‹ Œuvres completesChapitre 13 sur 72 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

D« l'origine de U mythologie.

Lt.Gr.cf oat Ccux oui aDDortèreut en Grèce des dieux étran-

ulUri le coït* , , X 1 1.1.

r* rti.' * ^^ gers, nen donnèrent sans doute que des idées imparfaites, et le culte égyptien ou phénicien fut altéré dès son établissements Les sauvages contribuèrent encore à le dénaturer; il est vraisemblable qu'ils ne le conçurent pas tel qu'on le leur présentait, ils y mêlèrent leurs préjugés, ils le modifièrent de bien des manières.

ii»Micraqii« Les dieux eurent différentes époques , soit parce Ph<^îcK*J!^eï que 1^ colonies arrivèrent dans des temps diffé- ""* rens, soit parce que les peuples de la Grèce ne se policèrent que les uns après les autres.

Le temps où leur culte s'établit , fut pris dans la suite pour celui de leur naissance; et parce que , pour les faire connaître, on leur avait donné des

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noms grecs, ils passèrent bientôt pour Grecs euxmêmes , et on les crut nés dans le pays.

Cette méprise changea la généalogie des dieux : ceux qui étaient les plus anciens en Egypte furent les plus modernes en Grèce, et réciproquement. En effet, les Grecs ayant confondu l'époque de leur établissement avec celle de leur naissance , les généalogies qu'ils imaginèrent ne purent pas être toujoiurs d'accord avec celles des Égyptiens.

Les divinités ne s'établirent pas toujours sans i»» ^•"/^j;!! obstacles : les ministres d'un culte très-ancien crai- bîotuuS' gnu*ent de le vou* aboli par un nouveau culte» ^ *• «>ni li- Les prêtres eurent donc des intérêts contraires, ils se livrèrent des combats, ils usurpèrent les mis sur les autres, et la religion essuya bien des changemens. Or, l'histoire de ces changemens présentée sous des allégories et chargée de circonstances, prendra insensiblement la forme d'une histoire des dieux mêmes , considérés comme autant de personnages qui se seraient enlevé tour à tour l'empire de l'univers.

Toutes ces fables seront long-temps confiées à ii»»*oiitoaM la tradition seule. Les prêtres ne feront point un lo-î^ri^ît^tt corps, ils ne se concerteront point. Chacun for mera un culte , suivant l'essor que prendra soa imagination. Ainsi il y aura autant de dieux et de pratiques religieuses que de territoires; chaque divinité, en changeant de lieux, changera de*

nannl*.

thoiogie.

noms, d'attributs, de fonctions, et les notions que s'en feront les Grecs ne seront ni uniformes ni permanentes.

iù»TeV'ce1['S,t Cependant à mesure que les peuples se mêle- FoISl^^ïi «V- ^^^^^ *'s ^^ communiqueront leurs idées; et leurs idées se mêlant comme eux, l'histoire des dieux ne sera plus qu'un chaos. C'est cette histoire qu'on nomme mythologie,

La mythologie n'offre donc rien de déterminé, elle laisse une libre carrière à l'imagination. Par conséquent il suffira d'être poète pour être théologien , et chaque âge verra naître de nouvelles fables. Mais elles seront ingénieuses, et vous verrez que si tous les peuples ont eu des préjugés, les Grecs seuls ont su faire de l'erreur un art agréable.

Il me suffit. Monseigneur, de vous montrer ces choses dans leur origine. Vous apprendrez la mythologie en lisant les poètes, et au besoin un dictionnaire de la fable vous instruira '.

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