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LIVRE QUATRIÈME

Comme science il réhabilitait, dans l'histoire, sous le nom de tradition romaine, le Bas-Empire. 11 exaltait l'esprit byzantin sans s'apercevoir qu'il refaisait un autre césarisme. Jamais il n'a voulu voir que la monarchie française n'était que le prolongement de la monarchie byzantine et qu'il nous y ramenait. Il ne comprenait l'histoire que comme une chronique, érudition plutôt qu'histoire. Dans la philosophie, il aboutissait au fatalisme mécanique. C'est là qu'il devait se briser et disparaître. Puisqu'il nous a abandonnés, cherchons ailleurs une base plus solide.

Il nous a laissés les mains vides, cherchons un objet qui ne nous manquera pas. Et où le trouverons-nous, si ce n'est dans l'alliance plus intime des sciences naturelles et des sciences morales et historiques? Nos prédécesseurs ont abandonné et renié leur œuvre parce qu'ils l'avaient écrite sur le sable. Gravons la nôtre sur le fond commun à tous les êtres animés. C'est là que doit se trouver le Novum Organum que nous cherchons encore.

Vous pouvez voir aujourd'hui combien était faux le système du libéralisme français doctrinaire sur l'ancienne histoire de France. Il est heureux, disaient-ils, que le pouvoir absolu se soit maintenu si longtemps dans l'ancienne royauté. Le despotisme préparait la liberté. C'est là le fond des historiens libéraux et je L'ai combattu

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partout où je l'ai rencontré (1). Aujourd'hui la

lumière a dû se faire chez les aveugles. Qui ne voit maintenant que cet absolutisme de six cents ans pèse encore sur la France actuelle, qu'il agit sur elle comme un aimant, qu'il l'attire vers le passé et déconcerte chacun de ses pas? Comment abolir cette force magnétique d'un passé absolutiste? Les forces les meilleures s'épuisent dans ce travail.

Il nous faut échapper à cette aveugle impulsion partie du fond de notre histoire. De là les monstruosités qui ne se voient guère que parmi nous, les monomanies de despotisme, sous le nom de sage liberté ; démence inexplicable sans une sorte d'atavisme. On croit se donner des aïeux en se faisant une âme sur le patron de celle de Montluc ou de Bâville.

En un mot, le libéralisme français avait applaudi au pouvoir absolu, à chaque page de l'ancien régime ; il avait répété à satiété que le despotisme est l'agent nécessaire des institutions libérales. Telle était sa doctrine historique. Dès qu'il est arrivé au pouvoir, qu'a-t-il fait? Il Ta réalisée en établissant par tous les moyens le pouvoir absolu au centre et à la circonférence. Ne

(1) Œuvres complètes, t. III. Philosophie de V Histoire de France,

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