‹ Œuvres completesChapitre 24 sur 72 · La ruine d'Érétrie paraissait le présage de la · texte numérisé non relu

La ruine d'Érétrie paraissait le présage de la

ruine d'Athènes; et les Perses, per3uadés qu'ils

umu dt trouveraient dans cette ville les mêmes divisions

MarAlboo.

et la même faiblesse, descendirent avec confiance dans l'Attique. Leur armée était de cent mille hommes de pied et de dix mille chevaux. Datis la commandait , et Hippias la conduisait dans les plaines de Marathon , petite ville située sur le bord de la mer. ^

Les Athéniens annèrent jusqu'à leurs esclaves ; et, secourus de mille" Platéens , il formèrent un corps de dix mille hommes. Quant aux Spartiates, ik ne marchèrent pas encore , parce qu'une superstition qui leur était particulière ne leur permettait de se mettre en campagne qu'après la pleine lune.

L'armée des Athéniens avait dix chefs, qui , avaient une égale autorité , et qui commandaient

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alternativement , chacun un jour. On partageait le conunandement , parce qu'on craignait de le confier à un seul ; et parce que les tribus voulaient chacune nommer un général , elles en nommaient dix. A la rigueur, il y en avait même onze : car le commandement de Faîle droite appartenait au trobième archonte , qu'on nommait Polémarque, et qui avait voix délibérative dans le conseil de guerre.

Le plus grand nombre des chefs jugeait qu'il fallait se renfermer dans la ville et attendre l'ennemû Miltiade, au contraire, voulait qu'on* tînt la campagne , et qu'on en vint promptement aux mains. Aristide appuya cet avis : trois autres s'y joignirent encore, et les suffrages furent partagés. Le sort d'Athènes était donc entre les mains de Callimaque , alors Polémarque. Si^les citoyens se renfermaient dans les murs , leur courage pouvait se ralentir, et on avait encore à redouter leurs dissensions; mais on pouv|^ tout attendre de leur intrépidité, si on se h^att de les conduire à l'ennemi. Callimaque se déclara pour ce dernier avis , et la bataille fut résolue.

Le courage ne suffit pas pour vaincre. Il eût été téméraire aux Athéniens de tenir la campagne , si chaque jour ils eussent changé de plan comme de général. C'est néanmoins à quoi ils étaient exposés. Pour prévenir cet inconvénient, Aristide, lorsque son tour fut venu , céda le comHiandement

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à Miltiade. Tous les autres suivirent cet exemple , et ce fut le salut de la république.

Miltiade profite de tous les avantages que lui donne le terrain : il dispose sa petite troupe de manière à faire face , autant qu'il est possible , à toute Tarmée eimemie : il songe surtout aux moyens d'en renverser les deux ailes , pour retomber sur le corps dfe bataille. Tout lui réussit. Les Perses sont en déroute : ils fuient vers la mer ; les Athéniens les poursuivent ; ils leur prennent sept vaisseaux , ils mettent le feu à plusieurs autres. Cynégire, frère d'Eschyle , en saisit un d'une main , on la lui coupe ; il le saisit de Tautre , on la lui coupe encore ; il s'y attache avec les dents. Aristide et Thémistocle se distinguèrent dans cette action. Hippias y (ut tué. les Barbares perdirent 6,3oo hommes , et les Grecs 19a. Les Spartiates , qui arriyèrent le lendemain , virent dans le champ dé Marathon la gloire dont les Athéniens venaient de se couvrir. ^ iro^albîe^'^i Ccttc jouméc dissipa la terreur que répandait îîe7rb«?«S^ le nom des Perses : on vit cette puissance comme un spectre , qui disparait aussitôt qu'on cesse de le craindre. Les Grecs connurent leurs forces: ils sentirent ce que peut la conduite ^ le courage , l'amour de la liberté ; et cette première victoire fut l'avant-coureur des nouveaux triomphes qui les attendaient. Mais si une république comme Athènes est invincible chez elle , vous comprenez

bon.

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aussi (jue , lorsqu'après avoir armé ses esclaves , elle ne met que lieuf mille hommes sur pied, elle ne doit jamais porter la guerre au dehors , à moins que ce ne soit pour combattre des puissances voisines aussi faibles qu'elle. C'est une vérité qu'Athènes ne sentira pas.

Vous voyez , Monseigneur, ce que toute la Grèce ^ SiwïïT"" devait aux Athéniens , et ce que les Athéniensi eux* mêmes devaient à Miltiade. Pom* récompenseï' ce général , la république , dans le tableau qu'elle fit faire de la bataille de Marathon ,:ie représenta à la tête des dix chefs , exhortant les soldats , et leur donnant l'exemple. Ce monument de l'estime publique était aux yeux des Grecs la plus grande récompense. C'est que la considération est de tous les motifs celui qui a le plus de pouvoir sur les âmes libres. Tant qu'elle sera l'unique prix de la vertu , les Grecs auront le même courage , la même intrépidité v<et ils continueront de £iire des pro^ diges. Ils dégénéreront , s'il kur arrive jamais de penser à d'autrçs récompenses.'

Il Êdlait que l'estime publique fikt un aiguillon ^tk^fu "* LVbien puissant, puisque, dans l'espérance de l'ob- rite7"Miânt îû tenir , on se portait aux plus grandes choses ; et ^J* '••'"que cependant cette estime même était k redouter. En effet, si les Athéniens aimaient 1^ hommes de mérite jusqu'au fanatisme , ils les craignaient jusqu'à les bannir. Aucun peuple n'a été plus fier d'en produire, et n'en a plu$ produit : aucun

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peuple aussi ne les a plus persécutés. S'il s'honore de les avoir pour citoyens , il craint de les avoir pour maîtres. Il les élève , il les rejette. A peine il leur a confié l'autorité, qu'il la leur arrache. Ce peuple courageux , qui voit son faible , ne se connaît point d'armes contre de pareils ennemis , et il les éloigne. Voilà les moti£s qui introduisirent l'usage de bannir les citoyens à qui les talens et les vertus donnaient Me l'autorité. Ce bannissement , qu'on nommait otracismey s'est établi sous Clisthène , ou , selon quelques-uns , sous Thésée même '.

ÂSl;^'.Î! Qn n'avait d'abord vu dans Miltiade que le libérateur de la Grèce ^ et son triomphe avait écarté tout autre sentiment. Mais, après les premiers momens donnés à la reconnaissance , on se souvint qu'il avait été tyran dans la Chersonèse. On commença donc à le redouter , et ses ennemis n'attendirent qu'une occasion pour le perdre. Elle se présenta bientôt. ^

Chargé de punir Tes peuples qui avaient favorisé les Barbares , il obtint à cet effet soixante-dix

' n a été en usage dans toutes les villes où le gouvemement était démocratique, soit dans les colonies, soit dans la Grèce. Telles sont Argos, Milet, Mégare, Syracuse. Dans cette dei^ nière, il se nommait pétallsme, et on n'était banni que pour cinq ans; à Athènes, on l'était pour dix. Au reste, ce bannissèment n'avait rien de flétrissant. Il laissait à un citoyen tous ses droits, et fespéranœ d'être rappelé avant le temps fixé par la loi. I

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vaisseaux. Il subjugua plusieurs îles, et parce qu'il échoua devant la principale ville de l'île de Paros, il fut à son retour accusé de trahison par Xanthippe , et condamné à mort par les citoyens qu'il avait sauvés. Tout ce qi\'on put obtenir, fut de commuer la peine en une amende de 5o talens , amende qu'il ne put payer , et pour laquelle il fut mis en prison. Il y mourut d'une blessure qu'il avait reçue à Paros. Les Athéniens auraient dû au moins s'empresser à rendre les derniers devoirs à un citoyen innocent auquel ils devaient tout ; et néanmoins son fils Cimon n'obtint la permission de les lui rendre lui-même , qu'après que ses amis l'eurent mis en état de payer l'amende à laquelle son père avait été condamné.

La défaite des Perses à Marathon ne fit qu'irriter ï>*"~ ^•î* j* Darius. Il aurait jm juger qu'il n'était pas facile p"**'^*de vaincre les Grecs. Mais aux yeux de ce monarque, le courage des Athéniens ne parut qu'une insolence , et leur victoire ly e nouvelle injure à punir. Il résolut de marcher en personne contre eux , et il donna des ordres pour armer tout son empire.

Cependant Thémistocle , qui voyait l'orage se ,„,'î!;f;'^*}jî;!; former, songeait auxmoyensdeIedissiper.il sentit HHJ^Î^é. u que le salut de la Grèce dépendait d'une marine. Il ' ' vit d'ailleurs qu'Athènes , faible sur terre , pouvait être puissante sur mer ; et qu'en tournant toutes ses forces de ce coté , elle se rendrait nécessaire

aux GrecB, redoutable aux Barbares, et supé* rieure à Lacédémone, jusqu'alors la première puissance de la Grèce. Il s'applicjua donc à lui donner cette supériorité. Dans cette vue , il engagea les Athéniens à recommencer la guerre qu'ils avaient déjà faite aux Éginètes , de tous les peuples de la Grèce , le plus puissant sur mer. ^thènes eut bientôt une flotte considérable^

Monde Darioi. Il j avait trois ans que Darius se préparait à faire une nouvelle irruption en Europe , lorsque l'Egypte se révolta ; et il mourut l'année suivante , après un règne de trente-six ans. Il laissa plusieurs

^^SâMafMt enfans : entre autres, Artabazane, faîne des fils qu'il avait eus d'une fille de Gobrias , lorsqu'il était particulier; et Xerxès l'aîné, qu'il avait eus d'une fille de Cyrus, depuis qu'il était roi. Tous deux firent valoir le<trs prétentions, &ans néanmoins prendre les armes, et la couronne resta au dernier. On ne sait, au reste, si cette contestation fut terminée avant ou ^rès la mort de Darius.

xemifiongek Xcrxès marcha la seconde année de son rèime

taire U gntm , *^

a» Grec». coutTC Ics Egypticus , qu*il réduisit. Il ne lui restait plus qu'à porter ses armes contre la Grèce. Tous les préparatife étaient fkits , il y était résolu , et cependant il voulut prendre l'avis de son conseil. C'était trop tard pour consulter , mais assez tôt pour être applaudi , et il voulait qu'on applaudit à ses grands dessins.

Quoiqu'on ne sache pas ce qu'il se dit dkins le

Googl

C»ndoit« ridicule de X«rxès.

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conseil des princes , on sait en géaéral qu'on y flatte d'ordinaire leurs penchans. Il n'est donc pas douteux que Mardonius , comme Hérodote le dit , ou quelque autre , n'ait donné de grandes louanges à Xerxès , ^et ne lui ait répondu du succès de cette entreprise. Mais si Artabahe , oncle de ce prince , eût voulu l'en détourner, il me semble qu'il aurait du faire ses représentations beaucoup plus tôt , et à Darius même. C'est pourquoi je soupçonne Hérodote de l'avoir fait parler. Cet historien ajoute encore à son récit des circonstances beaucoup moins vraisemblables.

Enfin la guerre fut résolue. Xerxès s'allia des Carthaginois y qui s'engagèrent à tomber sur les colonies de Sicile et d'Italie , pendant qu'il tomberait lui-même sur la Grèce. Il vint à Sardes , où il passa l'hiver. De là il arriva sur l'Hèllespont , où il voulut avoir le spectacle d'un combat naval. Il ordonna de donner trois cents coups de fbnèt à la mer y et de la mettre aux feis y en y jetant deux pailles de chaînes ; et il sévissait ainsi contre cet élément, parce que la tempête avait brisé un pont de bateaux qu'il avait fait construire sur l'Hèllespont. Ayant ensuite fait coupw la tête à ceux qui avaient eu la conduite de cet ouvrage , il voulut qu'au lieu d'un pont, on en construisit deux. Enfin , pour achever de vous faire connaître ce roi, que vous mé|>risez déjà , c'est lui qui promit par un édit une réç<mip?nse à celai qui invente-

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rait un nouveau plaisir. Vous voyez qu'avec ixn grand empire , il est fait pour s'ennuyer : vous verrez bientôt qu'avec une grande armée , il est £aiit pour être battu.

danîuSpibS! I^ y ^v^^t deux partis dans la république d*Aqite Ai tau. |.j^^jjçg . ^elui de Tbémistocle et celui d'Aristide. Thémistocle , ambitieux , avait aussi tous les talens qui pouvaient rendre son ambition utile à la patrie. Aristide , avec de grands talens, n'avait pas la même ambition. Il ne voulait que la prospérité de la république. Il lui importait peu par qui elle fut servie , pourvu qu'elle le fut bien ; et il était prêt à céder l'autorité à quiconque serait capable d'en faire un meilleur usage que lui , fut-ce son ennemi. Thémistocle, au contraire , jaloux de toute gloire qui n'était pas i lui, ne dormait plus depuis la bataille de Marathon. Il eût voulu être seul l'âme de la république ; et , ce qui peut excuser son ambition, c'est qu'il m^itait de l'être. Cependant, peu délicat sur les moyens, ce qui était utile lui paraissait toujours juste ; et il souffrait avec peine que la probité d'Aristide lui fermât continuellement les routes qu'il voulait s'ouvrir.

Ces deux hommes ne pouvaient s'accorder; mais, à la gloire desr Athéniens, la vertu d'Aristide eut souvent l'avantage. Ce citoyen mérita le surnom de Juste ; et sa considération fut si grande, que ceux qui avaient des dififerens , abandonnaient les tribunaux, et préféraient de l'avoir

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pour juge. A la représentation d'une pièce d'Eschyle , le tableau que ce poëtê avait fait d'un héros vertueux , fiit aussitôt appliqué à Aristide y et tout le peuple fixa les yeux sur lui. Cependant la £EiCtioil de Tbémistotle donnait à cette vertu les couleurs de l'ambition. S'il n'a pas l'àpparei) de la souveraineté ; disait-on , il en a la puissance : il juge les citoyens , il prescrit des lois. Il fut donc banni. Vous saves le mot de ce paysan , qui , sans le connaître, le pria d'écrire lui-même le liom d'Arisrtdé : Je suis las de f entendre appeler le Juste. •

Tdle éuit la situation d'Athènes, lorsque les ^iStSSïnî hérauts de Xerxès vinrent demander la terre et SîuGrèct!"^ l'eau à toutes les villes de la Grèce, excepté Athènes et Lacédétnone. Ces deux républiques ne furent soutenues que par les Thespiens, les Platéens et les Éginètes , avec qui les Athéniens firent alors la paix. Tout le reste se soumit au roi de Perse, ou n'osa se déclarer.

Cependant l'armée de Xerxès approche. Elle TimJîîî.î!" était plus nombreuse que formidable : elle n'avait point de chef. Léonidas , roi de Sparte , à la tête de quatre mille hommes, défend le 'défilé des Thermopyles. Le roi de Perse , après l'avoir inutilement tenté par des promesses , lui' écrit de rendre les armes. Le Lacédémonien lui répond : viens les prendre.- \in^ mille Mèdes marchent pour forcer le défilé : ib ont ordre d'emmener

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les Spartiates tout vivans. Mais ils sont repoussés avec perte. Un corps de Perses nommé les immortels la meilleure troupe de l'armée , n'a pas un succès plus heureux.

Les Barbares n'auraient jamais pénétré daa& l'Attique , si on ne leur eût découvert , dans ks montagnes , un sentier que les Grecs avaient négligé de garder. Alors Léoaidas, se voyant sur le point d'être enveloppé, renvoya les alliés, et ne garda avec lui que trois cents Lacédémoniens , avec lesquels il résolut de périr. En effet il n'en échappa qu'un seul , qui fut regardé comtne un lâche , et qui eût été déshonoré à j^anais , s'il n'eût réparé sa faute dans la bataiUe de Platée.

L'intrépidité de ces trois ceints Spartiates , qui s'étaient dévouéapour la patrie , fit voir aux Pertes que les Grecs ne savaient que vaincre ou mourir; et Xerxès put juger qu'il était bien loin encore d'avoir conquis la Grèce. Ce Barbais, qui n'était pas fait poiu* respecter le com*age dans un ennemi , fit attacher à une potence le corps de Léonidas.

«^fu^'^eSîwî Les Perses allaient se répandre dans l'Attique, cSeVtTïi^ lorsque Thémistocte avait persuadé aux Athé- Spartiates. uîeus d'abaudonncr leur ville. Les femmes; les enfans, les vieillards avaient été transportés à Trezène , à Salamine> à Égine ; et tout ce qui était capable de furendi^e les armes , s'était réfugié dans d€^ vaisseaux. Ce parti ^ait l'unique ressource :

cependant il fallait être Thémistocle pour donner un conseil si magnanime, et il fallait être les Athéniens pour le suivre. Cç grand hommç les fit encc^e consentir à céder à Eurybiade, Lacé^ démonien , le commandement de la flotte ; procédé d'autant plus généreux, qu'il y avait luimême plus de droit que personne , puisqu'il était le géaéral des Athéniens qui avaient fourni les deux tiers des vaisseaux, 11 falhit avoir cette cou* descendance pour les alUés, qui refusaient de combattre sous tout autre que sous Eurybiade. D'ailleurs Thémistocle faisait prévoir aux Athéniens que les Grecs ne tarderaient pa$ à leur déférer le commandement , et il pouvait pressentir que, quel que fut- son titre , il se trouverait toujours , par ses talent , à la tête de tous les Grecs ^ et qu'il réglerait jusque aux mouvemens des Spartiates mêmes. Il fit quelque chose de plus grand encore : persuadé de l'utilité dont Aristide pouvait être , il proposa de le faire revenir; et , en considération de cet homme juste , tous les bannis furent rappelés.

La tempête avait abîmé plusieurs vaisseaux da^ JSl'nétZ^u P^^es; et les Grecs , qui avaient eu quelque avantage près d'Artemistum, promontoire de 111e d'£ubée y avaient fait voir dans deux combats qu'ils ne jugeaient pas la flotte des Barbares plus formida* ble, pour être plus nombreuse. Mais aucun de ces combats n'avait été décisif, et il s'agissait

de choisir iiii lieu favorable à une action générale.

Thâuf^k^^è Telle était la situation des choses , lorsque les saumine. Grecs , qui apprirent que Xerxes venait de se rendre maître du défilé des Thermopyles , quittèrent Artemisium et se retirèrent dans le détroit de Salamine , petite île vis-à-vis l'Attique. C'est là qu'ils tinrent conseil sur le lieu qu'ils choisiraient pour engager une action générale.

L'avis d'Eurybiade fut de se rapprocher de l'isthme de Ck>rinthe , pour être soutenu par l'armée de terre , qui défendait l'entrée du Péloponèse , et que commandait Cléombrote , frère de Léonidas. Thémistocle , au contraire , sentant l'avantage d'un détroit où les Barbares ne pouvaient pas déployer leurs forces, insista pour ne pas s'éloigner de Salamine. La vivadté avec laquelle il soutint son sentiment , choqua le Spartiate , qui leva son bâton sur lui : Frappe , dit l'Athénien , mais écoute.

La fermeté de Thémistpcle, la menace qu'il faisait d'aller avec ses concitoyens s'établir en Italie, aucune de ses raisons , en un mot, ne pouvant prévaloir, il fit auprès de Xerxès le personnage d'un traître. Il lui donna avis que les Grecs allaient se retirer , et il l'invita à les attaquer promptement , s'il voulait leur couper toute retraite.

^conduiie at Le Barbai^e donna dans le piège. Il craignait

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que les Grecs ne lui échappassejit , et il se hâta pendant la nuit suivante de les faire envelopper. Voilà ce que demandait Thémistocle. Cette nouvelle lui fut apportée par Aristide, qui, étant parti d'Égine la même nuit , n'avait traversé la flotte ennemie qu'avec un grand danger. La bataille fut donc résolue. Thétnistocle fit les dispo* sitions, donna les ordres , et Eùrybiade parût ne conserver que le titre de général»

• Vous voyez que Xerxès force à se réunir les Grecs prêts à se séparer. Cependant il am^ait achevé de les diviser, si , aulieu de les enfermer dans le détroit de Salamine , il e^ fait de toutes parts des descentes dans le Péloponèse , qu'il pouvait encore attaquer avec son armée de terre. Alors chaque peuple aurait voulu courir à la défense de son propre pays, et tous auraient séparément succombé sous le nombre. Ce parti était donc le plus*sage, et c'est aussi celui que conseillait Aitemise, reine dlialicarnasse. Mais il fut rejeté de tout le conseil , parce qtie Xerxès le rejetait lui-même.

Du haut d'une éminence où il fit placer son trône , il voulut être témoin du combat, croyant que sa .présence encouragerait ses troupes. Il en fiit donc le spectateur.

Les Phéniciens, les Cypriens, les Ciliciens,*les p,^f*^"'^'* Pamphy liens, les Lyciens, les Doriens, les Cariens , les Ioniens et autres peuples de l'Asie lui avaient formé une flotte de douze cents vaisseaux

à trois rangs de rames ; les peuples d'Europe lui en iburnir^ît encore cent vingt. Ce sont ces nations vaincues , ces esclaves qui allaient combattre pour lut contre des citoyens.

Cette flotte noipbreuse était commandée par quatre généraux persans , et chaque nation avait encore son général. Elle était donc proprement sans chef. Par conséquent elle devait se mouvoir avec d'autant plus de confusion , qu'elle allait s'engager dans un détroit, où les vaisseaux, par leur nonÉbre , s'embarrasseraient nécessairement les uns les autres.

ttreci^'**"' **" Cependaînt la flotte des Grecs, composée de trois cent quatre-vingts voiles , avait la liberté de ses mouvemens, et toutdevwt se faire à propos et de concert , parce que Tbémistocle seul la commandait.. Ce général attendit , pour donner le signal du cofnbat, un vent qm était cotitraire atix ennemis , et qui se levait tous les jours à la même heure*

xeriloTdéf**- Xerxès voit sa défaite, et s'enfuit. U laisse der-

• «minf . j,^j.g jy^ toute son armée de terre ; il laisse une

flotte qui , quoique vaincue , était beaucoup plus

nombreuse que celle des Grecs ; et , malgré Içs

j 4^8u «D5 avant forccs qui lui restent , il craint encore d'être poursuivi. Je ne sais si , pour hâter sa fuite , il était nécessaire que Thémistc^e le fît avertir qu'on projetait de rompre le pont du Bosphore. Tel fut le succès de la bataille de Salamine.

Mardonius , qui resta dans le contineDt à la tête , ^tîk^, .

^ *■ Antres d^Cialtt

d'une armée de trois cent mille hommes^ fut dé- ^"^•"•»fait et perdit la vie à la bataille de Platée, où Pau* sanias, tuteur de Plistarque, roi de Sparte, commandait les Spartiates, et Aiistide les Athéniens. Le même jour la flotte des Grecs rempcMta encore à Mycale une victoire. Elle était sous les ordres de Xaatippe, Athénien, et de Léotychidas, roi de Sparte. Ces revers firent perdre à Xerxès les villes d'Ionie: elles se soulevèrent, et, sous la protection des Grecs, la plupart conservèrent leur libertéi.

Vous imamnez les honneurs oue la Grèce ren» Triomphe

'-^ . ^ • de ThémiïtaeU

dit aux généraux qui l'avaient si bien servie. Je JÎ*J/"***^"" vou^ dirai seulement que Thémistocle , aux jeux olympiques, fixa tous les regards. Les yeux qui se détournaient des jeux paraissaient ne s'ouvrir que pour lui: il faisait seul tout le spectacle, et les Grecs s'empressaient de le montrei* aux ctran^ gers , avides de le connaître. Ce jout fiit le plus délicieux de sa vie, plus délicieux que celui de sa victoire- Vous le sentez : en effet pourr^z-vous avoir ele plus beaux momens que ceux où les étrangers désireraient de vous voir, et où vos peuples aimeraient à vous montrer ? Mai3 il £%ut les talens de Thémistocle et les vertus d'Aristide. Je suis fâché de vous avoir si grossièrement crayonné ces deux grands hommes.

Xerxès ne forma plus de projets. Maître du plus FinJeXerxè*. grand empire, s'il fut insensible à la honte, il ne

trou]

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