‹ Œuvres complètesChapitre 72 sur 204 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Je comprends maintenant comment, au murmure de ce genre d'éloquence, les Byzantins se sont endormis du sommeil éternel. L'arrivée des barbares, le fracas des invasions n'ont pu les réveiller.

J'ai vu je ne sais combien de royautés arborer leur drapeau à la tribune. Dans ce conflit, je cherchais vainement la France. Chacune de ces royautés en emportait tranquillement et fièrement un lambeau.

Une certaine faculté de paroles subsiste qui ne disparaîtra jamais chez les Gallo-Romains. Mais ces paroles ne contiennent plus aucun atome de vie ; les vieux partis mâchent une poussière de vieux bois sépulcral.

Je connaissais les subtilités doctrinaires nées des invasions de 1814 et de 1815. Je demandais quelle subtilité nouvelle serait enfantée par l'invasion de 1870. Je le sais maintenant. Après les uhlans, voici les sophistes.

Au nom de la tolérance, il faut, dit- on, trois royautés et une république dans l'État. VoiLà la bonne république, bonne surtout à condition d être étouffée.

Ne voit-on pas qu'un État peut subsister avec plusieurs religions, parce qu'aucune d'elles ne prétend être l'État? Mais trois monarchies et une république qui prétendent chacune être l'État,

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n'est-ce pas la dissolution de l'intelligence humaine? Hélas! oui. Chacune de leurs paroles va à cette conclusion. Mais moi, qu'ai-je fait pour être condamné à entendre et réfuter ces inepties ?

La vraie garantie de durée pour un gouvernement, disent-ils encore, c'est d'olre précaire, de ne pas s'établir dans les esprits, d'être écrit sur le sable, de n'avoir d'autre valeur qu'une ombre. Gage certain de perpétuité : n'avoir pas de lendemain.

Et cela s'appelle sagesse. Oui, la sagesse des intelligences qui ne s'appartiennent plus , des esprits étouffés dans la main de Tennemi.

On faisait des raisonnements de ce genre dans les diètes polonaises , convoquées sous le bon plaisir de la Russie. On y démontrait que le plus grand bien, pour la Pologne, c'était d'avoir cessé d'exister. Rien de plus sage que ce bienheureux néant.

0 vous, qui vous appartenez encore, qui ne pensez pas, ne parlez pas sous le bon plaisir d'un maître, écartez ces ténèbres, délivrez au môins nos esprits. Empêchez-les de se faire esclaves volontaires ; ne laissez pas notre intelligence périr comme les intelligences de ceux qui sont tombés en esclavage. Rendez-nous la lumière, le bon sens, tout ce qu'on veut nous ôter.

N'appelez pas libération du territoire la cession

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