SUR
UxNE TOMBE AU PRINTEMPS
A H. CIACOMELLI
La vieille croix s'effrite au fond du cimetière, Mais avril embellit le signe des douleurs; La fauvette y fait halte, et de ses douces fleurs Un sauvage églantier la couvre tout entière.
La voix du rossignol vaut bien une prière,
Et moins que la rosée un regret a de pleurs.
Dans ces parfums, dans ces chansons, dans ces couleurs,
On sent revivre ici l'immortelle matière.
SUR UNE TOMBE AU PRINTEMPS. 13i
0 vieux mort oublié, de qui l'orgueil humain A sans doute rêvé l'étemel lendemain Au sein du paradis, dans les apothéoses !
Aujourd'hui, n'as-tu pas un destin aussi beau, Si ton esprit épars autour de ce tombeau Chante avec les oiseaux et fleurit dans les roses ?