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CHAPITRE XXI

D'Aristote > chef de la secte përipatétique.

«rco^«!c'2?5t Aristote naquit à Stagire, ville de Macédoine , u^w* d'An., jg^ ^^ ^^^^^ j ç, j^ descendait d'Esculf^pe, et

NicomachuB , son père , exerçât la médecine à la cour d'Amintas , père de Philippe. Nicomacbus étant mort, Aristote resta sous la tutelle de Proxénus , qui ne négligea rien pour son éducation. Plein de reconnaissance, Aristote n'oublia jamais ce qu'il devait à soi} tuteur : il lui éleva de$ statues ; il en adopta le fils, Nicauor, ftuquel il tint lieu de père.

U commença dès l'âge de dix-sept ans à û^quenter l'académie. Mais, ne pouvant se borner aux études qu'on faisait dans cette école , il rechercha tous les Uvres où il crut pouvoir puiser

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des connaissances ^ et il acquit de bonne heure une .grande érudition. Platon l'appelait V esprit y V intelligence j et le comparait à un coursier dont l'ardeur a besoin d'être soutenue par un frein*

Après la mort de Platon , Âristote se retira diez son ami et condisciple, Hermias , qui régnait à Atarne dans la Mysie. Trois ans après , .ce souverain , vaincu par Memnon de Rhodes , fat envoyé à Ochus, qui le fit mourir, et laissa sans bien une nièce aimable et vertueuse, Pythia, qu'il avait désignée pour lui succéder. Aristote consacra, dans le temple de Delphes, une statue à son ami ; il en célébra la mémoire dans des vers, et il en épousa la nièce , également sensible aux malheurs et au^ vertus d'Hermias et de Pythia. Peu de temps après il fat appelé^ à la cour de Macédoine. Il avait alors quarante et mi ans.

Il eut beaucoup de part à la confiance de Pinlippe et d'Olympias. Je ne prétends pas faire par4à son éloge , Monseigneur : c'est seulement un fEÛt que je lîapporte. Peut-être donnerais-je de ce phiTosophe une idée peu avantageuse , si je n'ajoutais qu'il ne se servit de son crédit que pour £sdre du bien. Il fat utile à tous ceux pour qui il fat honnête de l'être. Bienfaiteur des peuples , il empêcha les vexations , autant qu'il fut en lui. Sa patrie siu:tout se ressentit de sa faveur. Stagire avait été ruinée : on la rétabUt à sa considération; on lui accorda plusieurs privilèges; on permit

même k Aristote de lui donner des lois. C'était le cas de dire , avec Aristippe , que les philosophes sont faits pour être auprès des grands , comme les médecins auprès 'des* malades.

Après avoir donné huit ans à l'éducation d'Alexandre , il vint à Athènes , lorsque ce conquérant partit pour l'Asie , et il entretint un commerce de lettres avec son disciple.

Ce pt'ince ayant contracté avec lui le goût des sciences et le désir de contribuer à leurs progrès , elles parurent le premier fruit de ses conquêtes : car il se hâta de procurer à son précepteur les moyens de travailler à l'histoire des animaux. Des milUers de chasseurs et de péchem^s furent répandus dans les provinces de sa domination ; et il envoya huit cents talens pour fournir aux frais de cette entreprise. Cet ouvrage fut par&itement bien exécuté. Malgré les découvertes qu'on a £siites depuis , il est encore regardé comme un des meilleurs que nous ayons en ce genre.

Les étincelles de vertu qui parurent d'abord dans Alexandre ont été l'effet des leçons d'Aristote. Ce prince disait alors : Je dois le jour à mou père ; mais je dois à mon précepteur de savoir me conduire ; et si je règne avec quelque gloire , je lui en ai toute l'obligation. Malheureusement ce philosophe avait semé dans un âme où les vices avaient jeté de profondes racines , et où les vertus ne pouvaient naître que pour mourir bientôt.

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Jfugez de son chagrin , lorsqu'il apprejoait les extravagances et les oruaut^ de son élève. Ne devait -il pasi. craindre que k honte dont il le voyait s% couvrir ne rejaillît ua jour sur luimême ? Mais Alexandre l'a lavé de tout reproche. A mesure que ce conquérant se livrait à des excès , il s'éloignait d'Aristote ; et , lorsqu'il eut fait périr Callisthène, il rompit enfin tout commerce avec le seul homme qui pouvait le rappeler à ^es devoirs. Cette conduite achève de déshonorer ce monarque. Vous serez vertueux , Monseigneur , ovi vous haïrez votre gouverneur et votre . précepteur .

Aiîstote enseigna dans le Lycée avec beaucoup de talens , avec la considération que lui donnait la faveur d'Alexandre, et par conséquent avec beaucoup d'ennemis. La jalousie, qui n'avait osé §e montrer ,. éclata après la mort de ce conquérant ; et Aristote ,. accu^ d'impiété , se retira, à Chalcis en Eubée , disant qu'il ne voulait pas que les Athéniens asseoit .\in nouvel outrage à la philosop}iie.. Il avait enseigné douze ans dans le Lycée , et il mourut peu après , -dans la soixantetroisième année de spn âge. Son corps fut transporté à Stagire , où où lui éleva un tombeau , un autel , un temple même : et un joiu: de l'année fut consacré à sa mémoire.

On reproche à ce philosophe l'ambition démesurée d'Alexandre. Mais dans une cour telle que

vu.

celle de Macédoioe , éuit-il en son pouvoir d'inspirer à son élève des sentimens à son choix ? et faut-il qu'on soit responsable à la postérité de toutes les .actions d'un prince, parce qu'on a présidé à son éducation ? Cest aux Grecs , c'est aux Asiatiques même qu'il faut reprocher l'ambition d'Alexandre , puisqu^enfin toutes les nations sont asse2 folles pour applaudir aux conquérans. .c^j<briiéd»A- Aristote est le plus célèbre des philosophes de l'antiquité. Il n'y en a point dont on ait dit , ni plus de bien , ni plus de mal. Mais ceux qai ont tenté de noircir sa personne ont été ses ennemis déclarés , et leurs calomnies n'ont pas pu détruire les monumens qui prouvent la noblesse de son âcme. Quant à sa philosophie , on l'a presque toujours ou trop louée , ou trop critiquée. . , iob»c5r*w * d« L'obscurité est surtout le défaut qu'on peut kii "' ^*"' reprocher. Cependant on le traitera avec moins de rigueur , si on se transporte au temps où il a vécu. Certainement il n'était pas prudent à un philosophe de découvrir toujours sa façon de penser. Aussi paraît-il affecter une grande briè- -^té , franchissant les idées intermédiaii^es , défi* -Hissant rarement les mots, leseiÉaployant dans des acceptions différentes , paraissant quelquefois se contredire , et ne prenant pas même toujours la peine de faire connaître s'il parle en son nom , nu s'il rapporte l'opinion d'un autre. Alexandre , à qui une vanité puérile aurait fait désirer d'être seul

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Inhié dans les sciences , lui ayant reproché d^avoir donné quelques tmvrages au public , il répondit que' c'était à peu près comme s'il ne les avait pas donnés, parce qu'ils ne seraient entendus que de ceux à qui il en communiquerait l'intelligence. Vous voyez qu'il était partisan de la double doctrine. Le matin il enseignait la partie secrète de sa philosophie à un petit nombre de disciples choisis. Le soir il ouvrait son école à tout le monde , et il donnait des leçons sur la rhétorique, la poétique , la morale , etc.

Un événement a contribué encore à l'obscurité de ses écrits. Tant qu'Aristote a vécu , il a rarement permis que ses ouvrages se répandissent dans le public. En mourant , il le^ laissa avec sa bibliothèque à Théophraste , qu'il choisit pour son .successeur. Celui-ci les légua à Nélée , de Scepsis en Mysie. On croit qu'alors Ptolémée- Philadelphe en acheta quelques-ims , qui furent brûlés avec la bibliothèque d'Alexandrie. Les autres restèrent aux héritiers de Nélée , qui les enfouirent d^iûs un caveau , de cramte de se les voir enlever par le roi de Pergame. Ils ne sortirent de ce souterrain que plus d'un siècle après. Ils étaient donc fort mutilés , et ils ont encore été défigurés par des éditeurs , qui ont entrepris de les réparer sans les entendre.

Cette philosophie, si peu connue, a été enseignée pendant des siècles ; et plas elle a été

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enseignée , plus elle est devenue obscure. Un nuage de conunentateurs s'est placé entre Aristote et nous. Ses passages ont été expliqué» de. mille manières ; l'ordre de ses livides a été bouleversé, et on ne peut plus reconnaître la route qu'il a suivie.

Enfin ceux qui le lisaient le regardaient , les uns comme un impie , les autres comme un orthodoxe que la révélation aurait éclairé, et quelquesuns comme un ignorant à qui on serait tenté de . refuser le Isens commun. En un mot ce sont toujours des hommes trop prévenus pour ou contre Aristote qui ont entrepris d'en faire connaître les opinions : c'est par leur canal que sa doctrine est venue jusqu'à nous.

J)^^nâ*^^, On démêle dans ce philosophe une grande érudition , im génie vaste ; et le» ouvrages où on l'entend font regretter qu'on ne l'entende pas également dans tous. Quoique plusieurs se soient perdus , il en resté encore un grand nombre ; et quand on songe qu'il était d'une santé délicate, qu'il a passé plusieurs années de sa vie au milieu du tumulte d'une cour fort inquiète , et que depuis il a donné chaque jour plusieurs heures à ses disciples, on a de la peine à comprendre comment il a pu suffire à tant de travaux.

La supériorité d' Aristote paraît surtout dans les écrits où il a pu exposer sa pensée sans mystère. Tels sont sa rhétorique et sa poétique. On

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conjecfùre qu'il les composa pour l'instruction d'Alexandre. Il y montre ce discernement fin , qui est le caractère d'un goût éclairé. Les principes qu'il y établit sont en général vrais , et ont été adoptés païf les meilleurs esprits.

Sa logique est beaucoup moins bonne. On y admire à la vérité une grande sagacité; mais on est fâché de voir qu'il s'arrête plus sur le mécanisme' du raisonnement que sur le raisonnement même. ^ *

Sa physique , si on excepte l'histoire des ani- ^^j*,j '*u,V'2ï! tiiaux, est le plus imparfait dé ses ouvrages. Il Jîî[*agetf* '** eut pu être, et il eût été un bon observateur, si l'usage ne l'eût pas condatnné , comme tous les autres philosophes, à deviner la nature. Il fit donc im système. Il est vrai que cette partie de sa philosophie pouvait être moins défectueuse qu'elle ne le psuraît aujourd'hui ; car c'est celle qui a été le plus défigurée.

Ce qui lui fait le plus de tort, c'est l'infidélité p» i.i re-

* * ' proche d avoir

avec laquelle il a exposé les opinions des autres , uJKôl li^^tafin de les réfuter plus facilement. Il ne lui eût pas été impossible d'être plus fidèle , et en même temps bon critique. Mais il n'imagma de combattre tous les philosophes , que dans le dessein de paraître dire mieux, quoiqu'il n'eût rien de mieux à dire. Ambitieux de fonder une secte qui fît oublier toutes les autres , il ressemblait , dît Bacon, à ces princes ottomans qui ne pensent

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régner en sûreté qu'après avoir fait périr tou» leurs frères.

,o^n72i°i"uV II rejeta avec raison les idées intellectuelles de uTq^'u?^!'. Platon y U» nombres de Pythagore , les élémens d'Anaxagore, les atomes de Leucippe. Il ne substitua cependant à des notions vagues et abstraites que des notions aussi vagues et aussi abstraites. Je ne me propose pas de vous exposer toutes ses opinions ; je n'en veux parler que pour vous faire connaître sa manière de raisonner, et pour vous mettre en état d'en observer l'influ^ce sur l'esprit prétendu philosophique des sièdes posté* rieurs. C'est, çpmme nous l'avons déjà remarqué, le seul point de vue sous lequel l'étude des systèmes anciens peut être curieuse et utile. seion^miot^ Les prii|e^pes, dit Aristote , sont ce qu'il y a dt cipetaetchoMi. pyç^iiep^ ce par quoi toutes choses sont. Ainsi ils Qe naissent pas les uns des autres, ni de rien qii^on puisse supposer leur être antérieur.

Il faut qu'il y ait de pareils fnrincipes, puisqu'il existe quelqae chose; et il faut qu'il y en ait de contraires, puisque les choses s'engendrent et périssent.

Mais combien y en a^-'il ? Il serait embarrassant d'en admettre ime infinité. Ce ne serait pas assez non plus de n'en admettre que deux. Conmie ils seraient opposés, ils ne produiraient rien : ils se détruiraient au contraire. II y en a donc trois , et ce sont la matière, la forme et la privation.

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La matière est ce qui- n'est , ni qui , ni quoi , ni ai^^ îiuii^*'* combien ^and , ni ce par quoi l'être est déterminé ; c'est-à-dire que la matière n'est rien par elle-même. C'est seulement un isujet vague qui peut devenir quelque chose.. Ce sujet n'est point corps, parce qu'il n'a ni quantité , ni qualité d'aucune espèce ; maia il devient corps aussitôt qu'il est doué de quantité et de qualité.

Voua voyez que cette matière incorporelle d'Aristote n'est que le corps même, considéré en faisant abstraction des cfualités qui lui sont propres. Cependant ce pliilosophe s'applaudit de cette découverte ; et il ne néglige rien pour prouver que la nudière incorporelle est le principe des corps. ,

Les formes sont d'autres idées abstraites qu'il J^4îrd«forréalise encore. Elles ne sont autre chose que les "" ^•^•»*"*- .qualités qu'il a enlevées aux corps , lorsqu'il a fait des abstractions. Il a détruit des corps en leur enlevant ces formes, et il p'est resté qu'une matière incorporelle : en rendant ces formes à cette matière , elle redevient corporelle , et les corps se reproduisent. Voilà la génération des choses. Elle n'est qu'un ouvrage de l'imagination, qui refait ce qu'elle a défait.

Les formes naissent et meurent. Ce qui est noir, ^,^" p;';^;p; par exemple , ne devient blanc , que parce que la ^''**""" forme du noir est détruite , lorsque la forme du blanc se produit. C'est ainsi que les contraires

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viennent de leurs contraires.; et c*est , autabt qu'on le peut comprendre^ tout le mystère du troisième principe qu'Arîstbte nomme la privation.

. De ce que les corps sont produits par la réunion de la forme à la matière, c'est une conséquence que la nature des substances corporelles soit dans ces deux principes réunis. C'est aussi ce que dit Aristote; et il veut que cette nature se trouve plus dans la forme que dans la matière ; parce qu'en effet, les corpi» ne sont sensibles que par leurs formes, c'est-à-dire parleurs qualités. Il est évident que ce langue , bien apprécié , ne nous apprend rien. Passons à d'autres principes de ce philosophe. r.ii^e"^"r ^î ^^'^ coTps sottt mus. Douc , conclut - il avec raison, il y a un premier moteur immobile; car autrement il faudrait admettre une progression de causes à l'infini. Cependant il ne conçeit pas que le mouvement ait commencé,: il ne prouve même que le premier moteur est éternel , que parce qu'il n'imagine pas comment le mouvement ne le serait pas lui-même; et il en infère que l'univers a toujours été , et sera toujours tel qu'il est. N'est-ce pas là reconnaître une progression à l'infini?

Dès que le premier moteur est immobile , il est immatériel. Comment donc meut -il la matière? Comme l'âme meut son corps; et, à cette comparaison , Aristote ajoute des explications qu'on n'entend pas.

iiioDvtin«nt.

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ÂjA'ès avoir donné du mouvement une définition fort obscure , il en distingue de deux sortes ; l'un en ligne droite, l'autre en ligne courbe. Le premier appartient aux choses sublunaires , qui sont pesante^ ou légères, parce qu'elles s'ap prochent dû centre , ou qu'elles s'en éloignent. Le second appartient aux choses célestes , qui ne so\ît ni pesantes ni légères , parce qu'elles se meuvent toujours à une égale distance du centre.

Sur ces principes, qu'il est inutile de réfuter, il „rt.?aîIdiMM détermine le nombre des élémens dont les choses Kn AÎûlote.*** sublunaires doivent être formées. La terre est un élément pesant, le feu est un élément léger. Entre ces deux espèces, il en pouvait distinguer une infinité d'autres, et il se borne à deux : l'eau, qui tient de la légèreté du feu, mais qui participe plus de la pesanteur de la terre ; l'air , qui tient de la pesanteur de la terre, mais qui participe plus de la légèreté du feu. Il n'y a donc que quatre élémens des choses sublunaires : la terre, l'eau, l'air, le feu.

Or les cicux, selon lui, ne sont ni pesans ni ,„"ç{;Jj;*çS^ légers. Ils ne sauraient donc être composés de ces ttîîr^,ilSr'^ quatre élémens ; et il imagine, pour les choses célestes, un cinquième élément, qu'il nomme quintessence.

Dès qu'au delà de la lune , il n'y a qu'un élé- ., . Ponw!«oi

* ^ J X il )a§t que les

ment, le combat des élémens n'y peut avoir lieu. eo"«pHbî«."" Les choses célestes ne sont donc jamais altérées par des principes contraires. Elles ne sont donc

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susceptibles, ni de génération, ni de corruption,

ni d'accroissemens, ni de décroissaoïens. Les cietix

sont donc incorruptibles.

ie%"ow"c7i«! ^^ premier moteur, qu'Aristote nomme Dieu,

rôrtÔM'îTçho- ne s'occupe que des choses incorruptibles ou cé-

aes sablanaires.

lestes. Relégué dans les cieux , il abandonne aux élémens et à la fortune les choses sublunaires. U ne donne lui^-méme aucun mouvement à celles^i, et elles se meuvent uniquement par une espèce de sympathie avec les choses célestes..

Atnto^Zm^ôk L'âme est une entéléchie , c'est-àrdirc , autant qu'on peut conjecturer, le principe actif de tout ce qui se produit en nous. O sur ce que nous végétons, nous sentons, nous raisonnons, Aristote distingue, dans cette entéléchie, trois facultés, la végétative , la sensitive et la raisonnable.

Quoique ces trois faKniltés ne fassent , sjslon lui, qu'une seule &me , il pense que les deux premières meurent avec la dissolution du corps : et il distingue dans la troisième deux parties, un entendement passif, qui aperçoit les formes des objets et qui est mortel, et un entendement actif, qui conçoit et qui est immorteL

Il ne s'explique point clairement sur l'origine de ces parties de l'âme. Dans ses principes , l'entendement actif ne peut émaner ni de Dieu , ni de l'âme du monde ; et il parait sc^poser une intelligence éternelle, qui est dans toute l'espèce humaine. Cette intelligence est le principe d'où il

tire la partie immortelle de chaque âme, et où il la fait retourner après la mort.

Je passe rapidement sur ces opinions. Il me suffit de vous prévenir que les formes d'Aristote, sa manière, ses quatre élémens, sa quintessence, ses âmes végétatives , sensitives et raisonnables , seront , pendant des siècles , tout ce qu'on a'oira avoir de mieux en philosophie.

Théophraste d'Érisse, ville tîe l'île de Lesbos, 4,JSV.*^* enseigna dans le Lycée , après la mort d'Aristote, Versé dans tous les genres de littérature , il parlait avec autant d'éloquence que de clarté. Il eut jusqu'à deux mille disciples, parmi lesquels on compte Démétrius de Phalère. Il fiit généralement estimé, et surtout infiniment cher aux Athéniens. Il nous reste peu de ses ouvrages, quoiqu'il ait beaucoup écrit. Il paraît qu'il ne suivait pas servilement les opinions d'Aristote. Il est mort dans la quatre * vingt * cinquième année de son âge, a86 ans avant Jésus-Christ.

Après lui on ne compte plus dans le Lycée aîxh^rpï^"" que cinq philosophes qui ont successivement tenu l'école. Le premier et le plus célèbre est Straton, dont nous n'avons aucun ouvrage. 'Les autres se sont succédés dans cet ordre : Lycon, Ariston, Critolaûs , Diodore. Vous savez que les sectateurs d'Aristote ont été nommés péripatéticiens , parce que d'ordinaire ils agitaient les questions en se promenant. ' \

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