‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 61 sur 120 · XII · texte numérisé non relu

XII

Commune aux philosophes.

Les idées qu'elle a desobjets sont confuses.

Ses idéesabe-, traites sont de

deux espèces:

Les unes conases ;

290 TRAITÉ mots étre, substance ne signiñent rien de plus que le mot cela.

$ 11. De là il faut conclure que les idées qu’elle a des objets sensibles sont confuses; car j'appelle confuse toute idée qui ne représente pas d’une manière distincte toutes les qualités de son objet. Or il n’est point de corps dont elle ait une connaissance aussi parfaite ; elle n’y voit que les propniétés que ses besoins lui donnent occasion d'y remarquer. Avec plus de sagacité elle en démélerait un plus grand nombre; et si elle pouvait pénétrer Jusque dans la nature des êtres, elle n’en trouverait pas deux parfaitement semblables. Elle ne suppose donc que plusieurs ne différent point entre eux, que parce qu’elle les voit confusément.

$ 12. Quant à ses notions abstraites, 1l y en a de confuses et de distinctes.

Elle connait, par exemple, assez bien un son pour le distinguer d’une odeur, d’une saveur et de tout autre son; mais il lui paraît simple, quoique multiple’. Plusieurs couleurs mêléesensemtie ue produisent à son égard que l'apparence d’une seule. Il en est de même de toutes les impressions des sens. Elle ne déméle donc pas tout ce qu'elles renferment, et elle est encore plus éloignée de

* Cela est évident du bruit, et n’est pas moins certain des

sons harmoniques ; car on a remarqué qu’il n’en est point qui ne soit triple.

découvrir toutes les causes quiconcourentà chaque sensation. Elle n’a donc à ce sujet que des notions fort confuses. |

Mais ces mêmes sensations lui donnent des idées de grandeur et de figure { et si elle ne peut assurer quelle est précisément la grandeur et la figure des corps, ni déterminer exactement les rapports qu’ils ont entre eux, elle sait comment une grandeur peut être le double ou la moitié d'une autre, et elle connaît fort bien une ligne, un triangle , un carré. Elle a donc en pareil cas des idées distinctes. Il suffit pour cela qu’elle considère les grandeurs en faisant abstraction des objets.

$ 13. De ces deux sortes d'idées naissent deux sortes de vérités. Lorsque la statue remarque qu’un corps est triangulaire, elle porte un jugement qui peut devenir faux, car ce corps peut changer de figure; mais lorsqu'elle remarque qu’un triangle a trois côtés, son jugement est vrai et le sera toujours, puisque trois côtés déterminent l’idée du triangle. Elle aperçoit donc des vérités qui changent ou qui peuvent changer toutes les fois qu'elle veut juger de ce que les choses sont en elles-mêmes; elle aperçoit au contraire des vérités qui ne changent point, toutes les fois qu’elle se borne à juger des idées distinctes et abstraites qu’elle à des grandeurs.

Elle a par conséquent avec le seul secours des sens des connaissances de toute espèce.

Les autres dise tanctes.

Elle counaît deux sortes de vérités,

Circonstances où le besoin de nourriture en-

ourdit toutes es facultés de l'âme.

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