CHAPITRE XV
Observatioiis sur la cinquième p^iode^ Dans le cours de cette période, la guerre la ud<«ocMii«
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plus considérable est celle que les Spartiates ont Jg*i^,ti*^]" faite aux Messéniens. D'ailleurs les républiques, ûïgîaîS.^*"* occupées à se former, et à se donner des secours contre les tyrans , ont rarement fait des entreprises les unes sur les autres. Pendant cette paix, la Grèce se peuplait , et prenait des forcés.
Il est vrai que les villes étaient troublées par des dissensions continuelles. Sans lois, gouvernées par des usages, elles ne pouvaient prendre une forme assurée , et les révolutions se succédaient comme les factions , qui ne cessaient de se reproduire.
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Mais quelque yicieuse que soit la démocratie , ette n'a pas dans de petites républiques les mêmes inconvéniensque dans de grands états. Elle y produit des dissensions, plutôt que des guerres ciriles; et c'est par des brigua , plutôt que par les armes , qu'on usurpe de l'autorité. Comme le parti qui , succombe est bientôt sans ressourc^^le parti supérieur, s'il a pris les armes , les qul^^bientôt. Il ne lui faut qu'un combat , il ne lui faut que se montrer pour dissiper ses ennemis. Il a même intérêt à les ménager ; et sa vengeance ne tombe que sur les chefs, qui lui échappent facilement par un exil volontaire. . *
Maître de la république , le tyran n'ignore pas qu'il commande à des citoyens : il sait que , jaloux de leur liberté , ils portent impatiemment le joug; et il voit qu'on peut lui enlever le ^eptre avec la même facilité qu'il s'en est saiài. Il lui importe par conséquent de faire aimer son administration; et il met tout son art à persuader aut: citoyens qu'ils sont libres encore , et qu'ils se gouvernent euitHnêmes. Il parait donc que , dans le cours de cette période , les peuples de la Grèce n'ont pas été exposés à de grandes vexations.
L*Grtc«,qiii Aussi remarque «^t* on ctae la potmlation des
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uiîjîîfl?dr.îî villes s'accrut au point, que leur territoire ne *"' pouvait pliis suffire au nombre des habitans. Si , dans une pareille conjonctinre , elles avaient entrepris de reculer leurs frontières, les peuples
auraient encore reflué les uns sur les autres ; et on aurait vu une révolution semblable à celle qu'avait produite le retour des Héraclides.
Mais , toutes ^galçment puissantes , ou à peu près , chacune était trop faible ^our une pareille entreprise. Lie sol même opposait des obstacles aux conquêtes : les montagnes étaient des barrières ; et si l'on pouvait les franchir, il était difficile de faire au delà des établissemens solidet. Ajoutons à ces raisons que l'idée de conquérir ses voisins ne pouvait s'offrir à des peuples aCxîou*^ tumés à respecter mutuellement leur liberté.
Il ne restait donc aux villes de la Grèce d'autre ressource que de former des colonies. Elles y étaient invitées par l'état florissant des peuplades qui avaient été forcées à s'établir dans l'Asie mineure; et la nécessité de se débarrasser du superflu de leurs habitans leur en faisait même une loi. Non-seulemenff c'était une occasion d'éloigner les esprits inquiets, qui pouvaient causer des troubles , c'était encore un moyen de former des établissemens qui pouvaient être avantageux.
Les colonies devinrent donc un des principaux Le* coiooie*
*■ *^ sont pour «lie VD
objets dcf la politique. S'il y avait de l'inconvé- Sl^ïï^jSit?^'
nient pour une ville à se priver d'une partie de
ses citoyens, c'était un mal nécessaire : il s'agissait
pour elle de ne les pas perdre tout-à-fait , et pai*
conséquent de se les tenir attachées par quelques
liens.
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Dans cette vue, on déterminait les droits respectifs des métropoles et des colonies. On réglait ce qu'elles se devaient réciproquement les unes aux autres : on en dressait un acte authentique : et , pour rendre ces préliminaires plus solennels et plus sacrés , on les accompagnait de sacrifices et d'autres cérémonies religieuses.
La métropole fournissait à ses colonies les armes et tout ce qui était nécessaire à leur établissement. Elle leur donnait des généraux , des magistrats , des ministres du culte , et elle s'engageait à leur continuer sa protection. Vqilà les titres qui fondaient ses droits.
En conséquence, les colonies étaient dans l'obligation d'aller au secours de leur métropole avec toutes leurs forces, d'ouvrir leurs ports àses flottes, leur territoire à ses armées, et de rompre au besoin toute autre alliance.
Sans entrer dans un plus grdnd détail à ce sujet , vous prévoyez que les colonies resteront attachées à la métropole, tant qu'elles seront trop faibles pour ne pas sentir le besoin d'en être protégées. Alors la métropole en retirera de grands secours ; et elle sera d'autant plus puissante, qu'elle aura fondé un plus grand nombre de colonifes.»
Cet usage , d'abord avantageux aux villes de la Grèce , sera donc tous les jours plus suivi. Elles mettront leur gloire à donner naissance à de nouvelles villes : cette fécondité deviendra l'objet de
leur ambition ; et cet esprit écartera encore loin d'elles toute idée de faire des conquêtes les unes ^ur les autres.
Cependant l'utilité qu'elles retirent de leurs ^(••J^^; colonies ne peut être que passagère. Ces nouvelles lô^îL'^ârpîîI républiques , une fois affermies , se feront des in- p^nen. "^^ térêts conformes à leur situation , et oublieront par conséquent leur métropole. La reconnaissance ne passera donc pas d'une génération à l'autre : les dernières générations jugeront que les premières les ont acquittées : et elles n'imagineront pas qu'il soit de leiu* devoir de se sacrifier, lorsqu'elles n'en retireront aucun avantage.
Il n'y a qu'un intérêt commun qui puisse unir plusieurs républiques : et pour avoir cet intérêt , il faut qu'elles aient les mêmes ennemis. En effet nous verrons que les colonies politiques qui se sont établies en Sicile et en Italie, prendront peu de part aux guerres que les Perses feront aux Grecs. Les colonies , au contraire , de l'Asie mineture , armeront pour la Grèce contre la Perse ; et cependant ce sont des peuples que la révolution des Héraclides a chassés de leur première patrie , et qui par conséquent n'ont contracté d'engagement avec aucune métropole.
A la population de la Grèce , et aux nouveaux ^f^^ïiJÏJ; établissemens qu'elle fait dans cette période , vous EVe V«''«iii!
, , , ,. Ter W» Uaax.
pouvez juger, Monseigneur, que les républiques ^' ont abondamment pourvu aux besoins les plus
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nécessaires, et que par conséquent nous ne > sommes pas loin des temps où les Grecs, se faisant des besoins superflus , doivent cultiver les beaux-arts. Quelques années avant la législation de Lycurgue, c'est-à-dire 884 ans avant J. C, Iphitijs , descendant d'Hercule , avait renouvelé à Olympie ces jeux célèbres où tout concourait à répandre l'émulation et l'amour de la gloire. Comment donc les talens ne prendraient-ils pas l'essor parmi des peuples qui aiment les nouveautés , et surtout aiment à applaudir ? Dès lors l'Asie mineure avait déjà de grands poètes : Hésiode et Homère vivaient dans le siècle qui a précédé celui de Lycurgue; la Grèce, depuis ce législateur, commençait à les connaître; et avec quel empressement ne devait-elle pas rechercher des poèmes aussi intéressans pour elle que ceux d'Homère ? Quand on rapproche toutes ces circonstances, on voit qu'elle se prépare elle-même à produire des poëtes. C'est en efifet sur la fin de cette période qu'elle commence à cultiver la poésie avec quelques succès.
Ancien NE. 1 1 1