LIVRE PREMIER
Elle y est devenue sincérité réfléchie, probité, conscience, morale, devoir. Ainsi la même loi d'équilibre qui soutient les mondes, soutient dans F homme la vérité.
L'astre arrive fidèlement au point céleste que la loi lui impose. La mer arrive au rivage qui lui est assigné. L'oiseau fait ses migrations par le chemin des ancêtres ; si une partie de ce tout manquait au devoir inconscient, le tout s'abîmerait.
Dans l'homme, cette sincérité qu'il a reçue en naissant, l'embarrasse. Il fait tout pour l'extirper, dès qu'il en a conscience, mais en vain. C'est le sceau de la vie universelle imprimé en luimême, transmis d'espèce en espèce jusqu'à lui. Il peut l'effacer de ses paroles, de ses actions, de ses pensées, non de son être. En dépit de lui, le méchant reste homme, comme le loup reste loup.
Il a beau tendre ses pièges pour extirper la vérité ; la vérité persiste comme la force latente qui meut les mondes et les sphères ; car elle est identique avec celte force.
Chose étrange ! l'homme peut mourir pour la vérité, pour la justice. Il meurt, et rien ne peut le vaincre; il meurt, et en même temps il survit dans le vrai et dans le juste. Il trouve dans son cœur la force accumulée de toutes les vérités inconscientes qui soutiennent l'univers.
Quand vous êtes sincère, vous sentez en vousmême un point de résistance invincible à tous les éléments ; diamant que l'effort conjuré des mondes ne pourrait entamer.