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CHAPITRE IX

Aiilénor Uuic coniro un lauriau. Esiiéraucc lladense.

^ous nous promenions dans la campagne ; nous étions sur une émiiicnce fpi'on apiielle la Colline aux chelanx, où l'on dit (pi'OEdipe viut pleurer ses malheurs.

Tout à coup Laslhénie jetle un grand cri : je tourne la tète; je vois un taureau furieux et peu éloigné qui courait ,sur elle. « Sauvez-vous! » m'écriai-je. Et soudain je m'élance au-devant de lui; je n'avais pour toule arme qu'un hnig bâton dont je le frappai. L'animal irrilé veut se ruer sur moi : je l'évite, je m'enfuis; il me poursuit; des hergers armés debâions ferrés accourent à mon secours. Je saisis un de leurs bâlons : j'attends mon ennemi; et lorsqu'il veut me frap|)er de ses coi-nes, je lui enfonce le fer ilans la télé, el le jelle mort .sur la poussière. Les bergers poussent des cris de victoire, et posent sur mon front, comme aux jeux olympiques, une couronne d'olivier. IVIais Lasthéniem'iu(pnélait; je ne la voyais plus. Je la cherche; le l'aperçois enfin sur la colline, d'ofi elle avait vu mon combat et ma vicloire. Je vole à ses pieds, et j'y dépose ma couronne. Elle st^ jetle à mon cou eu me disant : J'embrasse le nouveau Thésée, vainqueur du taureau de .Marathon ; je lui dois la vie : que ce baiser eu soit la récompense. » Ce fut le piemier baiser de l'amour : qu'il fut jIoux à mou cu'ur !

Nous nous éloignâmes, et nous nous trouvâmes bientôt dans une enceinte de rochers arides, où .s'élevaient cà et là des pins, des oliviers; nous nous as.simes an pied d'une grande roche. L'aspect de celle .soliludesombreel agreste, .sou silence, qui n'était interrompu (|ue par le cri de quelques oiseaux sauvages, et la chule d'une cascade qui roulait sur noire tète et tombait â nos pieds, nous jetèrent dans une douce rêverie. Nous ne parlions pas : quel délicieux inslant ! le feu de la volupté circulait dans mes veines, embrasait mou âme. Je serrai Laslhénie dans mes bras, je lui ravis quelques baisers, je respirai le parfum de sa bouche. Éi)erdu d'amour et de désirs, j'aspii-ai à la suprême félicité. « Arrêtez , de i;râce , mon cher Anténor ! s'écria Laslhénie; différez votre virtoi-e, elle est assurée: demain nous passerons la journée dans ma petite mai.son de campagne; que ce jour soit marqué dans votre vie comme le plus beau et le plus heureux. ■■ En parlaid ainsi, elle s'échappa de mes bras, et je n'osai la relenir. La nuit approchait. Nous retournâmes à la ville, etj'ailai allendre chez moi , dans l'agitation et le tourment de l'impatienct, le réveil de la nalure.

One la nuit larda â replier ses voiles ! je croyais le soleil enchaîné sons l'horizon. Enfin un Irait de jour s'élance dans l'espace; l'autre parail et l'inonde de lumière. Je me pro,slerne devant lui en m'écriant dans mou enlhousiasme : « Ame vivifiaine de l'univers, père de la nalure, raleulis aujourd'hui ta niarche, comme In fis jadis pour prolonger les plaisirs de Jupiter et d'AIcmèue : je ne suis pas leniaiire du tonnerre, mais Lasthéuie vaut toutes les divinités de l'Olympe!

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