,
Quand je songe à Terreur coupable que je fis,
Quand je vois qu'un tel père a produit un tel fils.
Quand je compare, avec des larmes sur la joue.
Ce grand soldat de bronze à cet homme de boue.
Pour juger et punir un pareil criminel,
Selon l'usage ancien et traditionnel,
La Diète des boyards, dont j'ai la présidence.
M'attend pour prononcer la suprême sentence;
Car il s'agit ici de haute trahison.
Mais, avant tout, sortez cet homme de prison;
Je désire le voir et lui parler encore.
Quelques soldais entrent dans la prison, à droite, pour exécuter l'ordre du roi.
ANNA, à Ourosch, dans la foule, à gauche.
Père, comment va-t-on le punir?