CHAPITRE IL
Des commencemens des premières monarchies dans la seconde période , ou dans rinterralle qui s'écoule depuis le déluge jusqu'à la vocation d'Abraham : espace de 4^7 «ns.
Ap^iedë- La famille de Noé s*établit dans les plaines de
loge , les aru se r
îe."*JufM,^*dê Sennaar, où elle jeta les fondemens de Babylone.
enoMT. gjj^ conserva donc au moins une partie des arts connus avant le déluge; et puisqu'elle bâtit une ville, on peut conjecturer qu'elle cultiva l'agriculture. C'est de cette contrée que les arts se sont répandus sur le reste de la terre. On les y trouve aussi haut qu'on puisse remonter, et s'ils y ont eu un commencement , la tradition n'en a conservé aucun vestige.
Londeuaii- Afais lorsqu'après la confusion des langues, les
pcnioa, tons les * * o '
tSTnTpw'in hommes furent forcés à se disperser, tous ne portèrent pas les arts avec eux , parce que tous ne sentirent pas également le besoin de les conserver. Tels furent ceux qqi, renonçant à l'agriculture , se bornèrent à élever des troupeaux j tels furent encore , et à plus forte raison , ceux qui , errant de climats en climats , résolurent de vivre uniquement de chasse et de pèche. Voilà pourquoi, peu de siècles après le déluge , on voit des nations toutà-fait barbares. C'est uniquement dans les contrées
arts avec enx.
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où les hommes se sont fixés de bonne heure que les arts remontent à. la plus haute antiquité*
Environ 1 5o ans après le déluge, Nemrod jeta ^^J^^^^^l les fondemens de Babylone; et quelque temps Si" *** ^'**'^" après , Âssur bâtit lïïinive , qui deviendra la capitale de l'empire d'Assyrie.
Voilà tout ce que Moïse nous apprend sur ces commencemens. Il ne parle plus de Nemrod ni d'Assur, il ne dit rien de leurs successeurs , il ne ' les nomme seulement pas.
Les historiens profEines attribuent à Bélus la . ce<i»« •%•»»»
r toncM profanes
fondation de Babylone ^ et lui donnent pour suc- fôl^n^emem!
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cesseur Mmus, son fils, conquérant qui, avec itetiSëîîtiV des armées de 1,900,000 hommes , pousse ses conquêtes depuis FÉgypte jusqu'à l'Inde et à la Bactriane, qu'il soumet. Après lui , Sémiramis, sa femme, a la même ambition, de pareilles armées, ou de plus grandes encore , et fait de nouvelles conquêtes. Mais à.ITinias, son fils, les guerres finissent , et l'histoire semble finir elle-même. £lle ne nous transmet plus aucune des révolutions arrivées dans cet empire; et jusqu'à Sardanapale, on sait à peine le nom des monarques qui se sont succédés.
Voilà donc ^ suivant les historiens profames, une vaste monarchie qui se forme des délms de plusieurs autres. Cependant la grandeur et la magnificence de Babylone et de Ninive ajoutent encore 'à Yiâée qu'ils nous donnent de la puissance de
Ninos et de Sémiramis. A juger de ces deux villes par les descriptions qu'ils en font , on ne trouve rien dans les temps postérieurs qui puisse leur être comparé.
Il n'est pas possible que Babylone , sous le fils de son fondateur , ait été la capitale d'un pareil empire, Cependant, parce que la fondation de cette ville est attribuée à Nemrod et à Bélus , on dit que le Nemrod de l'Écriture est le Bélus des historiens profanes. Il faut donc ou rejeter comme faux tout ce qu'on rapporte des règnes de Ninus et de Sémiramis, ou supposer que des royaumes puissans ont pu s'être formés dans des temps voisins du déluge.
Quelques-uns pensent que jusqu'à l'an 590 après le déluge, Ninive et Babylone ont été deux monarchies séparées ; que Ninus , qui régnait alors à Ninive , fit la conquête de Babylone , et que c'est seulement à la réunion de ceSideux royaumes que commence l'empire des A^yriens. Nous n'entrerons pas dans ces discussions, parce qu'il importe peu de faire des conjectures , lorsqu'il n'en peut résulter aucupe instruction utile.
Koni MToat Suivant les historiens profanes , Menés est le pre- Î^MiCS^- mier roi d'Egypte; et parce que Cham , second fils de Noé , est le premier qui ait habité cette contrée, on juge que son fils Mesraïm est Mènes même , que plusieurs confondent encore avec Osiris. C'est à ce premier souverain que la tradition attribue
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FinVention des arts, et elle le représente comme un grand roi. Non content de faire le bonheur des Égyptiens, Osiris voulut encore répandre ses bienfaits sur toute la terre. Dans cette vue , il leva une armée, il ramassa des musiciens et dés Satyres^ et avec Ce cortège il parcourut rÉthiopie , l'Arabie , pénétra jusqu'aux Indes, se montra à toutes les nations de l'Asie, traversa THellespont, et aborda en Europe. Il répandit les arts , il bâtit des villes, et les peuples le reçurent comme uh Dieu. De retour en jÉgypte, il Ait assassiné par son frère Typhon. Isis , qui était tout à la fois sa sœur et sa femme, vengea sa mort, et lui fit rendre les honneurs divins. Ces traditions, qui renKHitent jusqu'aux siècles les plus reculés^ prouvent au moins l'antiquité des peuples de l'Egypte. C'est chez eux que tout paraît commencer, les lois , les arts 4 les sciences et les fables.
Je ne parlerai pas des dieux et des demi-dieux^ qu'ils font régner avant Menés. Il semble que cette nation , vaine de son antiquité ^ n'ait songé qu'à reculer l'époque de ses connaissances , et qu'elle doive en partie ses fables à l'avantage qu'elle a eu d'être éclairée avant d'autres.
Après Menés , TÉgypte fut partagée en quatre dynasties ou principautés : Thèbes, Thin^ Mem-* phis et Tanis. Elle eut bientôt de grandes villes , de vastes édifices ornés de sculpture et de pein* ture , des armées de quatre cent mille hommes ;
et^ ce qui est plus singulier encore , une biblio-* théque. Cependant des étrangers qu'on a nommés rois pasteurs ^ s'emparèrent de la Basse-Egypte, et y régnèrent pendant deux cent soixante ans ou environ. Vous voyez , Monseigneur , que nous ne connaissons pas mieux l'histoire des premiers rois d'Egypte que celle des premiers rois de Babylone et de Ninive. *
Sans doute ils ont commencé à être pnissaûs sur la fia de cette période. Pharaon, chez qui Abraham se retira au commencement de ta suivante, en est la preuve. Mais les Égyptiens auront transporté dans les preihiers siècles toute la puissance et toute la magnificence des siècles suivans : ils auront eu la vanité de reculer les temps florissans de leur monarchie, comme ils ont eu la vanité d'en recaler l'origine.
pa^^^apuî ^^ eflfet, il est difficile de comprendre que les ?uemenr. ' ' prcmières peoplad^^ arrivées en Egypte , aient pu y faire de grands établissemens sans de grands obstacles. Les lacs, les canaux et les terrasses , sur lesquels les villes ont été bâties, sont des momimens des efforts qu'on a faits pour s'établir dans cette contrée. La population ne se sera donc accrue qu'à mesure qu'ont aura avancé ses travaux, et par conséquent elle aura été lente. Plus d'une fois, sans doute, les inondations du Nil au* ront englouti une partie des habitans, et forcé l'autre à abandonner les terres^ La tradition a
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même conservé quelque souvenir de ces révolutions.
Les premières monardiies sont pleines de con- AT>nu«e
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fuston. Mais s il y avait une histoire qui lut cer- K;[ii,|î,%^i;'; taine, et qui, remontant à l'origine du monde , ïràliiiS^iS!'' conduiût jusqu'aux temps où les nations commencent à être connues, elle dissiperait en partie l'obscurité que les fables ont répandue, et elle nous garantirait au moins de bien des erreurs. Cet avantage appartient uniquement à l'histoire du peuple de Dieu. C'est pourquoi ses principaux événemens sont autant d'époques auxquelles nous rapportons les révolutions arrivées chez les autres nations.