‹ Œuvres completesChapitre 30 sur 72 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Jjusqn'à la fin de la guerre du Péloponcse.

io'i^."p"HcièI Périclès , lorsqu'il mourut , avait depuis quau *3SSî4î rante ans une grande influence dans le gouvernement; et depuis quinze, il était en quelque sorte le maître de la république. Jamais Athènes ne parut plus florissante : c'était le séjour, des arts, des sciences et des talens en tous genres. Les fêtes et les spectacles se renouvelaient continuellement : on ne se lassait point d'admirer les statues , les édifices et les monumens prodigués de toutes parts ; en un mot , tout annonçait l'opulence et le goût.

Plus on admirait cette magnificence , plus ou louait Périclès , à qui Athènes paraissait la devoir ; et , parce que les Athéniens savaient mieux louer que les autres peuples , le nom de ce citoyen a passé à la postérité avec les éloges qu'ils lui ont donnés , et les historiens , qui ont répété ces éloges , n'ont pas examiné s^il les méritait.

Vous vous convaincrez bientôt , Monseigneur, que l'administration de Périclès est l'époque de la' décadence d'Athènes ; et , plus vous étudierez l'histoire , plus vous aurez occasion de remarquer que les excès où le luxe entraîne sont toujours l'avant-coureurde la chute des empires. Les siècles

OÙ il règne , sont ceux qu'on nomme les beaux siècles , et le siècle de Périclès est le premier de ces siècles vantés. On les apprécierait mieux , si le bruit que font ceux qui les célèbrent permettait d'entendre les gémissemens des peuples.

Athènes n'avait qu'une puissance précaire. ^ ^^'^^"cônl Riche par les richesses de ses alliés , elle cessait reurs*TU« Fn*^

ttrttt.

de l'être , si elle cessait de retirer des conti'ibutions. Elle devait donc ménager des peuples qui Élisaient toute sa puissance; cependant elle les opprimait , et elle ne paraissait appliquée qu'à les mécontenter. *"

Si Athènes ne connaît pas ses intérêts , Sparte ne connaîtra pas mieux les siens. Pour obtenir les secours des Perses , elle sacrifiera les colonies de l'Asie , et se rendra odieuse à la Grèce. Elle ne pensera pas même à profiter du mécontentement des alliés d'Athènes. Au lieu de les appeler à elle , et d'en fortifier son parti , elle les traitera tous indifféremment comme ennemis.

Je ne suivrai pas dans les détails les guerres ÉcHvaiosquii

* *^ faut lire lîour

que ces deux républiques se sont faites : Thucy- gîeîlî'duPcic' dide et Xénophon , que vous ne pouvez vous dis- '*°"^*'' penser de lire , vous en instruiront. Vous pourrez joindre encore à cette lecture , celle des vies des hommes illustres , ^écrites par Plutarque et par Cornélius Népos. Je me bornerai à vous donner une idée générale de la conduite d'Athènes et de Sparte.

Du* cit. On peut reprocher à Tune et à l'autre de n'avoir Îi»bfï2»iîu "* point d'objet. Le théâtre de la guerre change continuellement. Une première entreprise est abandonnée pour une autre , qu'on abandonne encqre. On ne fait rien , pu on ne fait que des diversions. Aucune des deux républiques ne sait où elle veut porter ses araies , et chacune paraît ignorer où sont ses ennemis. En un mot , elles vont au jour le jour; et , changeant au moindre revers, comme au moindre succès , elles veulent tour à tour la paix et la guerre , et elles ne paraissent pas savoir ce qu'elles veulent. On voit seulement qu'elles ont toujours la même jalousie et la même inquiétude. ^ 4^ «lu artni La scptièmc année de la guerre, Sparte demanda fM.'^ru'*"» ^^ paix, n'ayant pas d'autre moyen pour délivrer Iwir"* ^'" quatre cent vingt Spartiates qui étaient bloqués dans une petite île. Athènes , qui , cinq ans auparavant , l'eût faite aux conditions qu'on lui aurait imposées , refusa de la faire , lorsqu'elle pouvait elle-même en dicter les conditions. Elle avait eu des avantages; et, dans sa prospérité, elle ne prévoyait pas qu'elle pût avoir des revers. 4'^- Trois ans après, les deux républiques, éga-

i.qîiîuT."^€ÎÎ lement abattues par les pertes qu'elles avaient faites , conclurent une trêve de cinquante ans , qui ne dura que quelques mois. Tout l'effet qu'elle produisit-, fut que , pendant six ans , on ne porta la guerre ni dans l'Attique, ni dans la Laconie : d'ailleurs on la continua toujours quelque part.

rt COBtIDUC.

Surrfs.«»«ir* ArtaxrrceLoD laemain.

Dans ces circonstances , Athènes entreprit d'exé- ^,,^''i^^^Z cuter le projet qu'elle méditait depuis long-temps , wip^ri't ku"! la conquête de la Sicile. Mais elle perdit dans cette expédition ses armées et ses généraux. Affaiblie par ses pertes, elle commença à être abandonnée de ses alliés, qui ne la craignaient plus; et Sparte , à qui ils se réunissaient, s'allia encore des Perses, qui s'engagèrent à fournir aux frais de la guerre.

Artaxerxe Longuemain était mort la huitième ^. année de la guerre du Péloponèse , laissant la couronne à Xerxès , son seul fils légitime ; et il avait eu de ses concubines plusieurs enfans , entre autres, Sogdien, Ochus et Arsite.

Xerxès ne régna que quarante-cinq jours. Sogdien, qui l'égorgea, usurpa le trône, et le perdit avec la vie au bout de six à sept mois , Ochus , qui était gouverneur d'Hyrcanie, ayant armé sous prétexte de venger la mort de son frère.

Ochus , .assuré de l'empire, prit le nom de Darius; et les Grecs, pour le distinguer, lui don- "^nèrent le surnom de Nothus , c'est-à-dire bâtard. Le règne de Darius Nothus a été continuellement troubl^ par des révoltes.

Arsite arma, dans l'espérance de lui enlever la couronne , comme lui-même il l'avait enlevée à Sogdien : mais, son parti ayant été affaibli, il se livra à son frère , qui le fit mourir.

Quelques années aprè^ , dans le temps que les jonUtrôlinr/n Athéniens faisaient la gueiTe en Sicile, plusieurs ^*^''^'

'2l6 HISTOIRE

provinces de Perse se soulevèrent. Amyrtée , un des chefs de la révolte sous Inarus, enleva l'Egypte à Darius Nothus, et y régna six ans. La première année de ce soulèvement, le gouverneur de Lydie, soutenu de quelques troupes grecques , avait entrepris de se rendre souverain dans sa province , lorsqu'ayant été abandonné des Grecs , il se rendit àTissapheriie, qui lui promit sa grâce. Darius cependant le condamna à mort. 11 restait au fils de ce rebelle un parti qui se soutint pendant deux ans. Enfin les Mèdes se soulevèrent , et furent domptés. ^

faible de^D^riM ^arius Nothus était un prince faible , gouverqé Nothos. ,pj^j, g^ femme Parysatis, intrigante, ambitieuse et cruelle , et par trois eunuques , dont le principal était Artoxare. Ce ministre , protégé par la reine Parysatis, à laquelle il paraissait vendu, avait encore toute la confiance du roi , qu'il flattait et qu'il occupait d'amusemens firivoles. Maître du V gouvernement , il commandait en souverain. Il

voulut encore en avoir le titre, et ce fut sa perte. Sa trame ayant été découverte, il fut livré à Parysatis , qui lui fit souffrir les plus cruels supplices. La Perdre- La Pcrse , gouveméc par un prince faible, et iiancedespane. troubléc par dcs révoltes , ne pouvait pas donner de grands secours aux Lacédémoniens : elle était plutôt dans une situation à leur en demander. Aussi ce fut elle qui les prévint. Tissapherne, satrape de Lydie, et Pharnabaze, satrape de Phrygie,

lêge.

ANCIENNE. ai 7

^ députèrent tous deux à Lacédânone; et, invitant cette république à joirtdre ses forces aux leurs , ils offrirent de soudoyer toutes les troupes. Le premier voulait , secouru des Spartiates , achever de dissiper le parti qui subsistait encore dans son

- gouvernement : le second se proposait d'enlever aux Athéniens les villes qu'ils avaient sur l'Hellespont. On accepta leur alliance ,.et on résolut d'envoyer d'abord à Tissapherne les secours qu'il demandait. La flotte partit avec Aïcibiade et CaU cidée.

Aïcibiade était alors à Sparte. C'est lui qui avait ^„;!^^*"d*'^,ic*riengagé les Athéniens dans la guerre de Sicile , et il avait eu le commandement de l'armée , conjointement avec Nicias et Lamachus. Comme la flotte était prête à partir ," les statues de Minerve se trouvèrent toutes mutilées en une nuit. On rechercha les coupables de ce sacrilège : les soupçons tombèrent sur plusieurs jeunes gens ; et Aïcibiade , entre autres , fut accusé. Il offrait de se défendre; il demandait même avec instance qu'on lui fît son procès, lorsque ses ennemis , qui voulaient le poursuivre en son absence , firent surseoir le jugement, sous prétexte que le départ de la flotte pressait,

A peine Aïcibiade fut arrivé en Sicile , que les Athéniens le rappelèrent pour être jugé sur l'accusation intentée contre lui , et il parut d'abord vouloir se rendre aux ordres dç la république :

mais le vaisseau opii le ramenait, ayant débarqué , à Thuriam , il s'échappa ; et se réfugia chez les Argiens.

splr"/***'*^ ^Les Athéniens le condamnèrent à mort par contumace. Désespérant alors de retourner dans sa patrie , il demanda asile aux Spartiates ; et , ayant obtenu de vivre au milieu d'eux , il en prit si facilement les mœurs, qu'il gagna leur affection. A l'austérité qu'il montrait , et qui paraissait lui être naturelle , ils n'imaginaient pas qu'il eût jamais connu la volupté.

Cependant son départ de Sparte lui fut encore funeste. La considération dont il jouissait dans cette ré^>ublique, l'autorité qu'il avait dans les délibérations, les services mêmes qu'il rendait, tout lui suscita des ennemis qui méditèrent sa mort , et des ordres furent envoyés à cet effet.

Eiensuiitau. Alcibiade se retira à Sardes, auprès de Tissa-

près de Tus«> ' ■ «'

phernf. phemc. LÀ, prenant de nouvelles mœurs, il plut par sa mollesse , par son luxe, par ses flatteries, et il eut tout crédit sur l'esprit du satrape. uè Ath^. Dans ces circonstances , il conçut l'espérance

ment , pour , , . «i i . » * a

c-Sn^'AÎd- ^^ revoir sa patne : mais il voulait qu on otat î^tt'aMi^'t l'administration au peuple, qui l'avait condamné;

Udtoocralie. ». i m.

et il offrait de procurer aux Athéniens l'alliance de Tissapheme. Ce projet, qui devait donner l'autorité aux principaux citoyens , ne pouvait manquer d'avoir un puissant parti. Il s'agfesait pourtant de le faire agréer à l'armée que la république

A cette nott-

AUrCIENNE. 219

avait à Samos. Alcibiade en sonda les chefs. Plusieurs entrèrent dans ses vues : on .concerta les mesures qu'il convenait de prendre ; et Pisandre , qui partit pour Athènes , se chargea de proposer au peuple le retour d' Alcibiade , Talliance de Tissapherne , et l'abolition de la démocratie. Ces propositions soulevèrent d'abord les esprits : cependant le peuple finit par y donner son consentement , ne voyant pas d'autre moyen de sauver la république , se flattant , comme on le lui promettait, de reprendre un jour l'autorité.

En conséquence , on confia l'administration à quatre cents citoyens , et on leur donna un pou- JJ^*]^*™^*^*1 voir absolu. Mais à cette nouvelle les troupes qui 3*men?à aÎcTétaient à Samos se soulevèrent contre leurs chefs. Elles déposèrent ceux qu'elles soupçonnèrent d'avoir eu part à cette révolution : elles nommèrent à leur place Thrasyle et Thrasybule ; et elles invitèrent Alcibiade à venir prendre le commandement. Aussitôt qail fut arrivé , les soldats demandèrent à être menés contre les tyrans.

La flotte , en restant à Samos , était dans la po- j/^^jjj^lî** sition la plus avantageuse pour retenir sous la domination de la république les peuples qui n'attendaient qu'une occasion pour se soustraire à son obéissance ; et, si elle eût mis à la voile contre les tyrans, les ennemis, qui auraient profité de cette guerre civile , se seraient rendus maîtres, presque sans résistance , de l'Ionie , de l'Hellespont et Ae

aaO HISTOIRE

toutes les îles. Alcibiade eut la sagesse de se refuser

au ressentiment aveugle de ses soldats.

f.aIiJ?^sp™it II ne procura pas à sa patrie l'alliance de Tissaun Irailé qo'il -, . • i i a ^-i

ii'ex^cuie pM. pneme. Au contraire , dans le temps même qu il la promettait, ce satrape fit avec Sparte un traité dont un des articles portait que la flotte de Phénicie se joindrait à celle des Lacédémoniens. Par cet article, s'il eût eu son effet, ils auraient eu toute la supériorité ; leurs forces sur mer étant déjà , sans le secours des Perses , égales à celles d'Athènea. Tissapherne en éluda l'exécution. Comme il n'était pas de son intérêt qu'aucune de ces deux républiques succombât , il voulait faire durer une guerre qui les affaiblissait l'une et l'autre. ^"* Sur ces entrefaites, une, flotte que les quatre

se re*ndeîîmaf* ccuts cuvoieut au sccours de l'Eubée , est battue ;

très de l'île . ' '

d'Eubie. ç^ Mindare , général des Spartiates , se rend maître de rîle. Les Athéniens étaient perdus , si le vainqueur eût profité de la consternation que cette nouvelle répandit parmi eux. Heureusement Mindare conduisit sa flotte dans l'Hellespont. Alcibiade K- i^ perte de l'île d'Eubée souleva le peuple

!r!Ô™ph1**7e'î contre les quatre cents, dont le gouvernement était odieux. Ils furent déposés ; Alcibiade réunit tous les vœux : on n'eut plus d'espérance qu'en lui , et on le rappela. Il se refusa néanmoins à cet empressement, ne voulant se montrer à sa patrie qu'après avoir triomphé des ennemis. Deux victoires remportées sur Mindare lui préparèrent un

ANCIENKE. 221

retour tel qu'il le désirait. Il chassa de THellespont les flottes des Lacédëmoniens : il soumit aux Athéniens toutes les villes , excepté Abyde : et il força Sparte à demander la paix. Mais Athènes, tojoiu's la même dans ses succès , se refusa à* tout accommodement.

Lorsque cette ville , par une suite de revers se voyait à peine maîtresse de ses faubourgs, Alcibiade lui avait rendu l'empire. Elle paraissait en quelque sorte se relever du milieu de ses ruines; et c'est dans ces circonstances qu'elle voit arriver le citoyen qu'elle avait proscrit , et qui l'a si bien 4o«. servie. Le peuple le reçut avec une joie qui i;^e fut troublée que par les reproches qu'il se faisait , et il le nomma général de la répubUque sur terre et sur mer, avec un pouvoir illimité.

Les Lacédémoniens donnèrent à Lysandre le „^rIi"dM spîrcommandement de leur flotte , le regardant comme coùr'à cy*ii« u le meilleur capitaine qu'on pût opposer au généj rai athénien. Lysan^e fit voile pour Éphèse, où il apprit que Cyrus, le plus jeune des fils du roi de Perse, était arrivé à Sardes, et qu'il avait obtenu de son père le gouvernement en chef de toutes les provinces dé l'Asie mineure. Par-là ce prince se voyait en état de disputer l'empire à Arsace , son fi*ère aîné; et c'est dans cette vue que Parysatis, qui l'idolâtrait, avait engagé Darius à lui donner ce gouvernement.

Lysandre se rendit à la cour de Cyrûs , le flatta;

Jeune.

a 22 HISTOIRE

gagna sa confiance , et en obtint tout ce qu'il demanda. Ce Spartiate , complaisant , souple, flatteur et bas , avait au besoin tous les talens d'un courtisan. Ce qu^il obtint jiour le moment de plus avantageux, fut une augmentation de paye pour les matelots ; ce qui occasiona une grande désertion dans la flotte des Athéniens.

p^f»îtt dei L'armée des Athéniens était à Samos, et celle

Alh^nieni. ^ '

des Spartiates à Éphèse. Alcibiade, obligé d'aller en lonie chercher des fonds pour payer ses soldats , laissa le commandement à Antiochus , avec défense d'engager une action. Antiochus n'obéit pas; et Ly sandre, qui avait évité de hasarder un combat contre Alcibiade, profita de l'absence de ce -général, et battit les Athéniens. De retour à Samos, Alcibiade lui présenta la bataille; le Spartiate ne l'accepta pas. y Aicibi.de se Alôbiadc avait mécontenté les cheh de l'armée ,

rftire dam U ^ '

TbrîTe!*" ^' en donnant sa confiance à Antiochus , qui était un homme perdu de réputation. Thrasybule, qui se déclara ouvertement , partit pour Athènes , et porta ses plaintes au peuple. Les Athéniens , qui passaient subitement d'un excès à un autre, déposèrent Alcibiade sans l'avoir entendu. Il se retira dans la Chersonèse de Thrace, où il s'était pré- 4o8. paré un asile.

LT«ndrt «tt L'année suivante les Lacédémoniens révoquè-

rempUcc par *

caUKrauda». ^^^^ Lysaudrc, et donnèrent le commandement dé leur flotte à Callicratidas , grand capitaine , mais

mauvais courtisan. C'était une âme simple, franche et élevée. Forcé néanmoins d'aller faire sa cour à Cyrus y il se rendit à Sardes , rougbsant pour sa patrûe , qui se prostituait devant l'or des Barbares.

S'étant présenté au palais, on lui dit que Cyrus buvait. Il attendit quelque temps : on rit de sa simplicité ; il se retira. Il revint une seconde fois, encore inutilement, et il ne se présenta plus. Il retourna à Éphèse , maudissant ceux des Grecs qui les premiers avaient fait la cour aux Perses , et projetant de réconcilier Athènes et Lacédémone. 4ûC.

Il avait remporté plusieurs avantages , et il blô- p,,S^'a launî* quait dans Mytilène Conon , un des généraux d'Athènes, lorsqu'une nouvelle flotte des Athéniens parut vers les îles Arginuses. Pjus feibîe, il eût été prudent à lui de ne pas hasarder le combat : mais il croyait honteux de l'éviter. Il l'engagea; il fut tué, et sa mort entraîna la déroute de son armée.

Une tempête qui survint immédiatement après , Jifj.J.'J/;;*" ne permit pas aux généraux Athéniens d'enlever îîâx<i«iieî"oti les morts, et de leur donner la sépulture. Le peuple néanmoins leur en fit un crime , et les cassa tous , excepté Conon. Théramène se justifia en rejetant la faute sur les huit autres, qui furent condamnés à mort ; et , deux s'étant trouvés absens , six furent exécutés. Un peuple souverain est une béte féroce , qui ne s'apprivoise pas. Il faut cependant convenir que les Athéniens ne tardèrent

ont fait Tftincre.

pas à avoir eux-mêmes horreur du jugement qu'ils

avaient rendu.

ti«'5r*cytî: Cyrus apprit avec chagrin la défaite des Argi-

"od«iUcomî nuses, parce que, dans les projets qu'il méditait,

i-yi«are. [\ comptait beaucoup sur les secours de Sparte ,

et que par conséquent il lui importait que cette

république fut puissante. Il jugea que Lysandre

pouvait seul réparer les pertes qu'elle avait faites ,

et il appuya les alliés , qui demandaient que le

commandement fut rendu à ce général. On le lui

rendit en effet , quoiqu'on parût le donner à un

autre. Comme la loi ne perimettait pas que le

même homme fut amiral deux fois , on revêtit de

ce titre Aracus ; et on donna toute l'autorité à

Lysandre, qu'on nomma vice-amircd,

.. rend^*mîn« ^ous sommcs à la fin de la guerre du Pélopo-

ëubi!r*Vr€niï nèse. Lysandre , ayant vaincu les Athéniens sur

tjrrani.

l'Hellespont , près de l'embouchure du fleuve Egos, vint assiéger Athènes par mer, pendant qu'Agis et Pausanias, les deux rois de Sparte, l'asj.*c "* *^*"* siégeaient par terre. Après un siège de six mois y forcée à se rendre, elle capitula, et consentit à démolir les fortifications du Pirée , à n'avoir que douze vaisseaux , et à ne faire désormais la guerre que sous les ordres des Lacédémoniens.

Le traité ayant été conclu et ratifié , Lysandre entra dans la ville, abolit la démocratie, établit trente tyrans , et mit dans la citadelle une garnison , sous les ordres du Spartiate Callibius.

Cette guerre a duré vingt-huit ans. C'est Tépoque pendr^M^ÇTeV* où Athènes commence à manquer de ces hommes « b'^»« " aVi»»» qui , par leur génie ei leurs talons , semblent nés "'i^K" ** pour être TâiDe de tous les mouvemens politiques ; et néanmoins c'est le temps où elle a été féconde plus que jamais en talens de tout espèce. Il est aisé de concilier cette disette avec cette abondance : d'un coté , Périclès avait toujours écarté des afi&ires les hommes de mérite, qui pouvaient lui donner de Tombrage ; de l'autre , le goût des arts et des sciences était venu au point , qu'on accordait la plus grande considération à ceux qui s'y distinguaient. Il était doiy naturel qu'on s'em* pressât d'entrer dans cette nouvelle carrière. Elle était moins orageuse , elle piquait par la nou-> veauté , elle conduisait à la même gloire. Voilà pourquoi, avec beaucoup de gens à talens, Athènes n'eut personne pour la conduire ; et ce fut encore là l'ouvrage de Périclès.

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