‹ Œuvres complètesChapitre 181 sur 416 · LE REPENTIR · texte numérisé non relu

LE REPENTIR

Quel cœur honnête et quelle âme sensible N'a quelquefois , pendant le cours paisible De son printemps, vers le soir d'un beau jour, Suivi Vénus dans le temple des Grâces!

Qui n'a jamais abandonné les traces De son devoir, et caressé l'Amour !

Ce n'est pas moi: j'ai connu la tendresse; J'ai bien aimé; mais, loin de m'en vouloir, Dieu\ tout-puissans , prolongez ma jeunesse, Et j'aimerai du matin jusqu'au soir!

Tel fut le sort de la comtesse Aurore: Les doux plaisTS composèrent sa cour, Belle, sensible, et plus aimable encore, On l'adorait ; elle aimait à son tour. Mais le remords , tyran de la faiblesse , La peur d'un dieu, de ses décrets jaloux , Enveloppa d'un voile de tristesse Le soir d'un jour qui fut d'abord si doux: Elle pleurait, Madeleine touchante, De ses péchés le charme empoisonneur, Et des plaisirs dont l'image présente.

Malgré ses vœux troublait encor son cœur.

Advint tm jour , c'était la Pentecôte , Qu'aux Théaiins prêchait un grand docteur. Tout était plein ; et la vieille bigote Et la coquette , et cent chefs â calotte, Crosses, mitres, appelés monseigneur, S'amoncelaient dans la nef et le chœur. A ce sermon notre aimable dévote Vint un peu tard ; il fallut par malheur, Pour la placer déranger bien du monde.

Lors un brûlai , que Lucifer confonde!

Crie: -Eh morbleu! laissez, messieurs, laissez Cette catin. » Cette âme douce et belle Soudain répond : ■ Si vous la connaissez , Si bien , monsieur, priez le ciel pour elle. »

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