‹ Œuvres complètesChapitre 190 sur 416 · LA VIE DE CHARLES MICHAULT · texte numérisé non relu

LA VIE DE CHARLES MICHAULT

Si l'on veut bien m'appprcndre ce que l'homme,

Les animaux, dont il se dit le roi.

Font ici-bas, j'irai le dire i Rome,

Kon pas au pape, et l'on sait bien pourquoi.

Charles Michaull, peur le bonheur du inonde,

Reçut le jour vers la fin de l'été,

D'André Michaull et de dame Raimonde,

Digne moilié, donl la fidélité

El les vertus embauniaieni â la ronde

Tout le quartier qu'o.i nomme la Cité.

Lor.sque Michaull eut reçu la nouvelle

Que du Seigneur la bonté paternelle

L'avait rendu pcre d'im beau garçon,

Peu s'en fallut que toute sa raison

Ne s'écoulât , comme l'eau fugitive

S'enfuil alors qu'on ouvre la cloison

Qui la tenait enchaînée à la rive.

Son allégresse était d'anlant plus vive,

Que cet enfant n'était pas attendu.

Du moins sitôt; car sept mois d'hyménée

Avaient suffi pour mi'irir le tissu

De ce beau fruit, doux présent de l'année.

Telle une rose, à l'abri des autans, Éclôt , déjà de grâce couronnée , Et son essor devance le printemps.

L'enfant reçut, avec l'eau du baptême.

Qui nous arrache aux griffes du démon,

Le nom Chariot, vieux nom d'un vieux système;

Et s'il fût né dans nos jours de raison ,

On l'eiU nommé Pompée ou Cicéron.

Il s'annonça, des sa plus tendre enfance.

Comme un prodige et desprit et de sens;

Il .Inonnail de ces mots si channans.

Que les voisins, les amis, les pareils.

Tous s'etomiaient de tant d'intelligence:

Aussi vraiment de toute la maison ,

De la grand'nière, et d'Annetle Suzon,

Vieille servante, d était les délices ;

CONTES

ni

Papa Michault en é(ail presque fou.

El la maman ! quels foins! quels sacrifices !

Elle courait de son fils à Joujou

Son petit chien, les comblait de rares.ses;

El chaque jour l'puisail ses lendre.sses

Sur deux olijets également chéris :

— A ces transports réponds d'un doux souris,

Heureux enfant! et reconnais la mère!

Mais hâtons-nous, évilons que l'ennui

N'exhale ici .sa vapeur somnifère;

Suivons Chariot dans le cours exemplaire

De ses travaux , avançons avec lui.

Dix ans au plus composaient son bel âge,

Qu'il dévorait déjà son alphabet;

Toujours aident et li^ujours à l'ouvra.'ïe,

Bonde et bâtarde à d uze il crayonnait ;

Comme Bannie à quinze ans il chiffrait:

Car se^parens. gens nullement frivoles,

Se gardaient bien de nourrir son esprit

Du jargon grec, d'un latin qui vieillit.

Et de l'histoire, et d'autres faribo:es.

André M'chault, doué par le destin

D'un grand bon sens , d'une lèle profonde.

Dans son comptoir, la balance à la main.

Avait pesé les vrais bien de ce inonde.

Il avait vu que, chez les bons Gaulois,

L'or devenait la diilc suprême.

Que la vertu, l'honneur, la gloire même.

Auprès de l'or étaient légers de poids;

Qu'on avait beau nous vanter la sagesse,

Qu'un savant pauire était plus sol cent fois.

Qu'un sol doré des mains de la richesse.

Aussi , dit-on , son fils avait encor ,

Dans le filet , .sa langue einbaira.ssée,

Qu'eu bégayant il demandait de l'or.

Le magasin était son vrai lycée.

Là , des que l'aube ouvrait en souriant

Au dieu du jour sa brillante carrière ,

Jusqu'à cette heure où , déj.i lang lissant,

Au .sein des mers il plonge sa lumière ,

Il débitait la toile et le basin ;

Savait déj.'i , d'un air doux , patelin ,

Enfler les prix ; ei juivr par saint Pierre,

Qu'à ce prix-là l'on y niiiurail de faim.

Même l'on dit que d'une main agile.

En mesurant la toile qu'il vendait ,

Un pouce ou deux sur l'aune il dérobait.

Mais l'excuser est chose très facile ;

H croyait faire en cela sou métier.

Tel un héros qui ravage la terre,

Pille l'argent du bourgeois , du fermier ,

Et prend ses vols pour un droit de la guerre.

Chariot d'ailleurs était honnie de bien ,

De .ses devoirs suivait les lois austères,

Se rappelait qu'un tendre et doux lien

PJous unit tous, que les hommes sont frères.

Ce mot est beau , 1res en vogue à pré.sent ,

Et cependant, sous vingt clefs tutelaires,

A vos voisins cachez bien votre argent.

D'jà Michault voyait naître l'aurore

De ses beaux jours; déjà venaient d'éclore

Autour de lui les doux enchanlemens,

L'amour, ses jeux; mais trop faibles encore.

Leurs traits glissaient sur son cœur et ses sens : Tels , quand Borce a mis un frein de glace , Chez le Balave, au vaste cours du Rhin, Des jeunes gens glissent .sur la surface Des flots durcis , sans entrouvrir son sein. Mais par malheur quand notre ineur sommeille, D'un œil fuitif près de lui l'Amour ^eille.

Non loin du gite où le jeune IWirhauIt, En travaillant, coulait sa vie obscure.

Croissait à l'ombre un charmant arbrisseau , Que de ses dons décorait la nature.

Ce jeune objet , modelé sur l'Amour , Comme sa mère, avait le nom d'Aurore; Titoii pour elle aiirail fait plus encore, Il eiU vieilli dès le milieu du jour.

Douce, timide, un rien faisait érlore Sur ses beaux lis le feu de la pudeur: A tout le monde elle aurait voulu plaire, Non par orgueil , mais par bonté de cœur. Malgré cela , lelle était sa frayeur; Elle n'osait ni parler, ni se taire.

Ni regarder sans changer de couleur.

Le dix du mois où Bacchus se colore, Michault joyeux , paré comme un bijou , Se promenait daus le parc de .Saint-Clou , Avec sa mère et le charmant Joujou , Quant tout i coup il vit ou crut voir Flore, Psyché, Vénus, tout l'Olympe à la fois. Vous devinez , c'élail la jeune Aurore, Que poursuivaient, des yeux et de la voix , Vingt céladons , nobles fils de bourgeois, Beaux jeunes gens armés d'effronterie.

Ils sont passés, de la chevaleiie.

Ces jours brillans où l'amour et l'honneur, La politesse et la galanterie.

Étaient unis au don de la valeur!

Michault troublé, d'un pas lent et timide, L'œil entlammé, suit cet objet chai niant, El s'exlas e, et soupire en marchant.

Her.schel ainsi suivait d'un œil avide L'astre nouveau , qu'un lube audacieux Lui découvrit dans l'abime des citux.

Muse d'Homère ! aimable enchanteresse!

Inspire-moi. Jadis , dans tes beaux jours. Tu célébras les héros de la Grèce ; Je chante, moi , Michault et ses amours.

Chariot, rentré sous le toit de .son père, Presse sa couche ; et cherchant le sommeil , Trois fois s'endort , et trois fois le réveil Chasse le dieu qui fermait sa paupière. Mais cependant la déesse des nuits Avait plié sa robe ténébreuse, El le travail appelait à grands cris Des fils d'Adam la race paresseuse.

Chariot s'habille , et d'un pas incertain , Pâle, abattu , descend au magasin; 11 s'occupa, comme à son ordinaire:

Mais  diner l'appétit lui manqua , Polage, fruits, à rien il ne loucha.

Amour! amour! que ta coupe est amère!

Maiscpiand Vesper, montant sur l'horizon, Eut Suspendu les soins de la journée ,

CONTES

Dans ce moment, où la ville entraînée ,

Court admirer le Moine , Agamemnon ,

Madame Angot, oii la Folle Journée,

Le fils d'André courui vers la maison

De son amante; et là , dans son délire.

Baise les murs , et leur parle, et soupire.

Il ne voit point l'idole de son cœur;

Mais il voyait sa porte et sa fenêtre,

Et cet aspect l'enivre de bonheur.

Beaux jeunes gens , vous en riiez peut-être !

Un jour de fête , on .'iail que nos aïeux

Fêtaient les saints et l'Éternel. Nos dieux

Sont maintenant exhumés de la Grèce;

Ce jour MichauU vit Aurore à la messe.

Que dis-je? il vit; l'Amour a-t-il des yeux?

Il ne voit rien , pas même sa maîtresse.

Ainsi qu'un saint dans sa niche oublié,

Ce jeune amant était pétrifié ;

Mais par degrés , moins ému de surprise.

Et plein du dieu dont la voix l'inspirait ,

Il attendit au parvis de l'église

L'aimable Aurore; et lorsqu'elle .sortait,

Et que sa mère était assez loin d'elle ,

Il l'aborda , s'enhardit , lui parla:

€ Bonjour, dit-il, bonjour, mademoiselle.»

Après ces mots, tremblant, il s'arrêta.

Que j'aimerais, s'écrie ici Délie,

Dans un amant celte timidité!

Moi qui chez eux n'ai trouvé de ma vie

Que faux désirs et que témérité.

Le dieu d'amour, qui toujours à nos peines.

Adroitement mt le quelques douceurs.

Sourit enfin ; et, .soulevant les chaînes

Du bon Chariot, y noua quelques fleurs.

Dans un jardin , doux asile de Flore,

Où chaque belle , amenant son ami ,

Pour un écu promène son ennui ,

Avec sa mère était la jeune Aurcre.

Charles Michault, pour la première fois.

Était venu dans ce jardin d'Arinide;

Il s'égarait dans les détours du bois,

Tout ébahi fixait un œ.l timide

Sur cent beautés, qui, par un art heureux,

Sous les replis d'une étoffe légère ,

De leurs appas révélaient le mystère.

Il admirait ces Français si fameux ,

Peuple léger , turbulent par caprice.

Qui s'enflammait , courait pour voir les jeux.

Les baladins et le fen d'artifice.

Quand tout à coup , dans le cercle du bal ,

Il aperçoit la beauté qui l'enchante :

Il tressaillit, resta bouche béante;

Mais le plaisir lui donnant le signal ,

Il s'échauffa d'une chaleur .soudaine.

Voulut danser , et pria galamment

Sa déitépour la danse prochaine.

Le bon (Jiarlot, parlons sincèrement,

Dansait ainsi qu'un docteur de Sorbonne;

Le grand Vesiris ne l'avait pas formé :

Mais lorsqu'on danse avec l'objet aimé ,

C'est pour soi seul , non pour plaire à personne.

Il s'agitait , bondissait dans les airs ,

Ne voyant rien, bravant toute mesure.

Qu'il est heureux! non, jamais, je vous jure,

Enfant du Pinde, en récitant ses vers ,

N'a .savouré de volupté plus pure.

De son amante il a saisi la main ;

Il la tenait , et même l'on assure

Que plusieurs fois, dans un transport soudain,

Il la serra : charmante hardiesse!

Qui dit beaucoup , que l'on entend tout bas;

Mais qui ne peut offen.ser la sagesse ,

Pui.squ'elle feint de ne l'entendre pas.

Depuis ce jour ; la vague inquiétude

Le tourmentait de son acti\ité;

Devant le monde et dans la solitude,

Il ne voyait qu'Aurore et sa beauté.

Épouvanté de cet état pénible.

Et convaincu qu'un ennemi terrible ,

Que Satan même habitait dans son cœur,

Michault courut aux pieds du confesseur;

C'était , je crois , le père Dominique,

Un des cordons de l'ordre séraphique.

Cet homme expert facilement comprit

Que les lourinens de cette âme encor pure,

Provenaient moins de l'infernal esprit.

Que du démon qu'on appelle nature.

«Moucher enfant, dit le moine bénit,

Je le connais cet état qui vous gêne ;

Il a jeté plus d'âmes aux enfers ,

Que l'on ne voit sur les bords de la Seine,

Depuis dix ans, de cerveaux à l'envers.

Pour nous damner dans ce monde et dans l'autre,

Dieu fit la femme, et puis se repentit.

Hélas ! trop tard , a dit saint Jean l'apôtre;

Mais ce Dieu bon , de ce mal qu'il nous fit ,

A bien voulu nous donner le remède :

Un saint hymen quand Satan nous obsède,

Mieux qu'une messe apaise sa fureur.

Sollicitez la main de votre Aurore,

Mariez-vous, et dans la paix du cœur.

Cueillez les fruits que ce champ fait éclore. »

Vraiment Chariot ne demandait pas mieux ;

Mais il fallait l'agrément de son père.

Le cénobite, aussi bon que pieux ,

Pour l'obliger se chargea de l'affaire.

Le vieux Michault, de ce projet surpris.

Avec aigreur repoussa la demande ;

Le moine alors, troussant sa houppelande.

Lui dit d'un Ion qui glaça ses esprits:

• Papa Michault , prends garde à ma requête,

De Ion enfant tu risques le salut;

Et s'il devient le fils de Beizébuth,

Ce malbeur-l.\ pèsera sur ta tête. »

Le confesseur enfin parla si bien

Sur le péché , le devoir du chrétien ,

Et sur la femme â l'homme nécessaire,

Qu'André Michault consentit que son fils.

D'un saint amour conmU le doux mystère,

Sans hasarder sa part du paradis.

0 fils d'André, quelle heureuse nouvelle!

Quel feu nouveau fait pétiller ton sang!

Sans différer on demande la belle :

Et comme entre eux , âge, fortune et rang,

Tout convenait , on conclut sur-le-champ.

On .s'occupa du trousseau tout de suite;

Pendant deux mois on parla du repas.

Et du dessert , et du nombre des plats.

CONTES

El de coux-l.'i qu'il fau.li'a qu'on invite, Et de ceux-là qu'on u'invitera pas.

L'heureux Chariot, enivré d'espérance, Allait , venait , ne se possédait plus.

Hymen ! hymen ! qu'à certaine dislance Tu parais doux à nos cœurs éperdus !

Phébuse.fin, recommençant , sa route, Vint éclairer cejour cher à Cypris :

Moins éclatant, moins radieux , sans doute, Ce dieu parut aux noces de Tlictis.

En habit neuf, tout rayonnant de gloire, Le marié, près de sa belle a.ssis.

Impatient, attendait la nuit noire.

Elle parut. Alors papa MIchault Et la maman , et la vieille grand'inf're , Accompagnés des encans de Cylhère , Au lit d'hymen conduisiretit Chailot.

Ce dieu jaloux , qui chérit le mystère, Tout doucement éteignit les flambeaux ; L'Amour sourit, et d'une aile légère S'alla cacher derrière les rideaux.

Pendant six mois, sous un ciel sans nuage, L'heureux Chariot épuisa le breuvage Des voluptés, des plaisirs les plus doux. Plaisir d'hymen, que n'étes-vons durable! Le paradis serait lors parmi nous !

Hélas ! Chariot , par un sort déplorable , Aima toujours, mais il devint jaloux.

Eut-il raison ! je ne sais que vous dire : Sa femme, jeune et brillante d'appas, Eut des amis empressés sur ses pas , Pour lui vanter ses beaux yeux , son sourire. Son teint d albâtre , et ses pieds et ses bras. Et quelle femme , et bonne, et douce , et sage , Dans .ses beaux jours n'a pas un doux ami ! Mais Michault lils connaissait peu l'usage, Et le grand monde aujourd'hui si poli ; Et cet ami de plus dans son ménage, Le fatiguait et troublait son esprit, 11 se fâcha , s'emporta , fit du bruit : En pareil cas le mieux e.st le silence. Parfois pourtant l'orage s'apai.sait.

Alors qu'Aurore à ses cris opposait Quelques soupirs, les pleurs de l'innocence. Et qui , s'il a ce qu'on appelle un cœur. Peut résister aux larmes d'une femme.

Et de mensonge accuser sa douleur?

c Ce n'est pas moi ; doux objet de ma flamme , Charmante Églé , tu dois t'en souvenir. Combien de fois une larme , un soupir Ont dissipé les troubles de mon âme ! • Qui croit est bon , qui soupçonne est tyran. Enfin Chariot , le reste de sa vie.

Fut tour à tour épris de jalousie , Et tourmenté de la soif de l'argent.

Pauvres humains, enfans à barbes grises , Combien de fois j'ai ri de votre erreur ! Chariot croyait deux étranges sottises:

Que dans sa femme existait son honneur, Et que l'argent donne le vrai bonheur, Que de Chariot j'ai connus dans le monde ! Mais que devint ce fils né de Kainionde?, A quarante ans, dans le mois de janvier,

De sa paroisse 11 fut fait raarguillier: Vers ce temps- là, si j'ai bonne mémoire, 11 hérita des biens et de la gloire De son aieul Raiir.ond le bonnetier.

Six mois après , par le coche de terre, Pour .s'égayer, voir un monde nouveau, Avec sa lemine il partit pour Auxerre; A son retour, il prit le coche d'eau.

Ce fut alors que Michault son cher père , Vaincu du poids de quatre-vingts hivers, Rendit son âme au Dieu de l'univers.

Chariot pleurant courut au monastère Faire chanter, pour un léger salaire, Le requiem ; puis prit son habit noir. Il l'avait fait pour le deuil de sa mère. Et conservé dans un très grand tiroir.

Pendant dix ans, pour celui de son père.

Depuis ce jour marqué de désespoir.

Qui le dotait d'un très bon héritage.

L'amour du gain l'attacha davantage; Plus il avait , moins il croyait avoir. Michault pourtant, j'en donne l'assurance. Faisait le bien; de ses pieuses mains.

Il répandait sur l'honnéle indigence La charité que lui doit l'opulence; Et pour fétcr ses amis et les saints Donnait dans l'an quelques petits festins, Où , s'abreuvant de vin et d'espérance.

Il entonnait de vieux et bons refrains.

Mais tout finit, villes, états, empire; Tout meurt: Hector, Achille ne sont plus; A soixante ans , hélas! Chariot expire.

Deux médecins , ses amis éperdus , Sa femme en pleurs, des prêtres en prière, Environnant sa couche funéraire , iN'ont pu fléchir l'impitoyable mort.

Las! il n'est plus! pleurez, pleurez son sort. Et sur sa tombe où sa cendre repose.

Allons graver une immortelle rose, Avec ces mots aussi vrais que touchans : ■ Ci-git Michault, qui vécut soixante ans. » Or, dites-moi, vous, mess eurs les savans, Vous , beaux-esprits , gens d'étude profonde, Ce que Michault est venu faire au monde? Rien , direz-vous ; avec vous j'en conviens : Ses jours obscurs, hélas! comme les miens. Ne seront point proclamés par l'histoire. Mais vous, messieurs, à qui l'on fait accroire, Dans la gazette , en maints écrits divers. Que votre bras, vos talens, votre gloire, Sont l'ornement , l'appui de l'univers. Détrompez- vous de ces douces chimères.

Et croyez-vous, humbles dans vos misères, A l'univers aussi peu nécessaires Que les Michault , et même que mes vers.

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