CHAPITRE CIX
De la ville d'Athènes Achat d'un esclave. De Timon le misanthrope. Repas public. De la campagne d'Athènes. Moral» de Lasthénie.
Le soir Lasthénie me proposa de la suivre le lendemain à la ville, où elle allait acheter un esclave. Nous partîmes de grand matin : nous airivâmes par le chemin de l'Académie ; il est bordé de cyprès. . Vous ne pouvez faire un pas ici, disait Lasthénie, sans fouler la cendre d'un héros. Voilà l'autel des Muses, celui de Mercure, de Minerve, d'Hercule. Ce grand olivier qui est à votre droite est le second né dans l'Atlique. Ce tombeau est celui de Thrasvbule. Ce héros, fuyant la tyrannie, s'était retiré à ■l'hebes, où il méditait sans cesse le projet de délivrer sa patrie de ses tyrans. Il réunit les Grecs échappés ou proscrits, se met à la tête de cinq cents soldats équipés par l'orateur Lysias, se précipite sur l'At tique; ses forces s'accroissent dans sa route ; les tyrans pâlissent, lui offrent le partage de la puissance, Thiasybule ne répond que les armes à la main, triomphe et relève le drapeau de la liberté. Une fêle solennelle consacre ce grand événement. Voici le tombeau de Pcriclès, l'époux dAspasie, le chef de la république pendant quaranle ans. Voilà ceux de Chabrias, de Phormion. Ici, sont les cénotaphes de tous les guerriers morts dans les combats; leurs noms et leurs pavs sont gravés sur de petites colonnes qui sont auprès. Ces lieux sont couverts de souvenirs immortels; j'y viens rêver souvent sur la tombe de ces grands horanies, sous les bois religieux qui leur sont consacrés. »
En rentrant dans Athènes, je lui dis : « Je trouve votre ville assez mal bàlie; les rues y sont étroites, point alignées, d'une irrégularité frappanle; les maisons sont chétives, peu commodes, excepté quelques-unes. Ces marches qui donnent sur les rues, ces apparlemens supérieurs bàlis en saillie défigurent les façades, offusquent la vue, et gênent la circulation de l'air. Je n'aime pas non plus ces Hermès de pierre, de forme cubique, placés aux portes des maisons; je préfère ces autels couverts de gazon qui les louchent, ils sont bien plus agréables à l'œil. Vous n'avez qu'une fontaine ' ; on y supplée, il est vrai , par des puits et des citernes. Enfin je cherche Athènes dans Athènes.— Vous ne faisiez pas toutes ces observalions il y irois ans; on voit que les voyages vous ont formé le goût. A ce sujet, je vous dirai qu'un plaisant, entrant dans celle ville, et trouvant à la porte un temple con- .-acié à deux divir.ilés, s'écria : « Il faut que je m'en retourne; car, pui.sqn'on loge ici deux dieux ensemble, je n'y trouverai pas de logement pour moi. » Il est certain que tout respire dans celle ville la simpliciié; mais la magnificence brille dans les portiques, les temples, les édifices publics. Cimoii a lait planter ces beaux plalanes qui décorent la grande place de l'Académie, qui était un lieu aiideelnu;il en a fait un bocage délicieux, arrosé de belles fontaines, percé de plusieurs grandes allées couvertes, et de longues lices pour les courses : d'ailleurs la noblesse d'Alliqiie, qui aime beaucoup la vie champêtre, déploie son faste et son goiU dans les maisons de campagne, t. est là que vous voyez une heureuse distribution unie à l'élégance, les apparlemens les plus frais, les plus
' Il n'y avait qu'une fontaine, r'esl-à-dire une source; iniis par neuf canaux souterrains elle distribuait de l'eau dan» plusieurs quartiers de la v ille.
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voluptueux , et des jardins dignes d'être le temple de la nature. »
Arrivés dans la place publique, oii se vendent les esclaves, Laslhénie me dit : « Voil.'i l'julel de la l'ilié, que les Athéniens seuls hnriorent d'un eulle paili'ulier. Celle di\inilc ^i respectable nous appiend à loiiipair aux malheurs de nos semblables, et à supporter les nôtres a^ee courageel résignation. Le rulle de ( elle déesse, et les autels que les Athéniens ont élevés à la Pudeur, à la Renommée et à la V'iîïilance. prouvent qu'ils sont le peuple le plus religieux de la Grèce. » Lesesilaves de tout âije, de tout .sexe et de toute nation, étaient enla.ss s au milieu de la plae. Uè; que Lasthénie eut parlé au maichand, il fit ranger sa troupe en rond, et lui ordonin de dan>er ; c'était pour nous taire jujer de leur vi;iueHr et de leui agilité. (;es malheur, ux sautèrent, gambadèrent de toutes leurs fortes; lorsqu'ils se ralenlissaieni, le maître les ranimait avec des verges. Laslhrniefil bientôt <esser cette triste danse, marchanda un jeune S ylhe, d'une liguie douce et spirituelle, et demanda au inar. handquels éta eut ses dé auts corporels et auires '. Il craint lalaigiie, lépondil le ma.chaud ; il est d'une humeur triste; souvent, au lieu de travailler, il .s'anmse à chanei- des iia-aus amoureux et m?lancoliqu s qni aitrisiecaicnt les hiboux; mais avec des verges vous le corrigerez, aisemeTii.- Lasthénie le choisit malgré ses inculpations, eu me disant ; «La Pitié, ici p e.sente, me parle eir sa .a\eur; d'ailleurs je préfère l'esprit à la matière. Je me Halle que mes .soins et la douceur de sase.\iiude lui rendront la gailé, et peutêtre le bonheur. Il cultiveia mes Heurs et mes laitues, et je eu liverai sa raison cl son ciiur. • Klle le pava six cents drachmes. Je lui parlai alors d'une b. anche de co nmeice si cruelle et .si flétrissante pour l'hinnanilé. Elle m'avoua qu'elle en avait gémi souvent; que l'esclavage ouliageait la nature, dégradait égaleinenl l'acheteur et le vendeur, mais que cet abus était presque impossible i ré.ormer. Ce commerce est cousidé. able dans la Grèce; l'Allique seule compte quatre cent mille esclaves: ce sont eux qui labourent les champs, font valoir les manufartmes, exploitent les mines, travaillent aux carrières et .sont chargés de tout le détail du se.-vice. Ceuv qui so.it mieux élevés et plus heureux s'adonnent aux arts, cultitent des talens. On doit rendre justice aux Athéniens, ils ne traitent pas leurs esclaves a\ec la même sévérité que Sparte traite les Uo'.es. Ici, nul maître n'a le doit d'attenter i leur vie; il peut .seulement les charger de lers, les condamner à tourner la meule, leur interdire le mariage, et les séparer d'a\ec leurs fennnes, ! i des maîtres barbai es exercent sur eux des actes de cruaulé , ils peuvent se réfugier au temple de Thésée : dans (et asile, ils demandent un maitre plus doux, et sou\em ils l'obtiennent. Ils sont obliges d'avoir la télé l'ase, qu'ils couvrent du 1 bonnet, et leur tunique ne peut pas.ser le geuou. La loi défend, sous des peines 1res grades, de n;allraiier l'esclave d'un autre. Us peuvent, par des .services rendus, ou par un pécule, fruit de leur industrie ou de leur économie, acheter leur liberté; mais , s'ils en abusent, si un maitre prouve en justice que son esclave a manque de recounaissauee, il le reprend et le remet aux fers eu lui disant: « Sois e.sclave, puisque lu ne sais pas élre libre. •
' Les marchands d'esclaves étaient obligé.* de déclarer les vices et les défauls qu'ils leurs couuaissaicat ; autieincnl , le marché était résilié.
Pendant cet enirelicn nous vimes arriver un homme bi7.;irrcincnl vêtu, suivi de la ^ou'.e. La illiénie le reron- H11I , et me dit : ■■ Voilà Timon le ini>an.h.ope; on le voit raiTincnt dans la ville; c'est un hibou qui craint le graud jour: il hait les hommes, et les luit comme des bêles firoces. Mais je veux l'observer. Oh! oh ! il mon'.e à la tribune; écoulons. O .Iliriiieiis! crie-l-il dune voix de Sien or, j 'ai un /igwcr à ma lainpagne , oh plusieurs (le i'ou-> se Sun' dejri prn<luy ;j' rcux le eoupcr pour br'ilir A sa plai c; si •lurh/u'ui tie roiis veut iirufi er (le eitte coiiinio iilc pour x'y pendre , qu'il se ilépè'lie : j ■ ne lui tienne que vingt - quatre heiireu Apres celle ( ourle harangue, il des'endil de la tribune et se retira tianquillemem. Le peuple, loin de s'offenier de cette saillie d'humeur, en rit beaucoup, et accompagna Timon avec des bailemens de mains.
En traversant le* rues avec Laslhénie, j'y vis nombre de tables dressées et couvertes de mets.. Ouelle f(Me. ou quelle réjouissance, lui dis-je, occasionne ces repas? — Avez-vous oublie qn'ij (haque nouvelle lune les riches dressent du tables ]iour le petit peuple en l'honncm- de la déesse Hécate? Tous ceux que vous voyez accourir et man ;er de si bon a;)pf'iit .sont nouriis aux dépens de la ville; ce sont des malheureux qui n'ont ni de quoi vivre ni de quoi Iravailler. Ce jou;' est pour nous des plus sacrés; c'est la fête d'Apollon et de Oiane. On saciiîiera pendant trois jours; le premier appai lient aux dieux , le second aux héros, le troisième aux g nies. Mais suivons la foule, que je n'aime pas plus qu'Épicure. On va faire des vieux pour la prospérité publique, et chacun des assislans demandera aux dieux , au fond du cuur , ce qui Halle le plus ses de iis. L'un demande la santé, l'autre la richesse; l'ainanl leur dit: «Dieux puissans! que ce mois me soit heureux ! ■ Et vous , ajouta Lasil.énie , quels sont vos vœux? — Je prie les dieux ôem'accoider votre bonheur.—On va oftrir des gâteaux de miel au serpent nourri dans le lem])le. Hier, veille de la néoménie, la populace te répandit dans les carreiours ; sept fois , en hurlant , elle appela llé(a;e; el l'on chaula des chan'ons lugubres en mémoire des inlnrlunes de Cerés et de Pi 0scrpiiie Vous avez vu dans t<uts les cariefonrs, à l'entrée des maisons, la sla;ue d'Uecate ; c'est ici une divinité très révérée. Elle est la mère comumne des en ans ; elle préside au monde: sa prcsence s'annonce par le hurlement des chiens ; on lui immole ces animaux et des poussons. — A l'aftluence du inonde qui .se presse dans les rues et dans les carrefours, je vois que votre ville est populeuse, elles citoyens très curieux. — Elle peut meltre vingt mille hommes sous les armes. Je ne parle pas des étrangers, qui , loin d'élre naunali.se» , sont obligés de se choisir des pro ecleurs parmi les citoyens , et de payer un tribut annuel de douze drachmes ; dix livres) par léie pour hommes , tl de six pour fennnes. • .le ne quittai pas Laslhénie de loul le jour ; et ce jour eut pour moi la rapidité de l'éclair. Çuelle siluaiion plusdelicieu.se que celle d'élre auprès d'une emine que l'on aime, dont la eonversalion est animée et embellie par les grâces de l'esprit , par une instiuctio.i brillante et .solide, et par le charme louchant de la modestie el de la douceur !
Cependant quelque inquiétude altérait mon bonheur , elle ne me parlait jamais i;ue d'amilié, écartait avec soin les .'ouveniis les plus doux, el loule expression un peu tendre donnait à .son visage une tdnie d'austérité, ^ous devions aller le lendemain nous p/oiuener ensemble ; je
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rréoius lie ia conduire aux m'iiies lieux nue nous parlOui'ions au commenreinenl de nos «iiiours, dans cet ;isi!e agreste et solitaire où je cueillis le pieniier baiser, où son regard et sa houthe me promirent le bonheur. Les premières faveurs de l'amoiu-, quoique légères, laissent de si profondes impressions, que le moindre souvenir éveille notre sensibilité, et souvent le feu de nos désirs.
Nous parliraes de jp-and matin , et Iraversâmes le Pédion. ou la campagne d'Atlieues. Lasihénie m'en faisait remarquer k.s beautés. • Elle est arrosée , me di.'.ail-elle, par le Céphi.<;e. l'Éridan et l'illyssus (134;. Lilly.'sus est fonsacré aux Muses et à plusieurs aulies divinités. Ou voit sur ses bords un jictit temple consacré à Borée qui enleiaOrithyie, et un autel dédié aux .Muses: un temple de Céres , et celui de Diane . où l'on sacrifie quantité de chèvres. Admiiez ce que peuvent le travail, lindu-strie, un bon {;euverucmenl et la salubrité de l'air. Ce pays, héris.sé de moutagnes et de roihers , présente cependant le tableau le plus riant, le plus animé: partout des bourgs, des hameaux riches d'une population nombreuse. Voyez cette quantité d'oliviers ton fus qui forment une foi-ét immense; ces collines sont couvertes de vignes, de bois d'érable, de cèdres, d'arbousiers et d'andrarhnés. Ces majestuiux platanes qui bordent l'I lyssus ont sou- ^ent préié leur ombre au divin Socrale : c'est là sans doute qu'il faisait destendie la philosoiihie du ciel pour la guider dans les routes tortueuses du cœur humain, 'liais ce qui m'intéresse le plus dans ce magnifique ta jileau , c'est l'aspect de la destinée des hommes. Je m'approche souvent des gens de la campagne: j'entre dans les villages; je ne vois que des hommes hem eux , ou du moins exempts de soucis et de peines. Le laboureur chante en conduisant sa charrue: l'artisan jouit en s'orcupant de sou tra\ail: et le philo.sophe, en méditant, sons ces ombrages , sur les mi,sei es de la vie humaine , en plaignant nos malheurs, est heureux lui-même. îlais senez voir l'épitaphe de ce tombeau voisin : J'ai passe ma vie à manger, à boire et à médire de tout le inonde. — Comment se nommait cet honnête homme?
— Timacréon. Il était athlète, pocte très vorace et très satirique : ce fut Simonide qu'il avait déchiré dans ses \ers, ainsi que Thémisiode, qui lui fit celte épilaphe.
— Quoique ce portrait ne toit pas celui de toute l'espèce humaine . l'épitaphe couïiendrait à bien des gens. »
Tout en égarant nos pas et nos discours, j'avais conduit Lastbénie dans lenceinte des rochers où mon amour et ma victoire sur le taureau furent récompensés du premier baiser. En y entrant, une douce mélancolie in- \ eslit mon cœur ; mes i égards attendris se fixèrent sur le gazon où jadis nous nous él ions assis. • Qu'a» ez-\ ous ? me dit Lastbénie; vous paraissez rêveur. — Oui, je le suis: une tendre réminiscence me repré.senie l'époque la plus lorlunéc de ma ^ie : l'avez-vous oubliée? .\vez-vous mangé de ce lolos dont parle Homère, qui fait perdiela mémoire?^ Non; ces lieux , leur danger me sont préseus encore, le souvei.ir m'en est cher. — Ces roclieis sont les mêmes, cette onde suit loujours la même pente, CCS arbres élevés nous prê;ent encore leui' ombrage ; rien n'a changé; Lasthcnie seule n'est pas la m.'mc. » KUr ne lëpondit rien; la lêtebais,sée, elle s'abandonnait à .ses réllexions. > Regai dez , lui dis-je , cette inscription que ma main a gravée sur celte roche : Si ma vie durait aulanl que cea rochers, j'aimerais toujours lastliénie;
et celle de ces arbres : Jrbrcs , croissez pour coui'rir Las Iteiiie, croissez atec mon amour. Lisez encore ces deux vers écrits au front de cette naïade qui épauche ses eaux :
Seul avec Lasthênic eu ces sauvages lieux , Elle scriiil pour moi l'univers el mes dieux.
Lasthénie lisait et gardait le silence : un soupir sortit du fond de son cœur. Kons nous assîmes à coté l'un de l'autre, el je lui jiarlai le langajfe le plus tendie de l'amour. Je lui jurai que je l'aimais plus que jamais. • Mon cher .Anténor, me dit-elle enfin , dans quel trouble vous me jetez ! quel ressouvenir ! Vous êtes le .seul houmie qui ayez rempli mon cœur; soit sympathie, soit ; aibles.se, illusion de.s sens, besoin de l'âme, un charme impérieux m'enlraina tout entière vers vous: ma résistance lut taible ; à trente ans j'ai payé mon tribut à l'amour. Je tire le rideau sur le passé: mais depuis j'ai beaucoup réfléchi sur cette passion, peut-être indifférente par sa nature, mais criminelle quand elle l)le.s.se les lois et la moralité. Si la loi attache une Hétrissnre aux jouissances de l'amour, quel frein an élera dans la pente des vices une femme qui brave les lois de la modestie el de la pudeur? Les vertus se tiennent toutes: une seule détruite, les autres s'écroulent insensiblement. Qm dédaigne l'opinion publique sur un point, bientôt ne rougira plus d'aucun vice, .\insi, mon cher Anténor, laissez-moi oublier mes égareniens; renfermons nos teiUimensdans le cercle de l'amiliè; ma résolution est inébranlable; une rechute m'avilirait à mes yeux, el je ne vous pardonnerais pas d'y prétendre. «Je connaissais trop bien la fermeté de son caractère pour me Hatler d'ébranler ou de modifier ses principes: mais, plus euHammé encore parl'allrait de tant de vertui, je lui offris de lier nos deu x cœurs par les nœuds de l'hymen. «Si je vous répondais sur-le-champ, ma réponse serait un refus: mais, puisqu'il s'agit, ditesvous, de votre bonheur, et sans doute du mien , je vous demande vingl-quatre heures de réflexion ; ce n'est pas Irop pour un sujet aiisiii grave. Continuons notre promenade, et parlons d'autres choses.
• Voyez-vous sur ;otre droite cet édifice qui s'élève à mi-ioleau milieu d'im bois de cyprès? c'est le temple d'Eseulape; allons le visiter. — Croyez-vous que ce dieu me guéris.se de mon amour?— Pourquoi non? il a bien ressuscite Hippolyle.— Croyez-vous plus facile d'éleindre l'amour dans le cœur d'un houune que de ressusciter un mort? — La résurrection d'Kippolyte est un miracle, et l'extinction de l'amour est un phénomène de tous les jours. •
Pions traversâmes le même lieu où jadis j'avais combattu et tenassé le taui eau qui courait sur elle. Je m'arrêtai, et soupirai. . D'où vient ce soupir? -me dit-elle. ' Wma souvient-d de ce champ de bataille, el du monstre qui menaçait vos jours? — On n'oublie point de pareils traits de bra\ouie, et surtout un service aussi important. — One n'ai-je à lutter contre le IMinoîauie ou l'hydre de Leine, pour obtenir le même prix de ma victoire! — Le ( ombat serait plus dangereux , et le salait e moins doux. Les secondes laveurs de l'amour res.semblentaux liqueurs évaporées , elles ont perdu de leur sève et de leur parfum. •
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