‹ Œuvres complètesChapitre 177 sur 204 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

puteur; car il n'est pas seulement mécontent des autres, il est las de lui-même, que dis-je? il l'est de la terre entière et de la voûte qui l'enveloppe. Il boude tout ce qu'il rencontre. Il hait le monde et plus encore la solitude, car il lui faut un spectateur pour irriter son mal. Quelle mouche l'a piqué? Une mouche plus intolérable que le tzé-tzé de la Cafrerie qui peut tuer un bœuf. Éloignezvous, fuyez. Il ne veut que piquer à son tour. Il battrait la mer s'il la rencontrait. Et pourquoi? Il ne peut le dire, et c'est ce qui l'exaspère.

Délire d'insecte qui se prend indistinctement au lion et au moucheron.

Maintenant, supposez que cette disposition d'es* prit soit portée sur les hauteurs de la philosophie, quelle idée, quelle vérité résistera au philosophe de mauvaise humeur ? Qui trouvera grâce devant lui ? Assurément ce ne sera ni l'esprit, ni la matière, ni le théisme,, ni l'athéisme, ni le panthéisme, ni la vie ni la mort. Quel affreux saccagement de systèmes, de théories! Le monde est déplaisant; effaçons ie monde. Mais le vide aussi est choquant, abolissons le vide. La nature est un grossier vase d'albâtre, brisons le vase. Que restera-t-il au fond de tout? La mauvaise humeur.

•3iS l'esprit nouveau

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