CHAPITRE VL
Des opmioRs des Perses.
mfJÎÎ'hfiîîî Compae les Barbares preanent les mosurs des ^*ie?^^^- nationls policées qu'ils subjuguent , ils en prennwit
far<«i. ... ••11 1
sius^^ les opmioDs : mais us les prennent sans abandonner tout- 4- fait leurs préjugés, e% par conséquent ils les défigurent.
]jes Perses , dont nous ne saircms rien avant Cyrus, aurpnt donc |K*is les opinions des Chaldéens; et ils les auront d'autant plus altérées, que vraisemblablement il n'était pas possible aux Cbaldéens mémos d'en donner des idées précises.
A l'exemple des Chaldéens, les Perses nommèrent mages les hommes qui avaient chez eux le dépôt des sciences; et ces mages reconnurent également un Zoroastre pour chef, Cette conformité, qui fait voir que les mêmes noms ont passé d'un peuple à l'autre, suiQ^t pour faii:^ conjecturer que les opinions ont passé avec les noms, et qu'elles ont été les mêmes à peu près chez tous deux. On ne sait pas , au reste , quelle est l'^tymologie du mot mage.
ml'uliTnTdeai ^^^ Hiages admettaient deux principes : l'un du pHncipooppo. jj-ç^ ç^ j^ 1^ lumière, Oromaze; l'autre du mal et
des ténèbres , Arimane.
Zoroastre.
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Ils r^ardaieut le feu conucae l'àme du moude. £n conséqueuce. Us avaieut un feu sacré, qu'ils couservaient avec soiu; et ib rendaient un culte au soleil y qu'ils adoraient sous le nom de Mithras , et qu'ils Représentaient sous la figure d'un homme armé, fort , robuste et terrassant une béte féroce. Le soleil était , selon eus, un médiateur entre les deux principes.
, Telte était en itérai leur doctrine , lorsqu'un «fil^T. ^t nouveau Zoroast^ , qui parut sous Darius, père de Xerxès , détruisit le culte des astres et celui des idoles. Il accommoda néanmoins son langage aux opinions reçues, et parut les combattre avec quelque m^agement.
Persuadé que rien ne se fait de rien, il admit lin principe éternel , qu'il disait être un feu trèsr pur, tr^-actif et très-intelligent, et dont le soleil ne lui paraissait qu'une image grossière.
De ce feu éternel et pur, il Bsiisait émaner tout ce qui existe. Mais tout n'en émanait pas immédiatement : il se représentait une suite d'émanations, et il voyait naître les dioses les unes des autres.
Dans cette suite d'émanations, il apercevait comme une dégradation de lumière : le feu, trèspur et très-actif dans sa source , perdait de sa pureté et de son activité , à mesure qu'il s'en éloignait^
Les choses qui émanaient immédiatement , participaient donc davantage à la nature du premier
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principe ; et c'était là les plus parfaites. f>ans les autres , les perfections de ce principe s'affaiblissaient par degrés d'une émanation à Fautre : par conséquent , elles ne se retrouvaient plus dans les choses qui terminaient la suite des émanations.
Pour se rapprocher des idées vulgaires , Zoroastre donna le nom de Mithras à ce feu y qu'il regardait comme le principe de tout : il dit que Mithras avait engendré Oromaze et Arimane, e^ que par eux il avait formé le vionde.
Oromaze émanait immédiatement de Mithras. Par conséquent, plus parfait, il était la source des esprits, dont la nature, qui est un feu pur et actif, produit tout ce qu'il y a de bien dans l'univers.
Arimane n'émanait que de loin. Moins pur, moins actif, il avait donc moins de perfections. Ce n'était pas un esprit, c'était la matière même. Nécessairement imparfait, il produisait tous les maux.
Ces deux principes, étant par leur nature opposés l'un à l'autre, se combattaient continuellement. Oromaze tendait à redevenir ce feu pur, ce Mithras qui l'avait engendré, et il faisait tous ses efforts pour y ramener toutes choses ; Ârimane au contraire tendait à rester ce qu'il était, et à réduire tout à la matière. *
Dans ce combat , la matière , toujours agitée , se purifiait insensiblement. Elle devait donc peu
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à peu se dépouiller de sa nature imparfaite et ténébreuse , redevenir par degrés plus lumineuse , et se retrouver enfin tout-à-fcdt semblable à M rthras. Alors Arimane était vaincu, anéanti ; et tout rentrait dans le premier principe y d'où tout était émané. Mais tout devait encore en émaner et y retourner : et c'est ainsi que, par une suite de révolutions, l'univers, se reproduisait et s'anéantissait tour à tour.
Vous voyez, Monseigneiur, que cette émana- ^.^JiJi'i^*"' tion, dont Zoroastre croyait se faire une idée, n'est que l'expresion figurée d'une chose qu'il ne concevait pas, et qu'il ne pouvait pas concevoir. En effet , lorsque dans le dessein d'expliquer comment tout vient d'un premier principe, il disait que tout en émane , c'était dans le vrai ne dire autre chose, sinon que tout en vient. Il ne disait que ce que tout le monde sait : mais il ne p^^lait pa» comme tout le monde , et souvent c'en est assez pour paraître philosophe*
Si ce système d'émanations n'avait duré qu'au- " v»*^ «"•• tant que Zoroastre, il aurait été inutile de vous le fsûre connaître. Mais il a survécu à ce philosophe : il a eu des partisans pendant plusieurs siècles; il a pris bien des formes différentes, et il a été la source de plusieurs erreurs , dont quelques-unes passeront jusqu'à nous.
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