‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 85 sur 120 · SYSTÈME DES FACULTÉS DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME DES FACULTÉS DES ANIMAUX

La première partie de cet ouvrage démontre que les bêtes sont capables de quelques connaissances. Ce sentiment est celui du vulgaire : 1l n’est combattu que par des philosophes, c’est-à-dire, par des hommes qui d'ordinaire aiment mieux une absürdité qu'ils imaginent, qu’une vérité que tout le monde adopte. Ils sont excusables; car s'ils avaient dit mois d’absurdités, 1l y aurait parmi eux moins d'écrivains célèbres.

J'entreprends donc de mettre dans son jour une vérité toute commune; et ce sera sans doute un prétexte à bien des gens pour avancer que cet ouvrage n’a rien de neuf. Mais si jusqu'ici cette vérité a été crue sans être conçue ; si l’on n'y a réfléchi que pour accorder trop aux bêtes, ou pour ne leur accorder point assez, 1l me reste à dire bien des choses qui n’ont pas été dites.

En effet, quel écrivain a expliqué la génération de leurs facultés, le système de leurs connaissances, l’umiformité de leurs opérations , l'impuissance où elles sont de se faire une langue proprement dite, lors même qu’elles peuvent articuler, leur instinct, leurs passions et la supériorité que l’homme a sur elles à tous égards? Voilà ce-

pendant les principaux objets dont je me propose de rendre raison. Le système que je donne n’est point arbitraire : ce n’est pas dans mon imagination que Je le puise, c'est dans l'observation ; et tout lecteur intelligent qui rentrera en lui-même en reconnaitra la solidité.

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