EIT
Ces plaisirs son! coUune ceux de l'odorat, susceptibles de différens degrés.
Les plus vifs supposent une oreille exercée.
Et tous une oreille bien organisée.
g8 TRAITÉ la musique : elle pourra même ne l'être pas plus qu’au bruit.
Lastuepeut Q 11. En quatrième lieu, le plaisir d’une suc-
parvenir a dis-
‘ingaerunbnuit cession de sons étant si supérieur à celui d'un
etun chant todre se font ntenten
enserb bruit continu , 1l y a lieu de conjecturer que, si la statue entend en même temps un bruit et un air dont l’un ne domine point sur l’autre, et qu’elle a appris à connaître séparément, elle ne les confondra pas.
Si au premier moment de son existence elle les avait entendus ensemble, elle n’en eùüt pas fait la différence. Car nous savons par nous-mêmes que nous ne démélons dans les impressions des sens-que ce que nous y avons pu remarquer, et quenous n’y remarquons que les idées auxquelles nous avons successivement donné notre attention. Mais si notre statue, ayant été tour à tour un chant et le bruit d’un ruisseau, s’est fait une habitude de distinguer ces deux manières d’être, et de partager entre elles son attention, elles sont , ce me semble, trop différentes pour se confondre encore toutes les fois qu’elle les éprouve ensemble, surtout si, comme je le suppose , aucune ne domine. Elle ne peut donc s empêcher de remarquer qu’elle est tout à la fois ce bruit et ce chant , dont elle se souvient comme de deux modifications a se sont auparavant succédées.
Le principe sur lequel je fonde ce que je présume ici recevra un nouveau jour dans la suite
DES SENSATIONS. 99 de cet ouvrage, parce que j'aurai occasion de l'appliquer à des exemples encore plus sensibles: Nous verrons comment, par la manière dont nous Jugeons de nos sensations, nous n’y savons distinguer que ce que les circonstances nous ont appris à y remarquer; que tout le reste est confus à notre égard, et que nous n’en conservons non plus d'idées que si nous n’en avions eu aucun sentiment. C’est une des causes qui fait qu'avec les mêmes sensations les hommes ont des con:
naissances si différentes. Ce germe est partout le même : mais il reste informe chez les uns ; il se développe, se nourrit et s’accroit chez les autres.
$ 12. Enfin, puisque les bruits sont à l'oreille ce que les odeurs sont au nez, la liaison en sera dans la mémoire la même que celle des odeurs. Mais les sons ayant, par leur. nature et par celle de l’organe, un lien beaucoup plus fort, la mémoire en conservera plus facilement la succession.