LIVRE QUATRIÈME
rer la guerre à son temps et à son peuple. « Il faut que la France marche à notre gré, » répètentils l'un après l'autre.
Périclès faisait distribuer au peuple les terres conquises, ce qui fut le but des Gracques. Il a ouvert à tous les tondions publiques en les rendant lucratives. C'était le radicalisme antique. Périclès était radical.
Si la société française est quelque chose, c'est une démocratie. L'homme d'Etat français se donne pour tâche d'en faire une oligarchie. Périclès s'armait des instincts et des vœux du plus grand nombre. Il se sentait d'accord avec tous les dieux et toutes les déesses d'Athènes. De là sa force, sa douceur, son équilibre et sa grandeur. Chez nous, l'homme d'État, reniant ses origines, croit se faire grand en se séparant des masses du peuple. Il regarde comme une rébellion criminelle tout ce qui dépasse ses étroites pensées. « A moi! s'écriet-il, voici l'ennemi !» Il se trouve que cet ennemi, c'est la nation entière.
Depuis soixante ans, je vois, en dépit de tous les changements, toujours le même système, toujours le même homme, faisant le poing à la nation, ou glapissant contre elle pour imposer à tous son tempérament, sa médiocrité, quelquefois sa taille de nain. Perpétuel pugilat d'un individu contre un peuple. L'individu toujours colère, mesquin,
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menaçant : le peuple souvent patient, plus sage que son Jupiter tonnant, mais qui, à la fin, s'irrite et fait rentrer en un jour le dieu dans son néant.
Est-ce donc que le pouvoir tourne aussitôt la tête à nos Pénclès ? Ce vertige fait que de tant d'hommes d'État, bien disants, il en est à peine un seul dont la nation française garde la mémoire. Ils se sont séparés d'elle ; elle se sépare d'eux Ils ont cherché le. faux, ils ont trouvé le vide. Il en sera ainsi jusqu'à ce qu'un homme s'avise enfin de chercher la grandeur là où elle existe, non dans l'esprit de coterie, mais dans l'esprit et l'âme de la nation.
Les Grecs disaient :le bon ordre (1), le séparant du mauvais, qui est le despotique. Nos sages disent simplement ; Tordre, comme à Varsovie.
(1) EClTCOffJM*.