CHAPITRE Vir
Des opinions des Indiens.
Brâtb^ïe*/' Vous savez que dan» les Indes , les peuples sont divisés par castes, et que ces castes ne s'^lient jamais les unes aux autres, parce que celles des premiers ordres méprisent celles des derniers, qui se vengent de ce mépris par la haine. Or celle des firachmanes ou Bramines est regardée comme la première de toutes. Elle doit cet avantage aux connaissances dont elle paraît dépositaire, et à l'opinion qu'elle a donnée de son origine. Elle vient du di^i Birama, que nous nommons Brama, «.'«ÎJ'Sieu Les Brachmanes disent que Dieu est mie tad*2iiîiSïn".*t mière pure et intellectuelle, et de cette tamièt«
n'ont de Diea *^
0.0^. *'^** Us font émaner Buddas et Bacchus. Boddaes est adoré à la Chine et au Japon sous le nom de Sommonokhodom^ et à Sisom sous celui de Xaca.
Les âmes , selon eux , émanent aussi de cette lumière : elles n'en sont que des parcelles^ qui s'en sont détachées, et qui s'y rejoindront. Voilà à peu près tout ce que nous savons du système d'émanations qu'ils ont imaginé.
Ils reconnaissent que Dieu voit tout, gotfverïie tout , conserve tout : mais ils en parlent avec des expressions figiu-ées qui n'en donnent que des
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idées confuses ou contradictoires. Il est Tâme du monde , disent-ils : les étoiles sont ses yeux : il n'est pas corporel, et cependant le monde est par rapport k lui comme un vêtement.
Ils regardent le soleil comme le symbole de là divinité , et à ce titre ils lui rendent un culte. On rapporte qu'ils s'exerçaient à fixer les yeux sur cet astre ) et que ceux qui pouvaient le suivre depuis son lever jusqu'à son coucher, passaient pour être parvenus au plus haut degré de sagesse.
Lies Grecs , qui ont pu étudier les opinions des j^*^"/^ ""'*'• BraclHuanes , en ont mieux observé la manière de vivre. Ils les ont nommés gymnosophistes , c'est-àdire philosophes mis, et ils les ont représentés vivant loin du commerce des hommes , dans les bois, dans les antres^ ne buvant point de vlif, ne mandant point d'animaux, n'ayant pour lits que dea peaux étendues à terre, méprisant la vie, la douleur, et se donnant la mort lorsqu'ils arrivaient à la vieillesse.
Avec cette foçoti de penser, ils se croyaient sages ^ libl*es, sans mftHres et au-dessus des rois. Alexandre leur ayatit mandé de venir à lui, ils répondirent : qu'il vienne à nous, s'il a quelque chose à nous dire. Un deux, Calanus, se rendit seul aux ordres de ce conquérant, et devint parlà méprisable aux yeux des autres. Peu après , âgé de quatre - vingt - trois ans , il monta sur un bûcher, et se brûla.
venir.
crïnX'iîîiidî! ^ ^^^ austère des Brachmanes , les connais- '****"• sances qu'on leur supposait, et le mépris de la
mort, leur attiraient la considération du peuple. On s'empressait à leur donner l'hospitalité; on était jaloux d'en avoir chez soi : ils avaient un accèsiacile chez les grands; ils pénétraient même dans les appartemens des fenunes.
Ils pMttJcnt Ils passaient pour avoir un commerce intime
pour MToir la- IT r
avec la divinité, et on croyait que l'avenir se manifestait à eux. Ils avaient même à ce sujet une conduite assez adroite. Regardant les événemens particuliers comme des choses minutieuses , siw lesquelles il ne leur convenait pas de prodiguer le don de prophétie, ils se contentaient de prédire les événemens généraux, qui en effet sont plus faciles à prévoir, et avec lesquels les prédictions s'accordent toujours, pour peu qif elles aient été faites d'une manière vague , équivoque , et obscure.
Les gymnosophistes étaient ou des fanatiques de bonne foi, ou des ambitieux, qui, abusant de la crédulité des peuples , méprisaient le monde en apparence , afin d'être plus sûrs d'y jouer un rôle.