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CHAPITRE XL

Des poètes grecs avant la guerre de Troie.

Avant la guerre de Troie > la Grèce a eu pki* ^^ ^^f """" sieui*s poëf?es célèbres , dont il ne reste aucun ^y^:*^* *" ouvrage* Linus de Chalcide est le plus ancien. Il eut pour disciples Orphée et Thaafnaris ; tous deux de Tbrace. Orphée fut le maître de Musée , Athénien , qui transmit ses talens à son fils Euniolpe. Enfin Argos a produit Amphion et Mélampus.

•Plusieurs de ces poètes passent pour avoir voyagé en Egypte : tels solït Orphée , Musée et Mélampus. On le peut même conjecturer sur ce que la tradition a conservé de leur doctrine. Ils avaient pour les allégories le même goût que les Égyptiens : ils faisaient passer par des épreuves ceui^qu'ils admettaient fleurs mystères , et toute leur doctrine n'était qu'un ramas de fables sur ^a

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généalogie des dieux et sur la formation da inonde.

Docirînedor. Daus la doctHue d'Orphée , si on en croit ceux qui se sont donnés pour ses disciples , Dieu est tout j et tout est Dieu. Chaque chose participe à la divinité , en est une partie , et il y a propre* ment une infinité de dieux : ce sont des génies , des démons , des esprits répandus partout. Eux seuls doivent être l'objet de notre culte : car le Dieu suprême est trop aunlessus de nous pour lui adresser nos vœux. De toute éternité , cet être n'est qu'une même chose avec le chaos, te monde en est émané : il sera détruit par le feu : il retournera à son premier principe , et un autre monde naîtra par i^ie nouvelle émanation. Les hommes auront l'avantage de rentrer plus tôt dans le sein de la divinité , lorsqu'ils auront moins négligé les '^lustrations propres à se purifier ; et ces purifications étaient vraisemblablement le principal objet des mystères.

Ces opinions ressemblent si fort à celles que j'ai déjà exposées , que je me répéterais trop , si j'entrais dans de plus grands détails.

On attribue à Orphée d'avoir pensé que les planètes sont habitées. Si c'est avec fondement , il faut que les Égyptiens aient pensé la même chose avant lui. Cette conjecture suppose qu'on a été conduit par les observations , à juger que la terre est elle-même une planète. Or il n'est

pas vraisemblable qu^avant la guerre de Troie , la Thrace ait eu des astronomes capables de faire de pareilles observations.

Je ne m'arrêterai pas sur chacun des poètes des ^Jl^^%^ temps fabuleux : on ne peut pas juger d'eux d'à- "jïïïïiot.***^ près leur célébrité. Il est vraisemblable qu'ils ont été inférieurs à leur réputation , puisque , longtemps après eux , la Grèce était encore toute barbare.

Si les ouvrages de nos anciens poètes n^étaient pas venus jusqu'à nous , nous les croirions de grands hommes sur la réputation qu'ils ont eue. Il y en a même plusieurs que nous ne lisons point, et que nous disons être excellens. Nous l'avons ouï dire à nos pères, et nous aimons mieux le croire que d'en juger par nous-mêmes. Voilà vraisemblablement ce qui est arrivé aux Grecs. Chez eux la célébrité d'un écrivain était d'autant plus assurée , que ses ouvrages étaient extrêmement rares.

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