‹ Œuvres completesChapitre 40 sur 72 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De» opiaions des Clmldëeiis '. *

Les Chaldéeiis rèconnaissoieiit un Dieu su- ^ »?•• q«* »'* {n^me , ime âiùe du monde , qu'ils adoraient sous di!\iiu. ^ '" le nom de Baàl.

Cet être habitait des lieux inaccessibles aux mortels : mais il était sorti de lui des esprits de dilférens ordres , pour présider aux différentes parties de l'univers , et pour lui porter nos hom^ mage».

• C*est d*aprè$ rhbtoire de la philosophie de M^^rucker, qaé j'eMpoftem les opinio&a êéi {Hmples et des philosophes.

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En conséquence , ces médiateurs devenaient l'objet du culte. On devait le .leur adresser dans les parties du monde qu'ils gouvernaient : on devait donc adorer le soleil , la lune', la terre , etc.

On remarque dans cette doctrine , l'idée confuse d'un premier principe : mais on y retrouve aussi le culte idolâtre , tel que l'ignorance l'avait introduit. Ce culte ayant été une fois reçu , on ne songeait pas à le révoquer en doute. C'est un préjugé auquel tous les philosophes païens ont 'en général accommodé leurs opinions , soit qu'ils le partageassent , soit qu'ils n'osassent pas le combattre.

aî^ïio/îiC Quelle que soit notre curiosité, le désir de lire -v7nTdiM?eI dans l'avenir n'a pas été le motif qui a porté à observer les a^stres : car , lorsqu'on ne les avait pas encore observés, il n'était pas naturel qu'on leur supposât différentes influences , suivant leurs difïérens aspects.

Mais, puisqu'on les adorait, c'était une consé-" quence qu'on fut frappé , lorsqu'ils offraient des phénomènes auxquels on ne s'était pas attendu. Une éclipse de lune ou de soleil , par exemple , devait faire craindre le courroux de ces divinités , et semblait , par conséquent , présager quelque malheur.

Or quand les astronomes connurent assez les révolutions célestes pour pouvoir prédire de pareils phénomènes , on jugea que , puisqu'ils pré*-

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voyaient les éclipses, qu'on regardait comme les signes du courroux des dieux, ils pouvaient pré* voir les maux dont ce courroux menaçait.

Dès qu'on reconnut que les cieux leur manifestaient l'avenir en quelque chose, on conclut ■qu'ils le leur manifestaient en tout. La crainte avait persuadé que les événemens malheureux pouvaient être prédits ; l'espérance persuada que les événemens heureux deiraient l'être encore. On fut donc curieux de tout prévoir.

Si on ne voyait pas comment ces prédictions '

seraient possibles, on ne voyait pas non plus pourquoi elles ne le seraient pas ; et c'en fut assez pour croire à toute^. Les peuples , toujours curieux par crainte ou par espérance , étaient trop ignorans pour n'être pas crédules.

Cette crédulité a précédé l'imposture , qui en a u» peuples abusé. Lorsqu'oh a commencé à juger qu'on pou- JjJôn^/ii Jj;;] vait lire l'avenir dans les cieux , ce n'est pas que ** *'•■*?•''• les astronomes eussent formé le* projet de le persuader, c'est que les peuples s'étaieht portés d'euxmêmes à le croire. Mais ce préjugé étant une fois étabU , les astronomes s'en sont prévalus , et ils ont entretenu une erreur qui tournait à leur avantage.

Les peuples se-sont>donc trompés eux-mêmes avant qu'on ait pensé à les tromper ; et on n'a été imposteur avec dessein de l'être , que parce qu'on vit qu'on l'était sans en avoir formé le dessein.

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C'est ainsi que les astronomes , qui n'obserraient d'abord les astres que pour en connaître le cours, se sont trouvés dans le cas de les observer pour tout prévoir , et se sont faits astrologues , parce qu'on voulait qu'ils le fussent. Yoilà ^ autant que je puis le conjecturer, comment l'i^trologie a commencé chez les Chaldéens et chea d'autres peuples de l'antiquité.

JtH^^àt I^ l'astrologie naquil'ent d'autres superstitions.

I a»troiogie. ^^ ^^ douta poiut quc les astrologues n'eussent oncqpamerce intime avec les intelligences célestes : ils en parurent donc les confidens et les ministres Alors on jugea que , s'ife lisaient dans les astres ^ ils devaient lire encore dans, toutes les choses qu'on regardait comme autant de signes de la volonté des dieux ; et bientôt on crut qu'ayant tant de connaissances , ils devaient avoir la nature entière à leur disposition. Ils lufrent donc dam les songes , dans le vol des oiseaux ^ dans les entrailles des victimes; ils firent des enchantemens , des évocations : en un mot ils se virent forcés à être devins , augures et magiciens.

Je conjecture néanmoins que la magie n'a prn naissance , qu'après qu'on a eu pei?du l'intelligence des hiéroglyphes. Les caractères hiéroglyphiques étant alors devenus des signes mystérieux, on aura CHÂilié qu'ils n'étaient dans l'origme que des symboles f et , parce qu'on voyait confiaséloent qu'ils oonse^vaienf quelque rapport avec

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les choses qu'ils avaient signifiées, on aura jugé qu'ils étaient propres à les jHX>duire. On imagina, par exemple , qu'on évoquerait les esprits , si on employait d'ime certaine manière les caractères qui en avaient été le symbole.

Au reste on ne peut considérer ces choses que dans leur origine. Elles sont si vagues , si confuses, et elles ont souffert tant de variations, qu'il n'est pas possible d'en suivre les progrès ; et il serait d'ailleurs bien inutile de chercher en quoi consistait plus particulièrement la magie des Chaldéens.

Noua ne savons pas ce qu'ils pensaient sur UêÇL»u4»n*

-T IL L crojaMBt l«

la nature du monde. Leur doctrine est, à cet "»«"^ *»•"•»• égard, enveloppée d'allégories qu'on ne peut pénétrer. On voit seulement qu'ils le croyaient éternel.

On nomme Zoroastre celui qu'ils regardaient ^l^^^^^ comme l'auteur de toutes leurs opinions. Mais la Zliï»}^in4ipiupairt*deâ noms anciens sont moms des noms propres , que des titres qui désignaient di£féreiites professions^ Zoroastre , par exemple , signifie observateur des astres. Il est donc vraisemblable que ce nom a^été Commun à plusieurs astronomes; et que si dans la suite.il a passé pour un nom propre, c'est qu'il aura cessé d'être pris^pour un titre. D'aiHeui?s ce sevait sans fcondemeiit qu'oo attribuerait à un seul homme toute la dôc^ine des Chaldéens : formée peu à peu , suiivant les cir-

constances , elle a été l'ouvrage du temps et de la crédulité des peuples.

Les philosophes chaldéensse nommaient mages. Ils jouissaient à la cour d'une grande considération ; parce que , dans le vrai , les désirs des princes étaient souvent les astres qu'ils consultaient.

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