LIVRE TROISIÈME
tionale, leur haine insensée du peupte d'où ils sortent, les assemblées publiques placées par eux sous les poignards, leur entente avec les armées étrangères; déjà Goblentz dans le Pirée, et la jeunesse dorée du Directoire dans les Quatre-Cents d'Athènes.
C'est Thucydide qui a mis en plein jour leur dessein de livrer la patrie à l'ennemi plutôt que de su bir le droit commun et la justice pour tous.
C'est Thucydide qui a montré que les fortifications qu'ils élevaient au Pirée, en apparence contre l'étranger, étaient en réalité tournées contre leur pays. Il a fait voir les petites portes, les fausses poternes, les issues secrètes qu'ils préparaient à l'ennemi, pour l'introduire dans la place contre leurs concitoyens.
Conjuration éternelle des oligarchies, toujours la môme, quel que soit le nom des chefs, Pisandre ou Pichegru, Grèce ou France, Athènes ou Paris, il fallait la langue de Thucydide pour resserrer en si peu de pages ce mélange de perfidies et de fureurs, de prétendu ordre moral et d'assassinats, de ligues des honnêtes gens (1) et de coups de couteaux dans l'Agora. Ce tableau, qui s'applique à tous les temps , est fait depuis
(1) Tou; Tê xaXo-j; /.7.y'/0oj;. Thucydide, liv. vni, 48.
plus de deux mille ans. Relisez le. Je n'ai à y ajouter qu'un mot :
De tous les gouvernements , la plutocralie est celui qui dure le moins. Fondé sur l'argent , il en a la mobilité. Aussi les plutocrates d'Athènes et du reste du monde, désespérant de fixer la fortune, cherchent partout un maître qui détienne pour eux l'autorité qu'ils se sentent incapables de garder.