nt d'^ Il n'est pas possible de suivre toutes les révo
Indier Sparte et ^ 7 7 .
AthèM*. lutions qui naissaient de ce désordre : elles sont peu connues : on voit seulement qu'elles étaient à peu près les mêmes partout , parce que partout le même esprit dominait. Toutes les républiques de la Grèce étaient déchirées par des factions , et l'amour de la liberté luttait continuellement avec l'ambition des citoyens qui aspiraient à la tyrannie.
Raidesparit D'aiUcurs l'histoire de toutes ces villes n'est
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pas également intéressante. Celle de Lacédémone et celle d'Athènes sont les plus instructives ; et il suffira d'observer ces deux républiques , pour juger de ce qui se passait dans les autres.
Nous avons vu que le retour des HéracUdes
oirfve.
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donna deux rois aux Lacédémoniens. Euristhène «t Proclès , fils d'Aristodème , régnèrent conjointement ; et cette forme de gouvernement ayant subsisté après eux, le sceptre se conserva dans deux branches , pendant neuf cents ans ou environ.
Cependant Euristhène et Proclès , jaloux l'un de l'autre , n'avaient jamais pu ni s'aimer ni s'accorder ; et la même mésintelligence passa à leurs descendanSf Ainsi Sparte eut dans ses deux rois deux chefe de partis , qui , cherchant à l'envi la faveur du peuple , firent mépriser leur autorité et leur personne. C'est dans ces teriips d'anarchie et de licence que parut Lycurgue. Appelé au trône après la mort de son fi:'ère aîné, qui n'avait point laissé d*enfans mâles , il régna : mais la reine , sa belle-sœur, ayant au bout de trois mois accouché d'un fils , il remit la couronne à cet enfant. Libre alors, il voyagea en Crète, en Asie éi en Egypte , afin d'observer les gouvernemens , et de se préparer à réformer celui de Lacédémone. Il jugea encore à propos de s'éloigner, pour ôter tout fondement à la crainte qu'on avait de son ambition , et que ses ennemis surtout affectaient de montrer.
En effet , son absence dissipa les soupçons : elle fit même sentir le besoin qu'on avait de ses vertus et de ses lumières. Il fut .donc désiré , et il se rendit aux vœux de ses "concitoyens.
vu. y
9^ UiSTOlRK
UftisutionJe Dans le dessein de remédier aux désordres qui déchiraient sa patrie , il jugea qu'il fallait remonter à la source d^s maux : en conséquence il se proposa une réforme entière du gouvernement. Une pareille entreprise demandait de grandes précautions : il importait surtout d'avoir l'aveu des dieux, et l'oracle de Delphes fut consulté. La Pythie appela Lycurgue l'ami des dieux , presque dieu , et l'assura que le gouvernement qu'il établirait serait le plus parfait qu'on eût jamais vu. C'est alors qu'assuré des principaux citoyens, il se rendit en armes dans la place publique, et fit la réforme telle qu'il l'avait projetée.
il créa un sénat composé de vingt-huit membres électife. Ce corps, placé entre les rois et le peuple, était tout à la. fois une barrière à la tyrannie et à l'anarchie ; s'unissant aux rois , lorsqu'il fallait réprimer la licence du peuple ; s'unissant au peuple , lorsqu'il fallait réprimer le despotisme des rois.
La souveraineté résidait proprement dans le peuple. C'est dans ces assemblées que se faisait l'élection des sénateurs , et qu'on prenait les dernières résolutions. Le sénat n'avait que le droit de délibérer sur les affaires : il en rendait compte , et ses avis pouvaient être rejetés comme approuvés.
Quant aux deux rois , ils présidaient au sénat , ils avaient double suffrage , ils étaient les géné-
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raux de la république. Mais d'ailleurs leur pouvoir était très-limité, jusqucirlà qu'à la tête des troupes ils ne pouvaient rien entreprendre sans l'avis d'un certain nombre de citoyens, qu'on choisis sait pour veiller sur eux. En un mot , on ne paraissait avoir conservé le trône aux deux branches des Héraclides , que pour ne pas le laisser vacant , et pour ôter aux autres citoyens l'espérance d'y monter. D'ailleurs l'autorité que la loi donnait également aux deux rois, était dans le fait inégale , parce que l'un des deux avait toujoin*s plus que l'autre le talent de l'attirer à lui. Elle devenait donc pour eux une source de jaU)usie , et par^-là deux rois étaient m'oins redoutables qu'un seul.
Pour établir une parfaite égalité parmi les citoyens, Lycurgue fit un nouveau partage des terres ; et, bannissant les richesses, les arts et le luxe , il substitua une monnaie de fer aux monnaies d'or et d'argent.
Il ordonna que tous les citoyens mangeraient ensemble : les rob mêmes iureot soumis à cette loi. Par-là l'égalité devenait plus sensible : les nœuds qui unissaient les citoyens se resserraient : .tous s'accoutumaient à, la méiQe frugalité , et les richesses devenaient tous les jours plus inutiles.
Enfin Lycurgue , jugeant que les enfans appartenaient à l'état, jugea aussi que c'était à l'état à
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les élever. Tous eurent donc la même éducation : tous se formèrent de bonne heure aux mêmes mœurs; et les lois^ qui se gravaient dans les âmes, n'eurent pas besoin d'être écrites. Aussi ce législateur ne les écrivit pas.
En formant ce gouvernement, l'objet de Lycurgue avait été de partager en quelque sorte l'autorité y et de balancer les pouvoirs les uns par les autres.
Le sénat, établi pour maintenir l'équilibre entre les rois et le peuple , était dans l'impossibilité d'usurper la tyrannie. Les deux autres puissances réunies par un intérêt commun , auraient facilement réprimé ce corps dont les membres étaient électifs. Il ne pouvait avoir d'autorité , qu'autant que toutes ses vues se dirigeaient au bien public, ïl fallait qu'il devînt l'âme de la république ; et , pour cela , il fallait qu'il en méritât la confiance: l'abus de la puissance n'eût pas été respecté en lui , non plus que dans les rois.
Le peuple tout seul ne pouvait rien : parce que tout le peuple est faible lorsqu'il est sans chef. D'ailleurs il n'était point de son intérêt de s'iinir au sénat pour abaisser les rois , ni aux rois pour ababser l^sénat. 11 lui impdîrtait que ces deux puissances fussent redoutables l'une à l'autre , et qu'aucune ne prévalût : sa liberté en dépendait.
Les rois enfin , encore plus faibles , n'avaient d'autorité que comme chefs de la république ; et.
AÎTCIEWICE. loi
ea cette qualité , ils avaieijt également à ménager et le peuple et le sénat.
Aucune de ces puissances ne pouvait donc usurper l'une sur l'autre. C'est ainsi que Lycurgue, en combinant la monarchie, l'aristocratie et la démocratie, forma un gouvernement qui avait • les avantages des trois , sans a^^ir les inoonvéniens d'aucun. Mais ce qui contribua*surtout à maintenir l'équilibre , c'est la pauvreté , c'est qu'à Sparte les ^es ne pouvaient être vénales.
Il est vraisemblable que le sénat ayant gagné . ^^^•■«•'^;* la confiance par sa conduite , ses décrets étaient Jj;!^. • ^^' d'ordinaire confirmés dans l'assemblée du peuple ; et c'est alors que le roi Théopompe , jaloux de l'influence de ce corps , et désirant d'y mettre des bornes , imagina de donner des chefe au peuple , et créa de nouveaux magistrats qu'on nomma éphores. Cette innovation est d'environ cent trente ans après Lycurgue.
Les éphores furent au nombre de trois. On les changeait tous les ans. Élus par le peuple , ils en étaient les protecteurs. A ce titre , ils devinrent les juges des magistrats^ des sénateurs et des rois. Ils se faisaient rendre compte de l'administration : ils cassaient les sénateurs : ils condamnaient les rois à l'amende : ils les pouvaient faire arrêter. Tous les mois , les rob j.uraient solennellement de se conduire suivant îes lois , et les éphores promettaient de lesmaintenir , tant qu'ils seraient
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fidèles à leur serment. Il est évident que , dans une république où Ton aurait connu les richesses , de pareils magistrats auraient pu causer de grands désordres.
Mais Sparte était pauvre. C'est pourquoi le» éphores n'étaient puissans qu'autant qu'ils se bornaient à être les protecteurs du peuple; et le* peuple, content d'être protégé, n'ambitionnait rien au delà. Un éphore qui eût montré de l'ambition eût été perdu. On respectait les droits du sénat , on respectait ceux des rois. L'opinion ne permettait d'attenter ni aux uns ni aux autres ; et ces droits restaient, lorsque les éphores en réprimaient les abus.
Lyrarne n'a Spartc^ était pTopremeut un camp , où les ci*
pas voulu que * * * *
fÔUalîiniï" toyens, abandonnant aux esclaves la culture des terres, s'exerçaient uniquement au métier des armes. Accoutumés, pendant la paix, à une dis* cipline dure et sévère , la guerre était pour eut un temps de repos. Maisf Lycurçue ne les avait armés que pour leur défense. Il leur avait interdit toute conquête : il leur en avait ôté les moyens : il ne leur avait laissé que la gloire d'être libres et de donner la liberté. Tant qu'ils conservèrent cet esprit , ils jouirent de la plus grande considération ; et ils auraient obtenu une sorte d'empire sur la Grèce , s'ils s'étaient toujours bornés à se regarder comme les protecteurs des peuples opprimés.
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Je n'entrerai pas pour le moment dans de plus grands détails sur le gouvernement de Lacédémone : nous aupons' occasion d'y revenir. Je remarquerai seulement que Lycurgue parait l'avoir formé d'après les circonstances où se trouvait alors la Grèce : circonstances qui paraissaient interdire toute conquête aux peuples , et qui bornaient leur ambition à être libres. La législation de Lycurgue est de 87 a ans m^nt J. G.
Sparte a eu plusieurs guerres dans cette période. ^ Go«m. st^
i S^ ^ A Spartiates dan$
La première , sous Agis , fils d'Euristbène , réduisit ^nïd?.^* '*"* les Ilotes en esclavage* Lycurgue ne brisa pas leurs fers. Il semble néanmoins qu'il eût été plus avantageux à la république de les avoir pour citoyens que pour ennemis. Les autres guerres sont postérieures à ce législateur , et il y en a quatre. Dans la première , les Spartiates , s'étant flattés y sur la foi d'un oracle équivoque, de mesurer au cordeau le territoire des Tégéens, allèrent au combat avec une provision de cordes, qui servirent à garrotter les prisonniers qu'on fit sur eux. Ils terminèrent, par la ruine entière d'Ithome, la seconde , qui fiit contre les Messéniens , et qui dura vingt ans. Elle se passa sous Théopompe. Une troisième se fit soi» le même roi , au sujet d'un champ sur lequel les Argiens et les Lacédémoniens formaient également des prétentions. Les deux armées, étant en présence, convinrent, pour <5pargner le sang , de vider leur querelle , en n'ex-
posant de part et d'autre que trois cents champions ; et le choix ayant été fait , elles se retirèrent. Le combat entre ces deux troupes fut si violent , qu'il ne resta qu'un seul Lacédémonien et deux Argiens , qui , jse croyant vainqueurs , coururent en porter la nouvelle à Argos. Mais le Lacédémonien , s'étant saisi des dépouilles des ennemis ^ resta sur le champ de bataille , et, par cette raison , prétendit aussi avoir eu la victoire. Il fallut donc en venir à une action générale : elle fut à l'avantage des Lacédémoùiens.
La dernière guerre, dont il me reste à parler, commença la dernière année de cette période, et dura quatorze ans. Elle fut encore contre les Messéniens. C'est dans cette occasion que l'oracle de Delphes, consulté par les Spartiates , leur ayant ordonné de prendre un Athénien pom* chef, ^ Athènes leur offrit le poète Tyrthée , rie voulant pas leur donner un bon général , et n'osant pas non plus désobéir à l'oracle. Ce poète , plus utile qu'on n'avait cru , rendit le courage aux Lacédémoniens; et les Messéniens, chassés de toutes leurs places , allèrent s'établir en Sicile , où ils donnèrent à la ville de Zancles le nom de Messène , aujourd'hui Messine.
AOi^neia»* Dans cette période, Athènes n'offre qu'une
le conrs de c«tt« , ir* ii» • ▼>!
période. suite de factions et de dissensions. Larcnontat, perpétuel et héréditaire pendant 33 1 ans, devint électif, et sa durée fiit réduite à dix. Cependant
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on se fit une loi de continuer de prendre les archontes dans la famille de Médon : la mémoye de Codri43 vivait encore , et faisait aimer sa postérité. Enfin il y avait quatre cents et quelques années que les Médontides gouvernaient, lorsque les Athéniens, toujours plus jaloux de leur liberté, partagèrent entre neuf archontes la puissance qu'ils ai^Bit jusqu'alors confiée à un seul , et bornèrent cette magistrature à une seule année d'exercice.