CHAPITRE CVn
Mœurs des Athéniens.
«Athènes est mie ville pleine d'esprit, de grandeur, de légère é, d'inconstance, et toujours agitée par les factions; elle contient environ trenle mille habitans, ,sans compter les esclaves. Les Alhéniens se piquent d'élégance, et leurs mœurs inclinent à la mollesse ; ils portent des habits brodes Comme les femmes, compo.sent leur teint c&mnie elles, se frisent, se parfument des essences les plus suaves, .se mettent des boucles d'oreilles, portent sur eux de petits miroirs, ont une toilette, un néces,saire; ils.se plaignenl de la migraine, ressentent des vapeurs, des tressailleinens de neris. Les jeunes ijens de bonne maison .soupenl avec les courtisanes, passent leurs journées chez elles, dans les places publiques, ou dans les bouliques des pariumeuis, des orfèvres et des barbiers, ouvertes à tout venant. Là, ils vont se repaitre de nouvelles, dont loin Athénien est avide; ils s'exerci ut à saisir les ridicules les uns des autres. Nés très railleurs, ils ridiiuli.seiit également le sarr et le profane Les visites, les promenades, les spectacles remplissent leurs loisirs.
«Leurs imporlanles occupations sont d'assister aux sacrifices, aux lêles des dieux, aux assemblées du peuple; de s'étaler an Prylanée avec des babils de mode. Ils courent en foule à rOdéum, théâtre de inauvai e musique, où des mimes représentent, avec des gestes iudécens on des danses lascives, des scènes d'amours coupables. Jeunes gens, hommes faits, magistrats, philosophes, presque lous les gens aisés viveni de celle sorte. Jadis, la plupart des Alhéniensallaient pieds nus; mais Alcibiade a iulroduil une nouvelle chaussure, adoptée par les élégaiis. Ou trouve dans celle ville des compagnies choisies et des conversations instructives sous les différeiis portiques. Le peuplé .se réfugie, .surtout l'hiver, dans les bains publics; clia(ue parliculier en a dans sa niai.son, cl ils se mettent au bain après la promenade, ou , le plus souvent, avant le repas. Les Alhéniens ne couvrent leur télé d'un giandihapeaii i bords relrouss's que dans les voyages. Ils vont ,oiniiiiiiiêmeiit à pied dans la ville, ou aux environs, une canne à la main; mai-i depuis quelque temps les geus riches et fastueux ont des lilièies attelées de mules blanches de grand prix , qu ils font venir de Sicyone ou du l'éloponèse. Vai cuisinier, dans celte ville, est un impoilant personnage. On ne peut s'empêcher de rire lorsqu'on .se rappelle que le gouverneinent a accordé le droit de bouigcuisie au nommé Chérips parce que sou père av ait iiivcnlé un excellent i agoilt aux truffes.
" Les Athéniens, sans s'abandonner à rivre,s.se, aiment le i)on vin; ils font servir sur leurs tables des cigales, des saulei elles, et même la chair des ânes et des taupes. Pendant l'été, ils lont rafraîchir le \ lu dans la neige. Les Heurs les plus brillantes ornent leurs tables pendant l'hiver. Chez eux point de eslins sans boufions ; les jeunes gens s'adonnent à la cha.sse, à l'équiialion, aux baladins. Les Alhéniens élèvent beaucoup de paons; ils aiment passionnément toutes sortes d'animaux élrangcrs. Us nourrissent des perroquets d'Afrique, des faisans, des pigeons de Sicile, des chiens de Malle et de Lacédémone, des chevaux de Thessalie et de lArgolide, des mulets du Péloponèse, et des singes. Leur conversation est légère, frivole et brillanle desprit. Ils sout durs et polis, civils el niédisans, surtout envers les femmes: ils s'imaginent qu'on ne peut penser, s'amuser et vivre heureux que
dans leur ville. Ils respectent la naissance, surtont de ceux dont les aïeux ont donné de {;rancls exemples de vertu et de bravoure, ou (|ui ont rempli les premières places de la niaijislralure , oafî'ié des batailles, ou rem- )iorté des couronnes aux jeux publics. Cependant ces familles ne jouissent d'aucun privilège exclusif, d'aucune préséance; mais leur éducation leur do ne des droits aux honneurs, aux premieies places, et le peuple aime à leur eu faciliter l'entrée. Le sénat est composé de cinq cents sénateurs renouvelés tous les ans. \ la fin de l'année, chaque tribu présente cinquante députés et cinquante supplèans élus par le .sort; mais il faut que les candidats soient renommés par des mœurs pures et une conduite irréprochable. Heureux les );ouverneniens oii ces conditions seraient observées! Mais aujourd'hui Athènes ne remplit ses majji.si ratures que de citoyens audeset pervers. Les députés, avant d'exercer leurs fondions, prêtent serment de ne donner que de bons conseils et de se conformer exactement aux lois. La république leur donne une drachme par jour (dix-huit sous;. Ils s'as.semblent toute l'année, excepté les jours de fêtes et ceux regardés comme funestes.
■ La nature a favorisé les Athéniens des plus beaux yeux du monde, et d'une vue très perçante'. C'est à la perfection de leurs yeux qu'il faut attribuer les progrès qu'ils font dans lesarts qui dépendent immédiatement du dessin. Les hommes sont fameux par la beauté des formes, et l'emportent même sur les femmes; tellement qu'on a craint que leur ascendant sur nous n'eu fût affaibli. En conséquence, on a établi des magistrats nommés gn'cronomcs , au nombre de dix , pour veiller sur la parure de ce .sexe ; on exige de lui qu'aux attraits louchaus de la décence il joigne l'éclat et l'élégance des vètemens. La rigueur de ce tribunal est extrême; il impose une amende de mille drachmes aux lemmes qui sont mal coiffées on mal vêtues, et fait inscrire leurs noms dans un tableau exposé au public ; et celles dont les noms y paraissent sont à jamais perdues dans l'esprit des Grecs.
• Les Athéniens joignent une grande force de corps à la beauté des formes : c'est dans le quartier appelé Coli'os que naissent les plus beaux enfans^ C'est i> la salubrité de l'air et à l'admirable position de leurs montagnes, <|ui les garantissent du souffle impétueux des aquilons et de l'humide iniempérie des vents du couchant, qu'ils doivent ces avantages. De plus, ils s'attachent particulièrement à per eclionner la beauté de leurs enfans, et le gou>erncment les y encourage par des récompenses. A force de soins, ils sont parvenus, dit-on, à changer la couleur des yeux. Us font apprendre le dessin à leurs enfans, pour les mettre à même déjuger de la régularité des formes. Alribiade a refu.sé de jouer de la HOte parce que cet instrument le faisait grimacer, et tous les Athéniens ont suivi cet exemple On vit long-temps à Athènes, et l'on n'y connaît aucune maladie endémique'. Ce qui contribue encore à la Iwnne constitution de ce peuple, r'e.st l'usage habituel du miel, excellent dans l'Attique, preuve certaine de la pureté de l'air. Les Athéniens reçoi-
' Paw prétend qu'ils découvraient à dix lieues de distance les plumes du c:is(|nc de la .statue rie Minerve. 1,0 croyait-il ?
■' Paw assure qu'ils parlent plus tùt que les autres.
= Ou ne trouve ni dans l.urs auteurs , ni dans les traditions, ancniie ronnai.ssanee de la petite vérole, du rachiUs et des maladies vénériennes.
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vent des impressions très vive* de tous les objeLs : tout parle en eux , les gestes, l'habitude du corps, la force et l'expression de leurs regards. Un observaeur prétend qu'à Athènes on parle plus dans un jour qu'à Sparte dans toute une année.
> Pour entretenir leur santé et leur agilité, ils font un grand usage des éluves, dont nous devons l'invention à la fameuse Mnlée. L'appareil du feu et des chaudières fît ima ;iner au peuple qu'elle rajeunissait les hommes en les faisant bouillir : il le crut d'autant plus aisément que Médée pour ne pas instruire les médecins, garda strictement le secret de sa méthode. Le genre de mort de Pêlias n'est qu'un conte populaire : il fut étoufié par la vapeur du bain;i;^0).
• A l'âge de dix-huit ans, les Athéniens se font inscrire, et prêtent serment de .servir la république jusqu'à soixante 131,. Les citoyens seuls sont admis au serment. On compte aujourd'hui dans cette ville vingt mille citoyens, enviion quarante mille domestiques ou esclaves'. Le gouvernement veille sur l'éducation de la jeunesse. Les gynmases ou palestres sont les lieux destinés aux exercices du corps et de l'esprit : on y apprend la danse, qui donne au corps de la grâce , de la noblesse et de l'aisance; la musique, qui calme les passions, et adoucit l'âpreté du caractère; mais, aujourd'hui très licencieuse, elle est, ainsi que la danse, une des causes de la dissolution de mœurs. L'êquitalion et les évolutions militaires sont au nombre des exercices des jeunes gens. Qu^nt à ceux de l'esprit, des maîtres leur enseignent la prosodie, la syntaxe, la prononciation de notre langue; leur en font sentir les grâces, les beautés. De là nait ce goilt délicat des Athéniens, cet amour des beaux vers, dont ils se font un plaisir d'orner leur mémoire, avantage qui leur attire chez les étrangers un accueil très distingué.
"Mais le talent auquel ils s'attachent avec le plus de passion , est celui de l'éloquence , qui leur ouvre la porte des honneurs et de la gloire.
"Eschine, un de nos premiers orateurs, plus âgé de seize ans que Démosthene. lui disputait la palme de l'éloquence; mais le peuple ayant voulu décerner à ce dernier une couronne d'or, Eschine attaqua à la tribune Ctésiphon , l'auteur du décret ; Demosthène se présenta pour le dé endre. Les deux rivaux luttèrent avec vigueur, déployèrent toutes les ressources de leur génie. Eschine succomba , et fut condanmé à l'exil ; mais le généreux Démosthene, loin d'accabler le vaincu du poids de sa gloire, le força à lui paidonner son triomphe. Au moment qu'il sortait d'Athènes, il courut au-devant de son riial, lui offrit sa bourse, et l'obligea de l'accepter. Eschine, pénétré de ce procédé , s'écria : • Eh ! comment ne regretlerais-je pas une patrie oit je laisse des ennemis si géuéreux , que je désespère de retrouver ailleurs des amis qui les égalent ? »
• On sait que Démosthene s'enferme des mois entiers dans un cabinet souterrain , et que, pour n'être pas tenté d'eu sortir, il .se fait raser la moitié de la tête : c'est là qu'à la lueur d'une lampe il compose ses harangues immortelles.
• De l'école d'isocrate il est sorti une foule d'orateurs
' Les Athéniens avaient des domestiques à gages, de condi tion libre, el des esclaves f.iiis prisonniers â la guerre, ou achetés di s marchands d'esclaves qui les tiraient presque tous de la Phrygie et de la Mysie.
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éloquens et de personnages illustres. En parlant de ce grand homme, on ne doit pas oublier que lui seul osa perler le deuil de Socraleaux yeux dupeuble qui venait de rassassiner(132). L'arbiede la philosopliicest aussi cultivé à Athènes ; mais on voit éclore sous son ombre une (ourmiliere de prétendus philosophes hérissés d'arijulies et de paralogismes ; fjens qui, bii;arrés de quelques pièces du manteau du saj;e, osent débiter ses maximes, ses opinions, qu'ils isolent et appliquent gauchement à leurs systèmes insensés ou pervers. D'autres jeunes gens sont attaqués delà laconomanie; ils affectent les mirurs et le costume des Spartiates; ils portent mie tunique fort courte, dune laine très grossière, et s'enveloppent d'un grand manteau de la même étoffe. Ils lais.sent tomber Icurscheveux hérissés et épais. Ils ont une longue barbe, vont pieds nus, ou chaussés d'une sandale de couleur rouge, et armés d'un gros bâton , marchent d'un pas grave et mesuré. Ils mangent couchés sur un lit de bois de chêne, le coude appuyé sur une pierre , ou sur un morceau de bois.
«Les moeurs de cette ville ont déjà souffert de grandes altérations. L'ardeur des plaisirs a succédé à l'enthousiasme des nobles passions, et ledégoiU de la vie ù l'amour de la gloire. La soif du gain, l'avarice y rcgnenl tellement , que ce vers d'Ari.slophane,
L'Athénien, en mourant, tend encore la main.
est devenu proverbe. Une mauvaise philosophie, qui ramène tout aux sens, ose débiter en plein théâtre ses maximes funestes. Le poi te Alexis est le premier qui ait propagé ces principes épicuriens. « Que parlez-vous , ditil, du Lycée, de l'Académie ou du Portique, amusement de sophistes, oit il n'y a rien de solide? Jouissons, i;Oùlous les plaisirs de la table ; il n'est rien de plus doux : venus, honneurs, dignités, vous êtes de vains songes! la mort, au tenq)s marqué, doit glacer nos sens; nous n'emporterons que ce que nous aujons bu et mangé. Et que sont aujourd'hui les l'ériclès , lesCodrus,leSi'\iilliade? rien qu'un peu de cendre. » Oiielle depiavaliou! ([iielle morale 1 l'on ne rougit pas de la publier, et les magi.strals le souffrent ! On trouve ici, à coté de la sagesse et de la magnanimilé, la folie et lahas.ses.se, la liherlé à coté de la tyrannie, l'austérité contrastant avec la volupté, la philo.sopliie d'Anaxagoie et de Socrate obscurcie par les paradoxes et les subtilités des sophistes. Athènes e.st aujourd'hui l'école du plaisir et du vice comme de la littérature et de la philosophie. »
Après celte tiiade, que i'oléinon débita avec véhémence, on l'engagea ù se reposer ; il but de l'eau et mangea un morceau d'ânou.
Lorsqu'il eut fini , Lasthénie lui demanda si dans la peinture des mœurs d'Athènes il avait oublie les femmes. — « Je n'aurais garde ; mon tableau pej drait son plus grand intérêt, son attraitle pluspiquant. Mais, pour les peindre, il faut les connaître ; ce qui demande beaucoup de sagacité et une étude très suivie. Je n'ai fait encore qu'esquisser leur portiait ; en voici quelques traits détachés.
■ Les Athéniennes, pour éviter cette censure flétrissante dont je viens de parler au sujet de l'habillement et de la parure, ont adopté un luxe ruineux et les modes les plus extravagantes. Jamais nation civilisée n'a fait un tel usage du fard ; elles se noircissent les sourcils et les paupières, se peignent les joues et les lèvres avec le suc
de l'orcanettc ' : elles étendent une couche de céruse sur leur sein et sur leur visage. Ces couches sont si épaisses, qu'elles donnent aux femmes, à très peu près, la même physionomie, ce qui émousse le sentiment chez les hommes, et les latigue par l'uniformité. Les Athéniennes poussent si loin la manie des belles tailles, qu'elles se serrent extrêmement, jeilnent pour prévenir l'embonpoint, et emploient des poudres astringentes et ferrugineuses pour prévenir la trop grande croissance du sein, tandis que le corps est fortement comprimé au défaut des côtes. La petitesse du front est chez elles un trait de beauté; aussi les boucles de leurs cheveux desiendent jus(|ue sur leurs sourcils ; elles répandent une poudi e jaune sur leurs cheveux couronnés de fleurs. Leur chaussure est très haute; c'est une simple semelle qui s'attache sur le pied a\ec des bandelettes ou des agrafes; cette chau.ssure est d'or chez les femmes du premier rang. Elles se servent d'éventails, et portent jusqu'i la démence leur passion pour les oiseaux les plus rares : elles ne sortent que voilées. La loi défend aux lemmes distinguées de paraître dans les i ues pendant le jour, à moins de raisons importantes. Alors des esclaves 'es gai'antis.sent des ardeurs du .soleil avec des parasols d'ivoire. La nuit elles ne peuvent sortir qu'à la lueur d'un llambcau porté par un cscla\e. Dans les fêtes publiques, elles ne doivent se montrer qu'eulourées d'eunuques, d'esclaves d'Ethiopie, ou de femmes esclaves qu'elles louent , ou qui leur appartiennent . Quant à leurs moeurs, la sévérité de nos lois ne peut réprimer leur coquetterie. La vigilance et les précautions de la jalousie ne servent <|u'j enflaunner leur imaginaiion. Livrées à l'oisiveté, aux amu.scuiens, soumises aux influences d'un climat voluptueux, elles lont de l'amour et de leur parure leur priniipale a faire. Toute leur vertu, toute leur attention (onsistent à tendre les \oiles du mystère sur leurs int-igues. — Vous ne les épargnez pas, s'écria Lasthénie : j'oserai pourtant me charger de leur défense. Je ne puis nierquciquc irié;',ularité dansleur conduite; mais l'exemple des hommes atténue leurs fautes. La plupart des maris nesoiigeut qu'à avoir des enfans de leurs femmes pourperpéluer leur nom; ils ne les prennent que pour veiller à leur inéna;ic, et ils réservent leurs égards, leurs enipressemens pour les courtisanes qu'ils entretiennent. — Il 'aul peu s'étonner de l'influence de ces femmes sur le» hommes: elles sont mieux élevées, plus instruites que les femmes d'Athènes; elles fréquentent les écoles des philosophes , tandis que l'éducation de nos dames est tellement négligée, que les grâces de l'esprit fuient à leur aspect. Et parce qu'elles n'ont pas cueilli, disait Sapho, le» roses des muses, ou ne parlera point d'elles pendant lenr vie , on les oubliera après leur moit , et elles passeront de rob.srurilé dans le néant du tombeau.»
Je priai Polèmon de mcdounerqueliiues détails sur les courti.sanes. « Solon, me dit-il, est le premier qui les mit sous la sauvegarde des lois : il voulait éteindre chez les jeunes gens un goitt qui fait rougir la nature, ^os Phryné nos Lais et leurs ri\ales habitent des inaisonscharmautes| meublées par le jjoi'it et la richesse. Ces asiles sont le rendez-vous des philorophes, des poêles et des artistes. l'.es aimables syrènes joignent aux charmes de la figure , à la séduction de la coquetteiie les agrémens de l'esprit , l'attici-sme le plus pur, le plus piiiuaut , des connaissances
' L'orcanettc, nommée ainsi par nos botaniste», donne un incarnat plus faible que le carinin.
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en littéralure, souvent niénif en nialhénialiques, rendent leur conversalion el leur sorielé dniicieufes. Les courtisanes du second ordre se rendent aux avenues du Céramique' el sous les arcades du long Porlir|ue. Les bords de la mer sont souient les rendez -vous d'amour. La neuvième heure du jour esl consacrée à la toilette, ensuite aux plaisirs de la table el aux scènes amoureuses. Pendant que les dames se renferment dansleursfïynécée.s. les courtisanes se tiennent sur le seuil deleurs portes, déployant leuis belles formes à tiaters des voiles légers el transpaiens. lue loi de Solon les oblige à se montrer dans la paiure la plus élégante et la plus voluptueuse ^ leurs noms sont écrits sur leurs portes, et quelquefois .sur leur frout Pevanl leurs portes pend un ^oile souvent orné des attributs du dieu des jardius, ou de la figure d'un sphinx.
• Dans le jour, ces femmes parai.s.sent à leurs fenêtres avec un brin de myrte qu'elles a;jitent entre leuis doigts, ou dont elles caressent leurs lèvres.
• Dans la nuit , les jeunes gens assiègent leurs portes aiec des haches et des flambeaux : mais on attache des guirlandes aux portes des plus belles, on y fait trois libations de vin , et on renverse trois fois la coupe en l'honneur des Grâces. Ariiilophane de Ryzanre a compté dans Athènes cent trente-cinq courtisanes; A pollodore prétend que leur nombre est plus considérable , el je suis de son avis. L'époque de la considération qui leur est accordée a commencé au siècle de Péricles; mais il faut distiu.juer lesGlycère, les Phryné, les Aspasie el les Laïs de celte tourbe flétrie par le commerce avilissant de leurs charmes. Les premières, semblables à Vénus, descendent sur la terre entourées des Grâces el des Plaisirs: les autres, filles du dieu de Lamp.sacjue. en déjjiadant l'amour, se dégradent elles-mêmes , ainsi que leurs adorateurs. »