CHAPITRE VIT
Conclusion des chapitres précédens.
ÿ1. Ayant prouvé que notre statue est capable
dedonner son attention, dese ressouvenir, de com- £
prer, de juger, de discerner, d'imaginer ; qu’elle ades notions abstraites, des idées de nombre et & durée; qu’elle connaît des vérités générales et particulières ; qu’elle forme des désirs, se fait des Passions aime, hait, veut ; qu’elle est capable d’esprance, de crainte et d’étonnement, et qu’enfin elle contracte des habitudes, nous devons conclure Q'avec un seul sens l’entendement a autant de
Rcultés qu'avec les cinq réunis. Nous verrons que
es qui paraissent nous être particulières ne
nt que ces mêmes facultés qui, s'appliquant à ü plus grand nombre d'objets , se développent davantage.
ÿ 2. Si nous considérons que se ressouvenir, mparer, juger, discerner, imaginer, être étonné,
Was dans les bêtes ? et son immortalité dans l’homme n’est-elle RS une faveur de Dieu ? Dans le sens de Pascal, Dieu seul Purrait dire m0.
Avec un seul sens l’âme a Île erme de toutes” ses facultés.
La sensation renferme ioutes les facultés de l’âme,
Le plaisir et la douleur en sont le seul mobile.
avoir des idées abstraites , en avoir de nombre et de durée, connaître des vérités générales et particulières , ne sont que différentes manières d’ètre attentif; qu’avoir des passions, aimer, haïr, espérer, craindre et vouloir, ne sont que différentes manières de désirer; et qu’enfin ètre attentif et désirer, ne sont dans l'origine que sentir, nous conclurons que la sensation enveloppe toutes les facultés de l'âme.
$ 3. Enfin, si nous considérons qu’il n’est point de sensations absolument indifférentes, nous conclurons encore que les différens degrés de plaisir et de peine sont la loi suivant laquelle le germe de tout ce que nous sommes s’est développé pour
produire toutes nos facultés.
Ce principe peut prendre les noms de besoin, d’étonnement, et d’autres que nous lui donnerons encore, mais 1l est toujours le même : car nous sommes toujours mus par le plaisir ou par la dou-
leur , dans tout ce que le besoin ou l’étonnement
nous fait faire. a
En effet nos premières idées ne sont que peine ou plaisir. Bientôt d’autres leur succèdent, et donnent lieu à des comparaisons , d'où naissent nos premiers besoins et nos premiers désirs. Nos recherches pour les satisfaire font acquérir d'autres idées qui produisent encore de nouveaux
désirs. L'étonnement, qui contribue à nous faire
sentir vivement ce qui nous arrive d’extraordi-
mire, augmente de temps en temps l’activité de nos facultés ; et il se forme une chaîne dont les anneaux sont tour à tour idées et désirs , et qu'il suffit de suivre pour découvrir le progrès de toutes les connaissances de l’homme.
$ 4. Presque tout ce que j'ai dit sur les facultés de l’âme, en traitant de l’odorat, j'aurais pu le dire en commençant par tout autre sens : il est aisé de leur en faire l'application. Il ne'me reste qu’à examiner ce qui est plus particulier à chacun d'eux. |
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