‹ Œuvres completesChapitre 50 sur 72 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Des sept sages.

qof l'dVnS'oS On dit , Monseigneur, que des pêcheurs ayant terMputVeTr vendu ce qui se trouverait dans leurs filets, il s'y trouva un trépied d'or, qu'ils refusèrent de délilivrer; que l'oracle de Delphes, qui fut consulté, ordoona de le donner au plus sage , et que les Milésiens, chez qui cette contestation s'était élevée, le portèrent à Thaïes. Celui-ci le remit à Bias , Bias à Pittacus; ainsi, de main en main, il passa jusqu'à Solon, qui, regardant Apollon comme la sagesse même , crut devoir le consacrer à ce dieu. Dans le vrai , on ne sait pas ce qui a donné occasion de compter sept sages. Vous connaissez Solon : nous parlerons bientôt de Thaïes. On sait peu de choses des cinq autres , dont je vais parler. chtioD. Chilon , de Sparte , homme juste et magistrat

éclairé, fut éphore. Il s'est fait connaître par des maximes qui étaient l'expression de la vertu, et par des mœurs qui s'accordaientavec ces maximes. C'est lui qui fit graver au temple de Delphes : Connais'toi toi-même.

piiucM. Pittacus, de Mitylène , ville de l'île de Lesbos ,

acquit une si grande considération par son courage , ses lumières et ses vertus , que ses conci-

ANCIENNE. 4ïS

toyens liîi offrirent L couronne. Il l'accepta , ^ donna des lois à sa patrie, établit Tordre, assura la tranquillité ; et , jugeant que Mitylène n^avait plus besoin de souverain, il abdiqua.

Bias, de Priène, ville d'Ionie, a été mis au ^'••• nombre de ceux qui ont le mieux servi leur patrie. Tous les anciens en parlent avec les plus grands éloges. De son temps la vertu et la science tenaient lieu de richesses , parce que l^s peuples , occupés des soins du gouvernement, sentaient le prix des lumières. C'est pourquoi, Priène étant assiégée, Bias , qui fut forcé de se retirer avec ses concitoyens, n'emporta aucun de ses effets. Mais sa sagesse lui restait , et il dit à ceux qui étaient étonnés de sa conduite : Je porte tout avec nioL

Cléobule , de Linde, ville de Rhodes , comptait a<ob«i«. Hercule parmi ses aïeux. Il joignit à la beauté et à la force du corps, la beauté et la force de l'âme. Il gouverna sa patrie avec beaucpup de sagesse, et se distingua surtout dans la morale. Une de ses maximes était qu'il faut faire du bien à ses amis, pour se les conserver, et à ses ennemis pour les acquérir : maxime supérieure à une de celles de Bias, qui disait qu'il faut aimer conune si on devait haïr un jour. Il se plaisait à proposer des questions, sous le voile de l'énigme , à l'exemple des Orientaux, chez qui il avait voyagé. Il a eu une fille célèbre : on la nommait Eumélide, ou Cléobuline, du nom de son père.

Y^l/^ HISTOIBE

périand^. Périandre est le septième des sept lages de la Grèce. Les historiens l'ont représenté connne un monstre : mais Hérodote , qui est le plus ancien , n'a écrit que deux cents ans a|»*ès. Il a pu ramas* ser sans dioix des bruits répandus par la haine des Grecs pour tous les souverains. Il est certain que Périandre a gouverné les Corinthiens avec sa* gesse : d'ailleurs c'est on préjugé pour lui d'avob' été mis au nombre des sages.

r.r«c? \n*te" ^^ demande ce que les Grecs ont entendu par a.<nip«rta£«s. ^ x^^ve. Ou répoudra aisément, si on considère que dans ce siècle on ne s'est occupé que de morale et de législation ; que ces honomes célèbres ont été dans leur patrie , ou «magistrats ou législateurs ,^t qu'ils se sont principalement appliqués aux choses du gouvernement.

K<ope. ' Ésope vivait dans <$e même siècle : mais rien

n'est moins connu que les circonstances de sa vie. Il n'est pas même sur qu'il soit l'autem* des fables que nous avons sous son nom. Nous savons seulement qu'il s'est distingué dans ce genre , ^ qu'il a été esclave.

onl**S" « ^^ quelques firagmens qui restent des ouvrages des sept sages, on voit qu'ils ont écrit en vers, conformément à l'usage de leur siècle.

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