‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 93 sur 191 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Nous serons réunis un jour. Consens à vivre, Je veillerai sur toi. Lis tout haut le Saint Livre, Et, dans les divins mots prononcés, quelquefois Tu croiras que résonne un écho de ma voix. Devant mon crucifix chaque jour prosternée, Prie avec tout ton cœur, ma pauvre sœur aînée. Et tu croiras, à moi t'unissant en esprit. Voir mon sourire errer sur les lèvres du Christ. Quand tu visiteras mes pauvres, si Ton presse Ta charitable main s'ouvrant pour leur détresse. Ma sœur, tu sentiras l'étreinte de ma main. 0 chrétienne! fais donc jusqu'au bout le chemin. Sans doute, la douleur est un fardeau terrible! Mais je te soutiendrai, moi, ton guide invisible. Va, marche et lutte, avec ton frère pour témoin. Et, sans t'inquiéter si le moment est loin Où l'aube de la mort à tes regards doit poindre, Mérite, ô pauvre sœur, le ciel pour m'y rejoindre ! »

MADEMOISELLE ROSE

Si c'était vrai pourtant? Ah! monsieur le curé. Oui, si je faisais peine à mon frère adoré. Si j'en étais bien sûre... ehbien, je serais forte, Je tâcherais...

152 l.K PATKK.

Avec accablement.

Hélas! que ne suis-je donc morte!

Nouvflle détonation au loin.

LE CURÉ, à part.

Dieu! Ton fusille encor!

MADEMOISELLE ROSE, qui a tressailli au bruit de la fusillade.

Mais, là-bas, qu'entend-on?

Ce bruit lointain, c'est bien un feu de peloton. Ah! oui, je me souviens... La Commune abattue... Ces scélérats...

Avec un cri de triomphe.

Enfin ! On me venge ! On les tue !

LE CURÉ, troublé.

Ah! c'est affreux! Qui sait?... Parmi ces malheureux.

MADEMOISELLE ROSE

Allez-vous à présent vous attendrir sur eux, Les plaindre? Mais ce sont des meurtriers atroces, Et je n'ai pas pitié, moi, de.^ bétes féroces. On ne peut calculer ce qu'ils ont fait de mal, Versé de sang... Et puis, cela m'est bien égal.

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