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CHAPITRE XIII

Quatrième période , depuis la loi écrite jnsqu'à rétablissement Jb la royauté chez les Hébreux, Tan 1079 ^^^^^ J.~C., ou jusqu'à rétablissement de rArcbcfkitat chez les Athéniens en 1088 : espace de quatre cents et quelques années.

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polic«nt dans les

Depuis TaiTivée des colonies égyptiennes ou p'^cèd«!**7* phéniciennes, jusqu'à la guerre de Troie, il y a S'^ÎTi wotdêi plus de trois cents ans. Un grand nombre de

tenptCalmleax. I^ ^

royaumes commencent dans cet intervalle : les peuples semblent se policer à Tenvi, et il y a aussi tous les jours plus de communication entre eux. MaSs c'est dans la fable qu'il faut étudier ces temps , plutôt que dans l'histoire.

On ne sait rien de la plupart des souverains qui ont régné dans la Grèce pendant ces trois siècles; et ce qu'on sait des autres, si on le dépouille du merveilleux, se réduit à peu de chose. Les Grecs ont à la vérité, sur les autres peuples, l'avantage d'avoir rendu intéressans les prodiges qu'ils ont crus , comme ceux qu'ils ont faits , et il serait honteux d'ignorer tout-à-fait leurs fables; mais j'ai déjà remarqué que vous pourrez vous en instruire dans les poètes.

biihrll^lui" L'agriculture n'avait fait encore que peu de îfq'îe.*" »dl progrès dans le premier siècle de cette période ,

lorsqu'Çrecthée , paiti d'Egypte avec des vaisseaux grMdtebttacie» chargés de blés, aborda dans VAttique, délivra ce pays d'une famine qui le pressait, et devint, par ce bienfait, roi des Athéniens. On comptait alors plus de cent cinquante ans depuis l'établissement de Cécrops , et on a remarqué que jusqu'à cette époque l'Attique tirait les blés de la Sicile ou de la Lybîe. On n'y connaissait encore que la culture de l'olivier; Cécrops, qui Favait apportée avec le culte de Minel*Ve , trouva le terroir trop sec et trop aride pour toute autre production.

Érecthée jugeant que les plaines d'Eleusis seraient propres au Jabourage, les 'fit défricher et ensemencer; et cette entre[W^se ayant eu tout le succès qu'il s'était promis , il institua à Eleusis les mystères de Cérès , à l'imitation de ceux que les Égyptiens célébraient en l'honneur d'Isis.

Ils n'est pas douteux que lés Grecs n'aient connu l'agriculture long-temps auparavant. Nous avons vu que les Titans leur en avaient au moins donné une idée grossière; et si après l'extinction de ces étrangers, cet art se perdit, Cadmus et Danaûs le renouvelèrent dans la éuite. Mais il était fort peu répandu, et vraisemblablement fort négligé, même dans les cantons où on le conservait encore. Pour le rendre plus commun, il fallut vaincre bien des obstacles; c'«st ce qu'on aperçoit dans le merveilleux qui a défiguré cette révolution. On a dit que sous Érecthée, Cérès était venue elle-

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même enseigner Tagricultur^ aux Grecs; et on a fait faire des prodiges à cette déesse pour garantir les jours de Triptolème, lorsque ces peuples, encore barbares , qu'il voulait forcer à cultiver la terre, se soulevaient contre lui.

Lertgned'É- Le rèfiiie d'Érecthée, qui comnlence l'an i^ii3

ncthit est Vi- O , ' T ^

ES^^^J;; avant J.-C. , est donc l'époque où l'agriculture • monrt. change les mœurs des Grecs ; et c'est dans le siècle suivant qu'elle fait de nouveaux progrès et se répand. Alors de nouveaux royaumes se forment de toutes parts : la Grèce sent croître ses forces, les peuples contractent des alliances, et les che& arment pour différentes entreprises. Telles sont l'expédition des Argonautes sous la conduite de Jason ; la guerre de Thèbes , où sept rois se réunissent contre Étéocle; et la guerre de Troie, où toute la Grèce prend part.

Ponr^noi les Qu u'avait Das cttcorc vu autant de mouvement.

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îlS*jJi7ir*" Mais si les Grecs sont mieux qu'ils n'ont jamais été , les arts qu'ils connaissent ne leur suffisent pas , et c'est là le principe de l'inquiétude qui les agite , et qui les agitera encore long-temps.

Il fallait un aliment à cette inquiétude. C'est pourquoi les jeux devinrent plus fréquens que jamais. Ils continuèrent de faire partie du culte et des honneurs qu'on rendait à la mémoire des héros. Les rois en donnèrent à leur avènement ; Thésée rétablit les panathénées , il institua les jeux isthmiques à Corinthe; Hercule renouvela

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ceux qu'un siècle auparavant on avait institués à Olympie en l'honneur de Jupiter. En un mot , on ne parut occupé qu'à multiplier ces sortes de spectacles. Les noms de ceux qui les instituaient, les grands hommes dont ils rappelaient les actions , les dieux auxquels on les consaci^ait , les rois et les héros qui entraient en lice, les couronnes qu'on distribuait aux vainqueurs , l'affluence de tous les peuples de la Grèce, voilà les circonstances qui entretenaient la passion pour ces jeux, et qui préparaient les Grecs à de grandes choses.

Tel était l'esprit de ces peuples dans le siècle i^^^ î«"«

^ * ■' i«s fonde meiu

que termina la guerre de Troie. Mais ils étaient ^'^^*"''encore bien ignorans dans l'art de gouverner. Les usages, qui leur tenaient lieu de lois, étaient pour eux une source d'abus , et on pouvait prévoir dès lors que les désordres ruineraient la Grèce ou "qu'ils amèneraient une révolution qui la rendrait plus florijSsante que jamais. C'eft dans ces circonstances que Thésée jeta les fondemens de la grandeur d'Athènes. %

Jusqu'alors FAttique avait été divisée en douze bourgs qui , ayant chacun leurs magistrats et leurs assemblées particulières, se gouvernaient séparément d'après leurs usages , et qui , bien loin de se réimir pour l'intérêt commun , se faisaient ordinairement' la guerre.

Thésée cassa ces magistrats, ces assemblées , et fit des douze bourgades un seul peuple, qui s'as-

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semblait à Athènes. Là , les habitans de la cam* pagne eurent droit de sufifrage comme les habitans de la ville , et toute l'Attique fut soumise à la juridiction de cette capitale. Par cette réforme , Athènes s'agrandit, et devint tous les jours plus puissante.

Érecthée avait distribué les citoyens en quatre classes. Thésée n'en fit que trois : les nobles, les laboureurs et les artisans. Les deux dernières, étant plus non^teuse^ 9 étaient aussi plus puissantes. Il voulut donc en l>alancer l'autorité, et il se flatta d'y réussi? , en réservant poUr la première seule tout ce qui concerne le ministère de la religion, celui de la justice et celui de la police. Mais ses précautions n'assurèrent pas l'équilibre . qu'il voulait établir. Les laboureurs et les artisans , plus puissans par le nombre, devaient se rendre maîtres de la république toutes les fois qu'il se trouverait parmi les nobles des citoyens qui , jaloux du commandement , se détacheraient de l#ur corps ^ur s'attacher au peuple. Ce gouvernement renfermait donc un germe de faetions : il tendait à l'anarchie , et l'autorité devait passer continuellement d'une main dans une autre. En effet Thésée lui-même , victime d'un parti qui s'éleva contre lui , fiit banni d'une ville dont il avait été le second fondateur.

rouoi le ' C'est principalement sur le siècle de Thésée cme *^*'"'*'"*^ tes Grecs se sont plu a répandre un ma:^euleux

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qui fait connaître leur esprit et leui* caractère. Sans entrer néanmoins à cd sujet dans aucun détail , je me contenterai d'observer les circonstances qui ont pu donner lieu à tant de fables.

Si les Titans furent pris pour les dieux qu'ils avaient apportés, c^ne fut qu'une méprise involontaire. Cécrops 9 Cadmus et Danaùs , malgré les services qu'ils avaient i^ndus, ae passèrent jamais que pou^ des rois. Pourquoi dope, dans des taoïps postérieurs , tous les grands hommes sont-ils autant <^e demi -dieux? Pourquoi semble-t-il que les Grecs veuillent absolument s'y méprendre?

Dans l'établissement des colonies , et long^mps après , il n'y avait, comme nous l'avons remarqué, aucune communication entre les provinces de la Grèce. Les troupes sauvages répandues de. coté et d'autre ignoraient chacune ce qui se passait hors de leur canton.

Les choses étant ainsi , la réputation de Cécrops , de Cadmus et de Danaûs ne pouvait pas encore s'étendre. EUes'airétait, pour ainsi dire,auxbornes de leurs petits états. On conçoit donc que, n'étaat connus que deieurs sujets , ils ne pouvai^ent passer que pour des rois. Or ^ ce titre étant le seul qui leur avait été donné , la postérité ne leur en donna pas d'autres. Il arriva seulement que les évéaaemens les plus simples, transmis avec des eiq>res* sions équivoques ou figurées , &u*eat une pc^^asion d'imaginer des prodiges dont on embellit teiu* règne.

Dans la suite , la face de la Grèce changea* Comme il y euf plus de peuples policés , il y eut aussi plus de communication entre les provinces. I^es hommes qui se distinguèrent , eurent donc un plus grand théâtre ; leurs noms furent portés d'un peuple chez l'avitre , et leurs faits, plus racontés, furent phis embellis.

Dans le système de la théologie païenne, les dieux étaient sujets à toutes les passions humaines* Ils pouvaient donc aimer des mortelles, et par conséquent un homme pouvait avoir un dieu pour père. Rien n'était plus confomie au préjugé introduit par la méprise qui avait confondu l'histoire des dieux avec celle des Titans.

Cependant je ne présume pas que la première erreur de cette espèce ait été l'effet d'un mensonge prémédité; je croirais plutôt qu'elle est venue de quelque expression figurée qui, passant de bouche en bouche, aura été mal interprétée. En effet , quoique les Grecs parlassent tous la même langue, chaque peuple avait cependant son idiome ; et par conséquent les mêmes expressions n'étaient pas entendues partout de la même manière. Par exemple, lorsque pour faire entendre qu'un homme était arrivé par mer, on a dit qu'il était fils de Neptune , n'a-t-on pas dû faire tomber les Grecs dans l'erreiu» de croire qu'il était réellement le fils de ce dieu?

Voilà donc un demi-dieu. Or , si on croit k un ,

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on pourra croire à beaucoup d'autres. Il sera donc facile alors d'abuser de la crédulité des peuples. On en abusera par conséquent , et l'Olympe peuplera la terre de demi-dieux. Aussi* la Grèce en offre un ^and nombre dans le même siècle.

Il est naturel que le fils d'un dieu fasse des choses extraordinaires. C'est même cequ'on attend de lui; et si toutes ses actions étaient dans l'ordre commun , il les faudrait raconter avec de^ circonstances fabuleuses pour les rendre vraisemblables. Il ne s'agit plus que d'imaginer comment des feits fort simples ont pu se défigurer, et devenir des prodiges dans la bouche de ceux mêmes qui n'avaient pas dessein de tromper.

Dans ce siècle , pendant qu'une partie de la Grèce travaillait à se policer, une autre partie résistait encore au joug des lois. Les sociétés civiles avaient donc à se défendre contre des chefs de troupes errantes, qui vivaient de brigandages , et elles avaient encore à combattre les bétes féroces qui infestaient les campagnes. Or, ayant toutes le même intérêt à détruire ces ennemis communs , elles ne pouvaient manquer d'accorder la plus grande considération aux citoyens qui les allaient chercher pour les vaincre , et qui revenaient avec la victoire. Tous les héros se sont signalés dans ces sortes de combats; et leur célébrité est un monument de l'état où était alors la Grèce.

Ils auraient été moins célèbres, si dans le récit

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de Jeurs exploits, un brigand n'eût été qu'un brigand, et une béte féroce n'eût été qu'une béte féroce. Mais plus on redoutait ces ennemis, plus rimaginatiorr s'appliquait à les peindre redoutables^ Elle ne trouvait point de termes assez forts , elle employait les expressions les plus exagérées, elle les accumulait les unes sur les autres, et le merveilleux s'établissait.

Dès que le meryeilleux commence , il fait des progrès rapides. Chaque instant le produit sous de nouvelles formes : l'ignorance le saisit, la cuciosité en devient avide, et la*crédulité lui donne toute la réalité qui lui manque.

Les héros n'avaient garde de détruire des erreurs qui contribuaient à leur gloire. Leur naissance demandait d'eux des exploits extraordinaires; la renommée , qui publiait leur victoire , ne permettait pas de les mettre au nombre des choses communes, et le merveilleux devenait vraisemblable.

povrqooi, «. La Drise de Troie est l'époque où la Grèce cesse XnJt*aJ*«m ^^^^ ^ c^^P ^^ produire des demi-dieux. Ce n'est tout à co«p. p^ qu'elle fut moins crédule ; mais, en considérant les -circonstances où elle se trouvait, nous concevront que de pareilles fables ne pouvaient plus avoir coi^.

Les Grecs n'avaient pris les armes que pour venger l'affront fait à Ménélas. Ils n'avaient pas projeté de faire des établissemens en Asie- Ils ne

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voulaient pas conquérir Troie , iU ne voulaient que la détruire. Cependant l'absence des principaux chek de la Grèce ramena la licence et les désordres. Les villes furent troublées par des dissensions , elles perdirent les citoyens que chassaient les factions puissantes , et les peuples recommencèrent à errer de contrée en contrée , et à viyre, comme autrefois, de brigandage.

La prise de Troie a donc été iîineste aux Grecs 'comme aux Troyens. Les vainqueurs , divisés et victimes de leurs dissensions , ne retirèrent de leur entreprise qu'un butin qui fut bientôt dissipé. Les uns périssent p^ la tempête : les autres sont jetés sur des rivages étrangef*s ; et s'il en est qui reviennent dans leurs états , ils sont , poifr la plupart , assassinés ou chassés^ Tel fut le sort de ces héros : les malheurs qui les suivent ne fournissent pas matière ati merveilleux.

Cependant les soldats, accoutumés au pillage, ne sont plus capables de redevenir citoyens. Les pirates infestent les mers ; les brigands infestent ks campagnes; toute communication .est interceptée ; les jeux cessait, et la Grèce, épuisée, parait sans mouvement. Les circonstances qui suivent la guerre de Troie , sont donc tout-jhfait différentes de celles qui l'ont précédée. Mais une nouvelle guerre va rendre le mouvement à la Grèce. Pouj en expliquer la cause , il faut prendre les choses de plus haut.

HrfwdîJn. Fi- Pérsée , fondateur de Mycènes , avait laissé là ^euqae epro- ^^^p^j^j^ç ^ ÉlectTion , soii fils. AmphitTyoïi ,

petit-fils de Persée par Alcée, avait épousé Alcmèney fille d'Électrion, et aurait dû succéder à son beaupère. Mais , ayant eu le malheur de le tuer involontairement , il fut obligé de se retirer, et d'abandonner la couronne à son oncle Sthénélus , firère d'Électrion. Par cette usurpation , Hercule , fils d'Amphitryon et d'Alcmène , fut exclus du trône de Mycènes.

Vous verrez dans la fable les dangers auxquels Eurysthée, fils et successeur de Sthénélus, exposa ce héros. Il en poursuivit les enfans , et déclara la guerre aux Athéniens, qui leur avaient donné asile : mais il perdit la bataille et la vie.

Cette mort ouvrit le Péloponèse aux Héra- . clides ; mais lorsqu'ils s'étaient rendus maîtres de presque toutes les villes , l'oracle , consulté sur une peste survenue , répondit que ce fléau ne cesserait qu'après qu'ils se seraient retirés.

Ils se retirèrent : cependant, trompé par les expressions ambiguës de l'oracle , Hyllus , fils d'Hercule , revint au bout de trois ans , et fut tué dans un combat singulier, qu'il proposa pour épargner le sang des deux partis. On était convenu que s'il était vaincu , les HéracUdes ne reviendraient dans le Péloponèse qu'après cent ans.

Ce terme étant expiré , Téménès , Cresphonte et Aristodème , descendans d'Hercule par Hillus ,

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revinrent dans le Pëloponèse quatre - vingts ans après la guerre de Troie , lorsque Tésamène , fils d'Oreste , régnait sur Argos , M ycènes et Lacédémone. Vainqueurs de ce prince , ils partagèrent leurs conquêtes. Cresphonte régna à Mycènes , Téménès à Argos ; et Aristodcane étant mort pendant la guerre , Sparte fut le partage de ses deux fils.

Les troupes des Héraclides étaient en grande partie composées des Doriens de Thessalie, peuple grossier qui , ne connaissant d'autre métier que la guerre, ramena la barbarie, et mit toute la Grèce dans la nécessité de prendre les armes. D'anciennes villes fiirent détruites , de nouvelles furent fondées : les peuples refluèrent les uns sur les autres ; et plusieurs , forcés d'abandonner leur ancienne patrie, en cherchèrent une nouvelle dans les îles ou siw les côtes de l'Asie mineure.

Dans ce mouvement général , tous les peuples se trouvaient séparément trop faibles, pour qu'aucun d'eux pût s'établir solidement. Les dissensions étaient au dedans des villes , des ennemis étaient au dehors ; et on gémissait sous la tyrannie des rois, qui, étant montés sur le trône dans des temps de troubles , croyaient ne pouvoir se maintenir qme par la violence.

Cependant les guerres continuaient : les rois ^ .1^ «y

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eux-mêmes les faisaient dîirer, parce qu'elles les rendaient nécessaires. Mais enfin les désordres

lieoM aux Greci.

devaient avoir un terme , et ce terme devait être funeste aux rois. Ils devinrent presque tout à coup l'objet de la haine des peuples , qui , les regardant comme les auteurs des malheurs publics , se lassèrent d'être les victimes de leur ambition , et se* couèrent le jou|;. Thèbes en avait donné le premier exemple après la mort de Xantus, et quelque temps après les Athéniens déclarèrent qu'ils ne reconnaissaient d'autre roi que Jupiter. La circonstance où ils abolirent la royauté fait voir combien elle était devenue odieuse.

Les Héraclides leur ayant déclaré la guerre , l'oracle, qu'ils avaient coDçsulté, suivant l'usage, les assura du succès de leur entreprise , s'ils ne tuaient pas Codrus , alors roi d'Athènes. En conséquence ils ordonnèrent de respecter les jours de ce prince : mais G>drus , qui veut se dévouer pour sa patrie, se déguise en paysan : il échappe à la vigilance de ses sujets , qui l'aimaient et qui veillaient sur lui : il passe dans le camp des ennemis ,• et il insulte un soldat, qui lui ôte la vie. Les Hà:*aclides alors , n'osant hasarder un combat , se retirèrent. . »

Les deux fib de Codrus , Médon et Nilée , se disputent la couronne : mais , quoique les Athéniens pleurent le père , ik ne veulent pour roi ni l'un ni l'autre. S'ils sentent ce qu'ils ont perdu , ils sentent aussi ce qu'ils ont à craindre ; et , considérant l'oppression où ils voient tous les pcu-

pies , ils proscriT€ïnt la royauté. Seulement , en niL^moire de Codrus, à qui ilsdéfèrent les honneurs héroïques , ils confient à Médon la première magistrature sous le titre d'archonte.

Voilà l'époque où commence la république d'Athènes. On ne saurait dire quel était précisément le pouvoir du premier magistrat. Il parait avoir été trop faible pour réprimer les excès de la démocratie. Jaloux de la liberté, et trop peu éclairés pour la concilier avec la soumission aux lois , les Athéniens n'ont pensé qu'à prendre des précautions contre l'abus de l'autorité , et ils en ont pris de si grandes , qu'ils seront long-temps exposés à tous les désordres de l'anarchie.

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