‹ Œuvres completesChapitre 33 sur 72 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Jusqu'à la mort de Philippe.

Les Grtcj Aorès la bataille de Mantinée , Athènes et

font la pau. T ^

JS^C'î'a,: Sparte sont humiliées, Thèbes n'est plus; et îS"i«*'mëdu' '^^ Grecs, fatigués de leurs longues dissensions, deV «w«/"i cèdent aux sollicitations d'Artaxerce, qui contN nUait à les inviter a la paix. Ce monarque , qui méditait une nouvelle expédition en Egypte, avait besoin de leurs secours contre Tachos, successeur de Nectanébus ; et c'est pour les obtenir , qu'il songeait à faire cesser les divisions de la Grèce. Par le traité , dont il dicta lui-même les articles , il fut arrêté que chaque ville conserverait ce qu'elle possédait , et que celles qui étaient libres alors resteraient libres. L'indépendance que ce

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traité assurait aux Messéniens offensa les Spartiates. Ils songèrent à se venger d'Artaxerce , et, l'Egypte paraissant leur en fournir l'occasion , ils envoyèrent un corps de troupes au secom^. de Tachos : Agésilas le conduisit lui-même.

Ce roi ne répondit pas à l'idée que les Egyp- .„ e^S? &î tiens en avaient conçue. Accoutumés à juger des "**''" princes par l'éclat qui les environne, ils ne virent en lui qu'un vieillard sans aucune apparence ; et ils ne comprenaient pas que ce fût là cet homme que la renommée avait devancé. Tachos même , qui lui avait promis le commandement de l'armée , parut lui donner peu de confiance.

Sur ces entrefaites, Nectanébus s'étajit soulevé, Agésilas, impatient de se venger, |& joignit au rebelle ; et Tachos , obligé de sortir d'Egypte , se retira à la. cour d'Artaxerxe, qui le reçut avec bonté. Agésilas , ayant établi Nectanébus ^ sur le trône, s'embarqua pour retourner à Sparte : mab la tempête le poussa sur la côte d'Afrique , x)ù il mourut.

Alors l'Asie mineure, la Syrie et la Phénicie se so«ik»*«M révoltèrent en même temps contre Artaxerxe ***'**'*'*■'• Mnémon. Ce prince , qui voulait le bien, laissait faire le mal aux femmes et aux favoris, qui le gouvernaient. Dans un monarque faible , l'humanité est une vertu stérile; et sa Ëiiblesse, qui croît avec l'âge ^ autorisant de plus en plus les vexations,

' Il y en a e» denx de ce nom.

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£siit tôt OU tard éclater le mécontenten^ent des peuples. La cour même de ce prince fat remplie de troubles. Darius, son fils aîné, conspira contre lui , et entraîna cinquante de ses frèries dans sa conspiration. Elle fat découverte. Tous les couj.c' ""*''"* pables périrent : mais, au milieu de ces désordres, Artaxerxe mourut de chagrin, après un règne de quarante-six ans.

4^^ A^î^ Ochus , le troisième de ses fils légitimes , lui wmémm. succèdc. C'cst UD. moustre, qui s'est ouvert le chemin au trône par le meurtre de deux de ses £rères. Il croit s'y affermir par de nouveaux crimes ; et il fait égorger toute la fiunille royale, afin que les peuples , à qui il est en horreur , n'aient personne à lui substituer. Ses cruautés excitèrent le soulèvement de plusieurs provinces. Tel était Fétat de la Perse.

lEiâtdeu En Grèce, la guerre qui avait cessé laissait après elle tous les maux qui en sont les suites nécessaires ; c'est-à-dire l'épuisement , les défiances , les jalousies , les haines et lès divisions. Devenues libres par le dernier traité , les villes ne continuaient de l'être que par l'affaiblissement des républiques qui avaient domiiié tour à tour ; et l'impuissance où elles étaient de commander les unes aux autres, paraissait seule assurer à toutes la même liberté. Ainsi , parce qu'elles ne se redoutaient plus , elles croyaient n'avoir rien k redouter ; et , dans leur état de £iîblesse , il ne

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leur restait que des haines , qui ne leur permettaient plus de se réunir contre un ennemi commun.

Les Athéniens mêmes paraissaient ayoir re- Ath;w«°]iî nonce à toute ambition. La gloire des armes, **'**"*"• qu'ils avaient portée jusqu'au fanatisme , n'avait plus aucun attrait pour eux. Les Miltiade , les Thémistode, les Aristide, les Cimon, leur étaient devenus inutiles : il leur fallait des poètes , des musiciens , des comédiens , des artistes de toute espèce. Les talens militaires , dégradés , devenaient tous les jours plus rares. Les hommes de mérite dédaignaient de briguer les magistratures auprès d'une populace qui fMrostituait ses faveut^; et les emplois restaient abandonnés à des âmes viles, qui les désiraient pour vendre la patrie.

Vous voyez combien cet âge est différent de „^^J*^*5S: celui où les Grec* , occupés des seuls progrès dû ïâ^in'e!***" gouverncpOEient , et animés de l'amour de la liberté , ne prenaient les armes que pour la défense commune , et n'accordaient la considération qu'aux talens nécessaires. Ce peuple, autrefo» vainqueur des Perse», n'en est plus que l'épouvantail. Cependant il se forme une puissance qui le voit de trop près pour le craindre. Un roi de Macédoine , pays souvent tributaire de quelqu'une de ces républiques , forme le projet d'envahir la Grèce, et l'envahira.

Ce roi était ce même PhiUppe que Pélopidas

avait emmené en otage. Il descendait des Héra* clides , par Caranus , fondateur du royaume de Macédoine. Il fut élevé dans la maison de Polimnis , père d'Épaminondas. A cette école , il acquit des talens : mais les vertus ne trouvèrent pas le I.C? ****''*"* même accès dans son âme. Plusieurs troubles lui frayèrent un chemin au trône , d'où il fit descendre son neveu, encore enfant.

D'abord il n'y paraît pas bien affermi : il est attaqué de toutes parts. Le^ lUyriens et les Péoniens font des irruptions dans ses états : les Thraces veulent mettre la couronne sur la tête de Pausanias ; et les Athéniens, sur celle d'Argée.

Philippe dÇsarme les Péoniens à force de promesses et de présens. Par le même moyen il engage le roi de Thrace à ne plus soutenir Pausanias. Il déclare libre et indépendante la ville d'Amphipolis, afin de la détacher d'Athènes, dont elle est une colonie , et de cacher dans ces circonstances une ambition qu'il ne serait pas prudent de laisser transpirer. Enfin , ayant remporté^ à Méthone une victoire sur les Athéniens , et étant délivré d'Argée , qui périt dans le combat , il renvoie sans rançon aux Athéniens tous les prisonniers qu'il a faits sur eux. Cette modération affectée passe pour générosité aux yeux de ces républicsûns : parce qu'ils désirent la paix , ils se flattent que Philippe la désire également, et ils déclarent qu'ils ne le troubleront plus dans ses

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entreprises. Le roi de Macédoine s'y était attendu; et c'est tout ce qu'il demandait dans une conjoncture aussi critique.

Tel est l'art avec lequel ce prince écarte une p^J""*^" ^* partie de ses ennemis, afin de. pouvoir tomber sur les autres avec toutes ses forces. Jusque-là, on ne peut qu'applaudir à sa conduite : mais il ira bientôt à ses fins par toutes sortes de voies. Bien ne sera sacré pour lui : aucun traité ne le pourra lier : il ne les observera qu'autant qu'il ne pourra pas les rompre impunément. Toujours injuste , il ne connaîtra d'autre règle que son utilité ; et il étendra sa puissance , moins par la supériorité de ses armes que par sa mauvaise foi.

Cet homme n'était qu'un assemblage de vices et de talens. D'abord , élevé dans une cour où la vertu n'était pas connue , il ne put contracter que des habitudes vicieuses. Transporté, dans sa jeunesse , à Thèbes , il y acquit des connaissances : il y apprit à être actif, vigilant , laborieux , infatigable : il s'instruisit surtout dans le métier des armes , le plus nécessaire à son ambition. Il sut former des soldats, il syt les conduire, et c'est ^ous lui que les Macédoniens apprirent à vaincre. Il créa la phalange macédonienne , corps de troupes célèbre dans l'histoire.

Cependant, quoiqu'il eût des talens, il était jaloux de tous ceux qui se distinguaient par leur mérite. Il fermait tout accès à la vertu ; et , bien ▼II. 17

loin d'élever les hommes d'honneur aux emplois, il les éloignait de sa personne. Intempérant, crapuleux , il n'avait pour amis que des flatteurs , des comédiens , des courtisans sans mœurs ; et sa cour était le réceptacle de ce qu'il avait pu rar masser de plus vil chez les Grecs ou chez les Barbares. Tel était cet homme , né , comme le dit Démosthène , dans la Macédoine , dans ce coin du monde , d'où même il ne sortit jamais un bon esclave.

Perfide avec ses ennemis, et même avec ses alliés , PhiUppe était trop éclairé pour ne pas juger qu'un souverain doit être juste , au moins avec ses sujets ; et il y a des traits de sa vie qui semblent prouver qu'il ne haïssait pas toujours la vérité. Un jour , au sortir d'un repas , ayant condamné une femme qui lui demandait justice \f€n appelle , dit-elle. A qui y reprit le roi ? A Philippe a jeun. Il ne s'en offensa point. Il reçut de la même manière le reproche d'une autre femme , qui lui dit : Si vous n'avez pas le temps de me rendre justice , cessez donc d'être roL lion^jrphSr" Q^^ï^d Philippe n'aurait pas été entouré d'en- •Ttc iM Grtc nemis , il n'aurait pas été prudent à lui d'attaquer ouvertement les Grecs. Un danger pressant n'aurait pas manqué de les tirer de la léthargie où ils étaient tombés. Ils avaient encore des généraux , Chabrias, Ij^icrate , Timothée , Phocion , Timo^ léon , etc. Si , dans un calme apparent ils étaient

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bien éloignés de leur confier l'autorité, ils la leur auraient abandonnée tout entière , lorsqu'ils auraient vu leur liberté menacée. La force des circonstances les y aurait contraints. Sous ces chefs, les dissensions domestiques auraient cessé : les républiques auraient oublié les haines qui les divisaient , et les citoyens se, seraient retrouvé leur ancien courage.

Pour réussir, il fallait donc que PhiUppe atta- ^eroî!^*'''"*'** quât les Grecs , et qu'ils ne se crussent pas attaqués. Vous conviendrez que cela demandait de l'adresse ; mais vous reconnaîtrez bientôt que ces peuples étaient alors on ne peut pas plus faits pour être trompés par les ruses les plus grossières.

D'un côté , le roi de Macédoine se fit des pensionnaires dans toutes les républiques. Dans celle d'Athènes l'orateur Eschine lui était vendu , ainsi qu'Aristodème et Néoptolème, deux comédiens qui avaient une grande influence dans les délibérations , à ce seul titre qu'ils contribuaient aux plaisirs des Athéniens : ces âmes viles , occupées à fasciner les yeux , donnaient toujours aux démarcl^es de Philippe les vues les plus propres à écarter toute inquiétude.

D'un autre côté , ce roi n'entreprenait rien qu'à propos. Il s'arrêtait aussitôt qu'il voyait qu'on allait prendijp de l'ombrage , et il ne reprenait ses projets , q\ie lorsqu'il voyait les Grecs retombés dans 4eur premier assoupissement. Tout au

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plus , ces hommes , autrefois citoyens , inquiets par intervalle , s'assemblaient en tumulte : encore parlaient-ils de jeux, lorsqu'ils voulaient parler d'affaires ; et , en général , ils perdaient à délibérer le temps que Philippe employait à agir: C'est ainsi que , pour les assujettir , il ne fallut à •ce roi que de l'artifice , de la mauvaise foi , et du temps. La suite des principaux événemens va développer sensiblement toute cette politique. pm^^'^* Tranquille du côté des Athéniens , il ne se souvient plus des promesses qu'il avait faites aux Péoniens : il les subjugue, et les lUyriens ont bientôt le même sort. N'ayant plus d'ennemis, il tombe sur Amphipolis , qu'il avait déclarée libre et indépendante ; et les Athéniens refusent leurs secours à cette ville , sous prétexte qu'ils enfreindraient la paix qu'ils ont faite avec la Macédoine : la vérité est que Philippe leur avait promis de ne la prendre que pour la leur remettre. Il la prit , et la garda. Cette place lui était avantageuse , parce qu'elle était une barrière contre les Thraces. î5«. Bientôt après , il s'empara de Pydna , de Potidée

et de Crénide , à laquelle il donna le nom (Je Philippopolis. Potidée était aux Athéniens : c'est pourquoi il renvoya la garnison avec de grandes marques de bonté. Il remit la place aux Olynthiens, auxquels il céda encore Anthémonte, ville qui était un sujet de guerre entre cette république et les rois de Macédoine. C'est ainsi quiil amusait

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les uns par des présens et les autres par une paix simulée.

Cette démarche parut cependant ouvrir les Gaemfocuu

* * ^ contre leiAlk<*

yeux aux Athéniens : mais ils étaient occupés à "•"• chasser les Thébains de l'île d'Eubée, où une faction les avait appelés; et à peine eiurent-ils repris cette île , que Byzance , Chio , Gos et Rhodes formèrent une ligue contre Athènes.

Cette guerre , nommée sociale , ne fiit pas favorable ajiix Athéniens, et ce fut la faute de Charès. Ce général , tout - à - fait dépourvu de talens , ne suivit pas même sa destination. Il s'engagea au service d'Artabaze , qui venait de se révolter contre Ochus. Ainsi , sacrifiant sa patrie à son avarice , Charès irrita le roi de Perse ; et les Athéniens , que les menaces d'Ochus forçaient à faire la paix, reconnurent les Byzantins, ainsi que les insulaires, pour libres et indépendans.

Charès ne fut pas puni : toute la colère du peuple retomba sur ses collègues, Iphicrate et Timothée, deux bons généraux. Quoiqu'ils n'eussent point eu de part à la démarche de Charès , et qu'ils eussent même été rappelés auparavant , ils furent mis à l'amende. C'est ainsi que les Athéniens jugeaient.

Sur ces entrefaites, il se leva une guerre, qui q^^\^^^ fut très-favorable aux projets de Philippe. Mais , poiur vous en donner une idée juste, il faut reprendre les choses de plus haut.

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Du temps de Solon, les Crisséens, peuples de la Phocide, devenus puissans par le commerce, crurent pouvoir tout entreprendre impunément. Ils entrèrent à main armée sur les terres de leurs voisins , portèrent la guerre jusqu'à Delphes , s'emparèrent du temple , de toutes les richesses qu'il renfermait, et commirent toutes sortes de violences. Il fallut venger Apollon. Les amphictyons levèrent des troupes ; et , après dix ans de guerre, les Crisséens furent exterminés, leurs villes détruites, leurs terres consacrées au dieu qu'ils avaient offensé, et> à cette occasion, on institua les jeux pythiques.

Il fut défendu de cultiver les terres consacrées à Apollon, comme si des campagnes en friche devaient être plus agréables à la divinité. Au mépris de cette loi, les Phocéens osèrent labourer et ensemencer une partie de ces terres. Condamnés à l'amende par le tribunal des amphictyons , ils arment , et sont soutenus des secours de Sparte et d'Athènes , tandis que les Thébains et les ThessaUens combattent pour Apollon.

Cette seconde guerre sacrée dura dix ans. Philippe parut d'abord n'y prendre aucune part. Occupé à étendre ses conquêtes sur la Thrace , il voyait avec plaisit les Grecs consumer leurs forces; et, sans rien précipiter, il attendait le moment où il aurait un prétexte poiur tourner ses armes contre eux.

Ce moment parut s'offrir, lorsque les Phocéens ayant eu des arantages, les Thessaliens demandèrent des secours au roi de Macédoine. Il vint, 351. fut déÊiit une première fois; revint avec de nouvelles forces, et remporta une victoke complète. Ayant alors réuni à ses troupes les Tbessâdieitô et les Thébains , il marcha vers les Ther mopyles, en apparence poiu* entrer dans la Phocide et punir les Phocéens sacrilèges, mais, dans le vrai, pour s'assurer d'un défilé qui lui ouvrait TAttique.

C'est à cette occasion ciue Démosthène monta D^nwsihèii*

' monte daat la

pour la première fois dans la tribune. Cet orateur, JJemnTwîwI.'' dévoilant les vues de ce prince ambitieux, tira les Athémens de leur assoupissement : ils coururent aux armes, et ils arrivèrent aux Thermopyles assez tôt pour en défendre le passag^e. Philippe n'osa tenter de le forcer. Il }ugea qu'il serait imprudent de réveiller la valeur d'un peuple naturellement courageux. Il se retira donc, bien assuré qu'en le rendant à sa première sécurité, il trouverait tôt ou tard une occasion plus faivorable.

En efifet les Athéniens* crurent n'avoir rien à craindre d'un ennemi qui paraissait fuir devant eux; et les CHrateurs. vendus au roi de Macédoine, entretinrent cette confiance, ne cessant de dire que Philippe n'oserait jamais les attaquer.

Cependant , non content d'étendre ses con- Aw^i«mt«t quêtes dans la Thraee, ce prince enlève tous les jours aux Athéniens quelques-unes des villes

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éloignées qui dépendent d'eux. Il a seulement l'attention de se dire leur ami , il assure qu'il ne leur fait point la guerre , et cette déclaration parait les rassurer. Parce qu'il ne formait point d'entreprises sur l'Attique, sa conduite en imposait, au point que le peuple demandait sérieusement si on était ou non en guerre avec lui. Les sentimens étaient même partagés, et Démosthène répondait : // est vrai que vous êtes en paix ai^ec Philippe , mais Philippe est en guerre avec vous.

Pendant qu'on agitait ces questions ridicules, Philippe prenait des placer, et les Athéniens couraient au théâtre , ou , se promenant sur la place, se demandaient curieusement des nouvelles, et disaient le roi de Macédoine mort ou malade^ Eh! qu'importe, mort ou malade, leur criait Démosthène? C'est vous qui avez créé Philippe : quand il ne sera plus, vous vous en ferez bientôt un autre.

.iew*de*phi!r" ^^ '^^ présens que ce prince avait faits aux P** Olynthiens , il avait paru leur donner un gage de

son amitié. Il ne voulait cependant paraître leur ami, que pour les surprendre; et il parut l'être jusqu'au moment où il put leur commander de livrer leur ville. C'est ainsi qu'il se conduisait. Il avait imposé le joug aux ThessaUens , et auparavant il leur avait donné Nicée et Magnésie. Il tomba sur les Phéréens , lorsqu'il venait de protester qu'il ne voulait commettre aucune hostilité

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à leur égard ; et , parce qu'il se disait ami des Oritains , il envoya des troupes chez eux , leur étant trop attaché pour souffrir les factions qui les troublaient. C'est dans le même esprit qu'il livrera aux Thébains Orchomène , Coronée et même la Béotie. Il paraissait insulter à la stupidité des peuples de la Grèce. Cependant, par cette conduite, il les tenait divisés : il s'assurait de ceux qu'il avait Ueu de craindre ; il •asservissait ceux qu'il ne craignait plus'; et, quoique ces artifices fussent d'autant plus grossiers, qu'ils se répétaient plus souvent, Philippe s'applaudissait de leur devoir des succès qu'il ne partageait pas avec ses soldats.

Olynthe était une colonie d'Athènes. Démosthène parla pour cette ville ; et, s'il persuada , il ne put faire agir ni assez tôt, ni comme il convenait. Le premier secours qu'on envoya fut trop faible. Le second arriva trop tard, lorsque la ville était prise , saccagée , et les habitans esclaves. Philippe dut cette conquête à la trahison des deux principaux magistrats. Ce prince avait partout des hommes prêts à trahir leur patrie ; et , parce que c'était lui qui donnait l'argent, il trouvait plus • glorieux d'acheter que de conquérir.

Les Athéniens n'ont plus cette activité que nous ieSr«iu^*!d2 leur avons vue , ou du moins ils la bornent toute ^**'^"""'* aux choses frivoles et de pur agrément. Lorsqu'il s'agit d'une fête, chaque citoyen connaît ceux qui

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y sont préposés : il sait d'avance les noms des miliciens , des poètes; des comédiens, les rôles , les récompenses, ou sont les fonds. Lorsqu'il est question de la guerre , on délibère , on se débat : on applaudit les orateurs, on les' critique : on disserte , on juge , et l'on ne conclut rien. Vous parlez mieux que Philippe, disait Démosthène, mais il agit mieux que vous. En effet, il semble que les Athéniens attendaient toujours , pour se déter^ miqer , que le moment d'agir leur eût échappé ; et les (orateurs entretenaient cette lenteur, parce qu'ils ne montaient guère dans la tribune , que pour tenir au peuple les discours qu'ils jugeaient lui être agréables. On flattait ce peuple , Monseigneur, parce qu'il était souverain; et ojtt hâta sa ruine.

Les Athéniens étaient dégénérés au point , que , dédaignant de prendre les armes, ils confiaient à des troupes étrangères la défense de la patrie : encore ne pouvaient-ils se résouc^e à contribuer aux frais de la guerre. Quoique leurs revenus fiis^ sent plus que triplés , il leur était impossible de mettre les mêmes troupes sur pied. On est étonné, quand on compare l'éloquence avec laquelle Démosthène les solUcite à la guerre , et le peu de ressources qu'il a pour la soutenir. Il propose d'armer deux mille hommes de pied et deux cents cavaliers , dont un quart soit composé de citoyens , et d'y joindre dix galères légèrement armées : avec

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cela , il veut qu'on fasse des courses , et qu'on porte surtout la guerre loin de TAttique. Mais, avec de pareilles forces, il était difi&cile de savoir où on la porterait.

Cependant la guerre sacrée durait depuis dix phiiippe,*pr^. ans , lorsques les Thébains , qui en portaient seuls S*"4r^?^«i tout le poids, invitèrent Philippe à le partager. Il phSîyoni. **"" n'attendait que cette occasion^ pour faire une nouvelle tentative sur la Grèce. Le prétexte était heureux, et paraissait honnête < car, en prenant les armes , il montrait du zèle pour la religion , et de la reconnaissance pour une ville où il avait été élevé.

Les Athéniens , qui se lassaient de soutenir les Phocéens, au lieu de faire de nouveaux e£brts, négocièrent la paix, et envoyèrent des ambassadeurs au roi de Macédoine. Philippe, occupé à leur enlever les domaines- qu'ils avaient dans la Thrace, ne donna audience que lorsqu'il eut pris tcrut ce dont il voulait se saisir. Il fit ensuite traîner la négociation : il corrompit les ambassadeurs ; et il ne ratifia la paix que lorsqu'il eut tout disposé pour tomber sur les Phocéens.

Cette conduite aurait dessillé les yeux aux Athéniens , si , dans lem* aveuglement , ils ne se fussent pas abandonnée à des orateurs mercenaires, dont les flatteries les aveuglaient de plus en plus. La gloire, leur disaient -ils, d'avoir des armées sur pied pour voler au secours des peuples opprimés , est achetée bien cher par les dépenses où elle vous

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a68 HISTOIRE

jette. Dailleurs , qiie craindriez-vous ? Philippe , dans le fond , n'a-t-il pas les mêmes intérêts avec vous et avec les Phocéens? Attendez qu'il passe les Thermopyles , et il fera tout ce que vous voudrez. ' Vous le verrez devenir Tami de ses ennemis, et l'ennemi de «es amis ; et- vous tomberez tous ensemble sur les Thébains. La haine des Athéniens contre Thèbes écoutait ces discours, et leur amour pour le repos préparait des conquêtes au roi de Macédoine.

Cependant Philippe s'empare des Thermopyles, entre dans la Phocide , soumet les Phocéens , et se montre à la Grèce comme le vengeur du temple de Delphes. Alors il assemble à la hâte les amphictyons ; et , au nom de ce conseil , où il n'a convoqué que des hommes dévoués à ses volontés , il déclare les Phocéens déchus des droits d'amphictyonat , il proscrit ceux qui seront jugés sacrilèges , et il ordonne la démolition de toutes les villes de la Phocide.

Il lui importait d'être agrégé au corps des amphicty ons , afin de ne paraître plus étranger à la Grèce, et de pouvoir, au besoin, faire servir la religion à ses desseins. Il demanda donc les droits de séance et de suffrage , qu'on venait d'ôter aux Phocéens. Il les obtint , et on lui accorda encore de présider aux jeux pythiques , conjointement avec les Thébains et les Thessaliens.

Alors il se retira, voulant, par cette modéra^

tion affectée, faire croire qu'il n'avait armé que par zèle pour la religion. En effet on ne manqua pas d'exalter son respect pour les dieux : les peuples furent assez simples pour croire à la piété de ce prince; et ils oublièrent'qu'il avait toujours manqué aux engagemens les plus sacrés. Démosthène , qui n'était pas aussi crédule , persuada néanmoins aux Athéniens de confirmer tout ce qui avait été fait dans l'assemblée des amphictyons j parce qu'un refus de leur part aurait suscité à la république des ennemis trop puissans, et en trop grand nombre. Philippe , satisfait de ce succès , marcha contre les lUyriens : mais il continua d'observer la Grèce.

Dans ce temps , Timoléon passa en Sicile. Ce ^oWo« morceau d'histoire est fort intéressant. Vous ver- p"»*"^'"**rez un citoyen vertueux , dont les talens font le bonheur d'un peuple. Nous^n parlerons ailleurs. Aujourd'hui il faut laisser Timoléon, pour revenir à Philippe.

Pendant que ce roi faisait tous ses efforts pour J^^^ enlever aux Athéniens les alliés qu'ils avaient "' dans la Thrace et sur l'Hellespont , les Argiens et les Messéniens implorèrent son secours contre les Spartiates, qui les opprimaient; et les Thébains , toujours ennemis de Sparte , le sollicitèrent à humilier cette république , et offrirent de se joindre à lui. Il n'avait pas besoin d'être pressé pour entrer dans cette ligue. 11 dicta donc aux amphic-

I effet.

270 HISTOIHE

tyons un décret, par lequel il était ordonné aux Lacédémoniens de laisser jouir Argos et Messène d'une indépendance entière , et il fit marcher un corps de troupes du côté du Péloponèse. Mais Démosthène ayant £ait sentir aux Athéniens la nécessité de prendre la défense de Sparte , Philippe rappela ses troupes , ne voulant pas réunir contre lui les forces de ces deux républiques. itm\ït°*dwi- ^*^* rompre encore avec les Athéniens , il en- Aiwn^s^*"' treprit ensuite de leur enlever l'Eubée. A cet effet, il pratiqua des intelligences dans cette île : il s'attacha par des présens les citoyens qui avaient le plus d'autorité : il établit des tyrans dans plusieurs villes. Par ce moyen , l'Eubée paraissait se soustraire d'elle-même aux Athéniens; et PhiHppe l'acquérait , sans paraître avoir pris les armes. Pour cette fois néanmoins ses projets fturent déconcertés : car Phoci#n , qui passa en Eubée, vainquit les rebelles, et soumit toute l'île. hommed^ém Phociou était tout à la fois grand capitaine et ir«uicapîu«it. gj^g^j^j homme d'état, phénomène auquel dans ce siècle on n'était plus accoutumé. Alors ceux qui se destinaient à la guei*re, n'étudiaient que le métier des armes; et ceux qui voulaient gouverner , n'apprenaient qu'à haranguer le peuple. Depuis que ces études étaient tout-à-fait séparées, la ré-" publique était mal gouvernée et mal défendue. Phocion est le dernier homme qu'elle ait produit, et elle ne saura pas s'en servir.

Enfin les Athéniens commencent à croire que AibéJiîK*Jn- Philippe leur fait la guerrie , lorsqu'ils lui voient *" * '^^ mettre le siège devant Périnthe et Byzance, deux 34.. villes alliées de la république. Alors ils demandent des secours au roi de Perse : ils se liguent avec Chio, Cos et Rhodes : ils équipent une flotte, et Charès, qui la commande, met à la voile. Mais ce général, odieux aux alliés, qui le méprisaient, ne fut pas même reçu dans les ports de Byzance , et il fallut lui donner un successeiu». Phocion , qui fut choisi, délivra i||^nce et Périnthe , chassa Philippe de l'Hellespont , et reprit sur lui plusieurs places.

Pour prévenir les plaintes des Athéniens, ce .fulïS^jj;; prince se hâta de leur en faire. Il les accusa d'à- mî«/ies'hSl voir commis les premières hostilités , jugeant qu'il . voilerait ses infractions , s'il les accusait d'en avoir fait eux-mêmes. Il lui importait peu que ses accusationj» fussent prouvées : il les laissait à débattre aux orateurs , et il gagnait du temps. Afin même de persuader qu'il ne demandait que la paix , il fit des propositions : et , afin de ne rien conclure, il traîna la négociation pendant deux ans. Dans cet intervalle il porta la guerre en Scythie , d'où il revint victorieux , après avoir néan- ^ moins reçu quelques échecs.

Les Athéniens, conduits par Démosthène, se ^.ForcéàUnr

' * faire la ^uem ,

refusèrent à toutes les propositions de Philippe, îîficï!'*'*'**"" et résolurent la guerre contre l'avis de Phocion

Il faut donc enfin que ce roi arme ouvertement : cependant il a encore besoin d'artifice.

D'un côté, ses forces sur mer sont inférieures à celles des Athéniens : de l'autre, les Thébains et les Thessaliens peuvent seuls lui ouvrir un passage par terre. Or, quelle que soit la haine de ces.peuples contre Athènes, ils ne s'armeront pas pour la détruire, parce qu'elle est encore à leurs yeux le rempart de la liberté.

BoïiSk giJÎÎÎ Armer contre les Athéniens , c'était donc s*ex- "*'^' poser à soulever toute la Grèc^p^our couvrir ses

desseins , Philippe imagina de susciter une nouvelle guerre sacrée. Il fit accuser les Locriens d'Amphisse d'avoir labouré quelques terres consacrées à Apollon : et aussitôt les amphictyons , dont il dictait les décrets , ordonnèrent à toutes les villes amphictyoniques de lever des troupes. ni"**^VîîdI La guerre commença , mais sans succès^, parce li'Jhkirîî.!*' qu'il importait à Philippe qu'on ne pût pas la faire sans lui. Cependant il craignait de s'offrir, il voulait plutôt être prévenu par les Amphictyons ; et, pour écarter jusqu'aux soupçons, il était nécessaire qu'une personne qui ne serait pas suspecte leur proposât de donner à Philippe la conduite de cette guerre. Eschine, qu'on ne savait pas lui être vendu, était l'homme le plus propre à faire réussir ce projet. Le roi de Macédoine jeta les yeux sur lui; et cet orateur, ayant été député par les Athéniens, le fit nommer général de l'armée.

ANCIEITNE. a^S

Avant d^entrer en campagne, Philippe déclara ^i^Ji^i^J^j! qu'il venait chez les Phocéens en qualité d'allié : "*'* il avait même leurs ambassadeurs à sa suite. Cependant, au lieu de marcher contre les Locriens , il tomba tout à coup sur Élatép , capitale de la Phocide. Cette place lui ouvrait le chemin d'Athènes , et le mettait en état de tenir les Thébains en respect.

L'alarme se répand alors parmi les Athéniens : »^; j|,*^*^"* ils députent de tous côtés, et Démosthène engage les Thébains à s'unir à eux. Philippe, considérant les ennemis qu'il va combattre , craint à son tour, et fait des propositions de paix. L'avis de Phocion était d'entrer en négociation. Il fout , disait-il , ou être les plus forts, ou être les amis de ceux qui le sont ; et je ne conseillerai la guerre , que lorsque les jeunes gens seront déterminés à ne pas abandonner leur rang , que les riches s'empresseront à contribuer, et que les orateurs ne pilleront pas. Mais il ne fut pas écouté ; et , quoique Philippe eût corrompu l'oracle de Delphes, et eût répandu des augures capables d'effrayer ses ennemis , Démosthène entretint les Athéniens dans leur première résolution, et leur assura que la Pythie philippisait.

Ils se hâtèrent donc de prendre les armes : ils j,^^»^ entrèrent dans la Béotie ; les Thébains se joignirent à eux ; et ils furent défaits près de Chéronée. On a dit que Démosthène fut des premiers à fuir ,'

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Ils sont d^fiiis

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et que son habit s'étant accroché à un buisson, il se crut arrêté par l'ennemi, et demanda la vie. Phocion ne commandait pas Tarmée.

J^deTifiageï Philippc , toujours' attcutif à diviser ses ennemis, renvoya sans rançon tous les Athéniens qu'il avait faits prisonniers ; et , traitant les Thébàins' bien différemment , il mit garnison dans leur ville , et rappela les citoyens exilés, auxquels il donna les magistratures.

chéroi^^Ztt ^^ attribua la défaite de Chéronée aux génén'i'rruî."'' *^' raux l^iside et Charès. Le premier fut condamné à morj; ; le second dut son salut à la confiance avec laquelle il se défendit.

Philippe «t Toute la Grèce se soumet. Cette, soumission

fait nommer ce- • «^

Grecicomre le! uéanmoins pouvait n'être qu'un effet de la consternation : car des peuples jaloux de leur liberté ne supportent pas le joug patiemment. Il s'agissait donc de distraire les Grecs , et par conséquent de les occuper d'une nouvelle guerre : dans cette vue, Philippe réveilla leur ancienne haine contre les Perses ; et, pour se rendre maître de toutes leurs , forces , il se fit nommer leur généralissime. Les Lacédémoniens refusèrent seuls d'entrer dans cette ligue.

^ndaîikrrnê Pcudaut Ic règHc de Philippe, la Perse avait a.ph.i.ppe. ^^^ troublée par le soulèvement de plusieurs provinces; et Ochus les avait réduites, moins par la force de ses armes, que par la trahison des chefs que les révoltés avaient choisis. Mentor de Rhodes

lui livra les Sidoniens , qui , se voyant trahis , mirent le feu à leurs maisons , et périrent dans les flammes. La* destruction de cette ville soumit toute la Phénicie. Bientôt après l'île de Chypre, qui s'était aussi soulevée, posa les armes; et, après la réduction de ces deux provinces , Ochus tomba, avec toutes ses forces, sur l'Egypte; il en chassa Nectànébus , qui s'enfuit en Ethiopie , et il y commit toutes sortes de cruautés.

Mentor, poiu* récompense de ses services^ fut fait gouverneur des côtes de l'Asie, et généralissime des troupes contre les provinces qui s'étaient soulevées. Il aurait pu néanmoins être susp>?ct : car Artabaze, qui s'était soulevé au commencement du règne d'Ochus , avait épousé sa sœui' ; et Memnon , son frère , était entré dans cette révolte. Mais il eut assez d'adresse pour les réconcilier l'un et l'autre avec le roi , et tous deux quittèrent la cour de Philippe; où ils s'étaient réfugiés .Memnon était un des bons capitaines de son temps.

Ochus ne jouit pas long-temps de ses succès. Bagoas, Égyptien, un de ses unuques et son favori, vengea l'Egypte. Il empoisonna oe monarque, il en fit mourir tous les enfant, conservant seulement Arsès, le plus jeune de tous, parce qu'il se flattait de gouverner sous le nom de ce prince. Tel était l'état de la Perse. Philippe avait déjà fait partir pour l'Asie mineure Attale et Parménion , et il continuait ses préparatifs , lorsqu'il fut assas-

âMJÏÏiiil?^"* siné par Pausanias, dans la quarante -septième j.c? *"*''"' année de son âge, et dans la vingt -quatrième

de son règne.

do«i?ir,"îîi^Si La même année Bagoas, voyant qu'Arsès con- ""■ naissait ses crimes , et songeait à l'en punir , le

prévint en l'assassinant, et donna la couronne à Darius Codoman, qu'on croit arrière-petit fils de Darius Nothus. On ne sait comment ce prince avait échappé au massacre qu'Ochus avait fait de toute la famille royale. Il eut encore le bonheur d'échapper à Bagoas, et il lui fit boire le poison que ce scélérat lui avait préparé.

Darius n'avait d'abord eu d'autre emploi que de porter les dépêches aux gouverneurs des pro^ vinces. Élevé sur le trône , il donna tous ses soins à rétablir l'ordre. Il était brave , humain , généreux : tous les historiens lui rendent cette justice. Il dut sans doute ces vertus aux circonstances qui avaient éloigné de lui la flatterie ; mais les malheurs ne lui donnèrent pas des lumières.

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