CHAPITRE II
Expédition des armées de Darius et de Xerxès dans la Grèce.
Il parait que Mardonius voulut d'abord s'atta- ManTaisMccèf
* •■• M l'expcdilion
dier les Grecs de l'Asie j et prévenir tout soulè- ^ ••"^•-"« vement de leur part. Il est au moins vraisemblable, quoique Hérodote n'en dise rien , que ce fut là le motif qui le détermina à chasser les tyrans , et à rétablir le gouvernement populaire dans toutes les villes grecques. Après avoir pris cette pré- j.^ •"""•"'' ▼II. ,1
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caution , il passa en Çurope , traversa la Thrace , pénétra dan» la Macédoine, et tout se soumit. Mais sa flotte, assiâUie d'une tempête lorsqu'elle doublait le mont Âthos , fut dispersée. Il perdit trois /Cents vaisseaux et plus de vingt-cinq mille hommes^ Danâ le temps même, son armée de terre , qui campait avec peu de précaution , fiit attaquée pendant la nuit par les Briges , peuple de Tltf ate. 11 fat blessé lui-même : il perdit encore bemcoup de monde , et il repassa l'Hellespont.
ri« «""ortc?** Apres cette première tentative ; qui avait si mal réussi, Dariua envoya des hérauts demander la teire et l'eau à toutes les villes de la Grèce : c'était les marques deaoumîssion que donnaient aux rois de Perse les peuples qui s'avouaient leurs sujets. Athènes et Sparte firent saisir chacune les hérauts qui leur avaient été envoyés : l'un fut jeté dans un poits , Vautre dans une fosse , et on leur dit de prendre là ce qu'ils demandaient; violence qu'on ne saurait cMuser.
parmikTSl^' D'ailleurs t^btes les îles et la plupart des villes du continent accordèrent la terre et l'eau. Elles étaient effrayées de la puissance des Perses f et c'était la seide chose qu'on pût raisonnablemeot leur rq^MTOcher. Les Athéniens , cependant, parce qu'ils étaient ennemis des Éginètes, les accusèrent de vouloir trahir la Grèce ; et ils engagèrent les Lacédémoniens à se saisir de ceux qu'ils regardaient comme les auteurs de cette prétendue tra-
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hison. Les Éginètes les ayant refiisés à Cléomène ^ sous pf éteinte qu'il n'était pas tenu avec son collègue Démarate, ce roi, qui sut que Démarate leur avait lui-même suggéré ce prétexte , l'accusa de n'être pas du sang des HéracUdqs : la prétresse de Delphes, qu'il suborna, confirma cette accusation ; et Démarate , chassé du trône , se retira auprès de Darius. Alors Léoty chidas , .qui lui succéda , passa en £gine avec Cléomène : ces deux rois saisirent dix des principaux dtoyens de cette île , et les livrèrent aux Athéniens. A ces dissensions on pouvait craindre pour les Grecs le sort des Ioniens. £n effet , le plus difiicile pour eux ne sera pas de vaincre les Perses : ce sera d'agir de concert pour la liberté commune.
Darius rappela Mardonius, et donna le com- ^^n mandement de ses troupes a Datis, Mede, et a à*ï>Mri*». Artapherne , fils de celui que nous avons vu satrape de Sardes. Ces deux généraux mirent à la voile avec six cents vaisseaux. Ils avaient ordre de réduire en cendrçs Éréme et Athèpes , d'en faire prisonniers tous les habitans, et 4e les en* voyer à Suse.
La flotte des Perses tomba d'abord sur Kle de ,Sî J^f,"u Naxe. Elle brûla la ville, et emmena en captivité *""" tous les habitans qui ne fiiirent pas dans 1^ montagnes. Elle parcourut ensuite les autres îles^ et, après s'en être assurée, elle aborda en Euhée.
Les Athéniens y avaient envoyé quatre mille i^^uf.r*""*''
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hommes , qui se retirèrent presque aussitôt. Eschines , un des pi^miers d'Érétrie , les engagea lui-même à ne pas rester. En efFet leur secours eût été inutile. Les <1ivisions des Érétriens , et les traîtres qui étaient parmi eux , ne laissaient aucune espérance. Dans cette position , Érétrie ne i^ista pas long-temps : les Perses s'en rendirent msuti^es après un siège de sept jours ; ils la brûlèrent, et ils envoyèrent les habitans à Darius, qui les établit dans un village à huit ou dix lieues de Suse. ^