‹ Œuvres complètesChapitre 117 sur 204 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

vous étonnez plus de ses reniements ; ils les portait en lui-même dans ses doctrines sur notre histoire.

Allez au fond de ce qu'un Français appelle le pouvoir fort, vous trouvez infailliblement le pouvoir byzantin, tel qu'il a été répandu dans les veines de la vieille France par la conquête de César, par l'esprit gallo-romain, par la restauration impériale carlovingienne, par les jurisconsultes du moyen âge, par l'ancienne royauté, par celle de Louis XIV, par l'établissement de Napoléon, par la restauration des Bourbons, par le pouvoir personnel de la monarchie constitutionnelle.

Voilà pourquoi nous découvrons avec stupeur que le libéralisme doctrinaire français ne contient pas en soi un atome de liberté. Il prétend concilier l'ancienne royauté française avec la royauté anglaise. Illusion. Le byzantinisme ne se concilie pas avec l'esprit anglo-saxon. Sortons donc de Byzance. Voilà tout l'effort de la Révolution française. Jugez par là de ceux qui lui restent fidèles et de ceux qui la livrent.

Légitimité, orléanisme, bonapartisme, c'est au fond même chose, byzantinisme à trois têtes. Je voudrais que les historiens s'attachassent à nous montrer la tradition du Bas-Empire, à chaque degré, dans la monarchie française.

208 l'esprit nouveau

Il y a au fond de la race latine une tradition commune qui la ramène aux premiers ancêtres : atavisme impérial, ccsarien. C'est par là que cette race périrait, si elle pouvait périr.

Avant de quitter ce sujet, je jette les yeux sur l'espace que je viens de parcourir.

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