COMMENT DOIT SE POSER LE NOUVEAU PROBLÈME SOCIAL
Ici j'entrevois une issue pour sortir du chaos; je la trouve dans cette définition nouvelle des époques de grandeur et de décadence.
Les temps de vraie grandeur pour un peuple sont ceux où l'homme de bien a plus de chances de réussir que l'homme de proie dans le combat de la vie. Au contraire, les temps de décadence sont ceux où l'homme de proie l'emporte nécessairement sur l'homme de bien.
De même que dans le combat de l'existence chez les races animales, la prédominance reste aux mieux armés d'ongles et de griffes, de même le progrés d'un peuple ou d'une race consiste en ce que l'homme le plus conforme à la justice et au droit, a le plus de chances de l'emporter.
Réduit à ses termes les plus simples, voilà le problème à résoudre pour chaque nation. Il est clair, il renferme tous les autres; il est dans le plan de l'économie universelle. Tout ce qui vit et
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respire le rencontre et travaille à le résoudre à s;i manière. Que de leçons une fourmi, une abeille pourraient donner à de grands peuples !
Voyez toute société qui prospère, par exemple, les Élats-Uhis. L'homme de bien n'y est pas nécessairement écrasé. Loin de là, il s'élève au pinacle sous le nom de Washington et de Lincoln. Ce n'est pas le méchant qui avait tous les avantages dans les beaux temps de la Grèce et de Rome. Quelquefois, on allait chercher le meilleur à la charrue.
Ainsi, je m'explique, sans avoir recours au surnaturel, l'étrange obstination de l'espèce humaine, clans la justice, malgré la victoire du méchant. Au fond, ses victoires ne convainquent personne. Succès de surprise; vous sentez que la dernière journée ne peut lui rester.
Dans ma jeunesse, la philosophie se tirait d'affaire en niant ce qui frappe les yeux. Elle affirmait que le méchant porte en lui-même son châtiment; comme si, au contraire, le criminel ne s'endurcissait pas par la continuité du crime. Faisons mieux. Osons voir les avantages de la double langue du fourbe. Laissons-lui ses chances, gardons les nôtres.
Par là, je ne veux pas dire que l'homme de bien, dans les temps de décadence, soit nécessairement condamné à être malheureux. Je dis seulement